Moussoro, chef-lieu de la province du Barh-El-Gazel. À plus de 300 kilomètres de N'Djamena, loin de l'agitation de la capitale, Moussoro pulse au rythme de son économie.
Cette ville quasi-cosmopolite s'affirme comme une plaque tournante du commerce au Tchad. Chaque semaine, son marché hebdomadaire se transforme en un kaléidoscope humain et économique. Des commerçants venus des quatre coins du pays convergent vers ses étals, confirmant son rôle capital dans les échanges nationaux. Pourtant, derrière cette effervescence se cache un paradoxe qui entrave son développement.
Moussoro souffre d'un enclavement aigu. La ville, pourtant qualifiée de « forte » par ses habitants, est dépourvue de voies bitumées dignes de ce nom, d'institutions de taille et de nombreuses infrastructures répondant aux besoins de sa population. Le simple trajet vers Dagana, une localité pourtant proche, se mue en un parcours du combattant de près de trois heures, sur des pistes défoncées et poussiéreuses.
Ce déficit infrastructurel freine considérablement le potentiel de la cité. Les produits mettent plus de temps à arriver, leurs coûts grimpent avec le transport, et la sécurité des biens et des personnes reste précaire. Le projet tant attendu de bitumage de l'axe Chadjarai-Moussoro tarde à se concrétiser. De même, la construction d'un château d'eau et d'un stade de football, annoncés de longue date, n'a jamais abouti.
Des chantiers s'ouvrent parfois, mais sans tenir les promesses faites à la population. Ces retards suscitent incompréhension et frustration chez les habitants et les opérateurs économiques. Cette attente est d'autant plus vive que l'influence des fils de Moussoro dépasse largement les frontières de la province. La ville « regorge de cadres dans presque toutes les institutions du pays », soulignent fièrement ses ressortissants.
Commerçants et intellectuels originaires de Moussoro sont présents à N'Djamena et dans la plupart des grandes villes tchadiennes, formant un réseau influent. Cette diaspora attend, avec la population locale, que la ville obtienne des infrastructures à la hauteur de sa contribution à l'économie nationale. « Nous sommes une ville qui travaille, qui commerce, qui forme des cadres, mais nous sommes traités comme les oubliés du développement », déplore un commerçant sur le marché.
« Comment voulez-vous que l'économie s'épanouisse si nos routes ressemblent à des cours d'eau en saison des pluies et à des chemins de sable le reste de l'année ? » Le projet Chadjarai-Moussoro demeure une priorité absolue. En attendant, la ville continue de vivre au rythme de ses commerçants résilients, faisant de nécessité vertu. Moussoro reste ainsi un symbole des contrastes tchadiens : une vitalité économique et humaine remarquable, entravée par des infrastructures défaillantes.
L'avenir de ce « poumon commercial » du Barh-El-Gazel passe inévitablement par la matérialisation de la promesse d'une route digne de ce nom, qui reliera enfin son dynamisme à celui du reste du pays.
Cette ville quasi-cosmopolite s'affirme comme une plaque tournante du commerce au Tchad. Chaque semaine, son marché hebdomadaire se transforme en un kaléidoscope humain et économique. Des commerçants venus des quatre coins du pays convergent vers ses étals, confirmant son rôle capital dans les échanges nationaux. Pourtant, derrière cette effervescence se cache un paradoxe qui entrave son développement.
Moussoro souffre d'un enclavement aigu. La ville, pourtant qualifiée de « forte » par ses habitants, est dépourvue de voies bitumées dignes de ce nom, d'institutions de taille et de nombreuses infrastructures répondant aux besoins de sa population. Le simple trajet vers Dagana, une localité pourtant proche, se mue en un parcours du combattant de près de trois heures, sur des pistes défoncées et poussiéreuses.
Ce déficit infrastructurel freine considérablement le potentiel de la cité. Les produits mettent plus de temps à arriver, leurs coûts grimpent avec le transport, et la sécurité des biens et des personnes reste précaire. Le projet tant attendu de bitumage de l'axe Chadjarai-Moussoro tarde à se concrétiser. De même, la construction d'un château d'eau et d'un stade de football, annoncés de longue date, n'a jamais abouti.
Des chantiers s'ouvrent parfois, mais sans tenir les promesses faites à la population. Ces retards suscitent incompréhension et frustration chez les habitants et les opérateurs économiques. Cette attente est d'autant plus vive que l'influence des fils de Moussoro dépasse largement les frontières de la province. La ville « regorge de cadres dans presque toutes les institutions du pays », soulignent fièrement ses ressortissants.
Commerçants et intellectuels originaires de Moussoro sont présents à N'Djamena et dans la plupart des grandes villes tchadiennes, formant un réseau influent. Cette diaspora attend, avec la population locale, que la ville obtienne des infrastructures à la hauteur de sa contribution à l'économie nationale. « Nous sommes une ville qui travaille, qui commerce, qui forme des cadres, mais nous sommes traités comme les oubliés du développement », déplore un commerçant sur le marché.
« Comment voulez-vous que l'économie s'épanouisse si nos routes ressemblent à des cours d'eau en saison des pluies et à des chemins de sable le reste de l'année ? » Le projet Chadjarai-Moussoro demeure une priorité absolue. En attendant, la ville continue de vivre au rythme de ses commerçants résilients, faisant de nécessité vertu. Moussoro reste ainsi un symbole des contrastes tchadiens : une vitalité économique et humaine remarquable, entravée par des infrastructures défaillantes.
L'avenir de ce « poumon commercial » du Barh-El-Gazel passe inévitablement par la matérialisation de la promesse d'une route digne de ce nom, qui reliera enfin son dynamisme à celui du reste du pays.
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Tchad : Moussoro, le poumon commercial du Barh-El-Gazel, étouffé par le défi des routes








