Dans un contexte de forte pression démographique et de pénurie de logements décents, les bailleurs imposent leurs propres règles. À N'Djamena, l'offre de logements est largement inférieure à la demande, plaçant les propriétaires en position de force. Cela leur permet de décider, sans cadre légal strict, des conditions d'accès au logement.
Refuser de louer à un célibataire masculin sous prétexte de “troubles potentiels,” de “manque de stabilité” ou de “mauvaises fréquentations” est devenu une norme dans certains quartiers. Pour contourner cette exclusion, des candidats à la location doivent se présenter avec une femme, parfois comme épouse, parfois simplement comme “garantie morale.”
Cette exigence représente une forme de discrimination sociale et de genre, bien qu'elle ne soit étayée par aucun texte officiel. Elle marginalise une partie importante de la population urbaine, incluant des jeunes travailleurs, des fonctionnaires nouvellement affectés, des étudiants et des commerçants célibataires. Le droit au logement est ainsi conditionné par le statut matrimonial, contrariant les principes d'égalité et de liberté individuelle.
La persistance de ces pratiques est en partie due à l'absence de contrôle des communes dans la régulation des baux. À N'Djamena, la plupart des locations se font sans contrat formel, sans enregistrement communal et sans mécanisme de recours pour les locataires lésés. Dans ce vide institutionnel, la “loi de ceux qui ont construit” s'impose, permettant aux propriétaires de fixer les règles à leur guise.
Face à cette situation préoccupante, de nombreuses voix s'élèvent pour appeler à une réforme urgente du cadre locatif à N'Djamena. Cela inclurait :
- Contrats de bail standardisés
- Implication effective des communes
- Mécanismes de plainte accessibles
- Sensibilisation des bailleurs et des locataires
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À N’Djamena, le statut de célibataire devient un obstacle majeur à la location








