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INTERNATIONAL

64ème Conférence CSocD : l’appel à recentrer la justice sociale au cœur de l'action multilatérale


Alwihda Info | Par Olivier Noudjalbaye Dedingar, Expert-consultant international, humanitaire et journaliste indépendant. - 9 Février 2026


La 64ème session de la Commission des Nations-Unies pour le développement social (CSocD64) s'est ouverte le 2 février 2026, dans un climat relativement favorable, marqué par la fragilité de la situation mondiale et une détermination politique renouvelée.


Séance plénière de la CSocD64. Photo : ONU
Séance plénière de la CSocD64. Photo : ONU
Le paysage politique s'adapte encore aux discussions de Davos 2026, et cet événement permet d'assurer la continuité de réunions constructives. Réunie au siège des Nations Unies à New York du 2 au 10 février, la Commission a reçu un mandat clair : traduire les engagements internationaux en matière de développement social et de justice sociale en politiques coordonnées, équitables et inclusives qui restaurent la dignité, la résilience et la confiance dans les institutions publiques.

Cette session est la première commission fonctionnelle majeure à faire, suite au deuxième Sommet mondial pour le développement social, qui s'est tenu à Doha fin 2025. De ce fait, la CSocD64 s'impose, non pas comme une simple instance d'examen, mais comme la principale plateforme multilatérale permettant de vérifier si la Déclaration politique de Doha peut dépasser le stade de la rhétorique, et se traduire par des actions concrètes aux niveaux national et international.

Dès sa séance plénière d'ouverture, le message des États membres et des hauts responsables des Nations-Unies était clair : le développement social n'est plus une préoccupation secondaire. Il constitue désormais le fondement même de la stabilité économique, de la cohésion sociale et de la crédibilité du multilatéralisme.

Alors que les délibérations s'orientaient vers les discussions thématiques, la Commission a tenu une table ronde de haut niveau sur la coordination et la gouvernance, l'équité, l'inclusion et la participation. Animée par Stefaan Verhulst du GovLab de l'Université de New York, cette table ronde a exploré les obstacles structurels qui continuent de fragmenter la mise en œuvre des politiques sociales.

Sabina Alkire, professeure de pauvreté et de développement humain à l'Université d'Oxford, a prononcé un discours d'ouverture qui a redéfini la coordination non seulement comme un défi institutionnel, mais aussi comme un défi cognitif. Les politiques, a-t-elle soutenu, doivent être conçues dans le cadre d'une architecture mentale partagée de la gouvernance, où la santé, l'éducation, l'emploi et la protection sociale se renforcent mutuellement au lieu de s'affaiblir.

Le 4 février, la Commission s'est penchée sur l'une des questions émergentes majeures de la session : l'éradication de la pauvreté et la garantie de la dignité grâce à des systèmes de soins et de soutien résilients. Lors de sa sixième réunion, une table ronde de haut niveau, animée par José Antonio Ocampo de l'École des affaires internationales et publiques de l'Université Columbia, a examiné l'économie du soin comme un moteur stratégique de l'inclusion sociale, plutôt que comme une fonction résiduelle de l'aide sociale.

Ce débat a marqué un tournant dans la réflexion. Les systèmes de soins n'étaient plus présentés comme des responsabilités informelles ou privées assumées par les ménages, mais comme des biens publics essentiels au développement durable. Les intervenants ont souligné comment la répartition inégale du travail de soins non rémunéré continue de limiter la participation économique des femmes et d'ancrer la pauvreté intergénérationnelle. Sans investissement public concerté, les carences en matière de soins risquent d'aggraver les inégalités existantes, tant dans les sociétés vieillissantes que dans les économies fragiles.

Li Xin, directeur général du Centre international pour la réduction de la pauvreté en Chine, a partagé des expériences nationales où l'éradication de la pauvreté a été érigée en priorité absolue de la gouvernance. Il a expliqué comment l'intégration des politiques de soins, dans des cadres de protection sociale plus larges, permet à la fois de soutenir les populations vulnérables et d'empêcher les ménages de retomber dans la pauvreté. Cette session a renforcé le consensus selon lequel des systèmes de soins résilients génèrent des retombées sociales et économiques importantes en créant des emplois, en formalisant le travail et en préservant la dignité tout au long de la vie.

Tout au long des discussions, les États membres ont systématiquement fait le lien entre les délibérations du jour et la Déclaration politique de Doha. Les délégués ont souligné que les travaux de la Commission ne constituent pas la continuation de débats abstraits, mais bien la mise en œuvre opérationnelle directe d’engagements pris quelques mois auparavant. Le financement, la coordination et la volonté politique sont apparus comme les principaux défis, notamment pour les pays confrontés à des contraintes budgétaires et à des transitions démographiques.


Le Bureau de la 64ème Session de la Commission du Développement Social (CSocD64), dirigé par le président S.E. Khrystyna Hayovyshyn ((M), Ukraine), Stefano Guerra (Portugal), Heba Mostafa (Égypte), Miousemine Celestin (Haïti) et Tursunbubu Chotonova (Kirghizistan). Photo : Photo ONU
Le Bureau de la 64ème Session de la Commission du Développement Social (CSocD64), dirigé par le président S.E. Khrystyna Hayovyshyn ((M), Ukraine), Stefano Guerra (Portugal), Heba Mostafa (Égypte), Miousemine Celestin (Haïti) et Tursunbubu Chotonova (Kirghizistan). Photo : Photo ONU

Lors de l’ouverture de la soixante-quatrième session de la Commission du développement social (CSocD64), le 2 février 2026, les dirigeants et experts du monde entier ont délivré un message unifié : le développement social et la justice sociale doivent être au cœur de l’agenda international.  Photo : ONU
Lors de l’ouverture de la soixante-quatrième session de la Commission du développement social (CSocD64), le 2 février 2026, les dirigeants et experts du monde entier ont délivré un message unifié : le développement social et la justice sociale doivent être au cœur de l’agenda international. Photo : ONU



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