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AFRIQUE

AFRICOM détaille ses priorités en Afrique : lutte antiterroriste, innovation et lien “sécurité–économie”


Alwihda Info | Par Alwihda - 4 Février 2026


​Lors d’un briefing numérique organisé le 3 février 2026 par l’Africa Regional Media Hub, le commandant de l’U.S. Africa Command, le Dagvin R. M. Anderson, et le Garric M. Banfield, ont présenté les orientations stratégiques du commandement américain sur le continent africain. Cette rencontre “on the record”, ouverte aux journalistes africains et internationaux, a mis l’accent sur la montée des menaces terroristes, la coopération multilatérale et une approche plus intégrée liant sécurité, stabilité et développement économique.


Une tournée en Afrique de l’Est et un message central : sécurité et développement vont ensemble

Le général Anderson, en poste depuis août 2025, a expliqué revenir en Afrique avec une expérience antérieure sur le continent. Il a notamment relaté une récente mission en Afrique de l’Est (Éthiopie, Kenya et Djibouti) menée avec le vice-secrétaire d’État Christopher Landau. Objectif affiché : écouter les partenaires, identifier des intérêts communs, et surtout renforcer l’idée que la sécurité est un levier direct de stabilité, donc d’investissement et de prospérité.

Dans cet esprit, il a évoqué des exemples où les investissements sécuritaires peuvent soutenir des dynamiques économiques, comme le projet de piste à Manda Bay, dans le cadre d’un corridor à vocation économique, ou encore des échanges avec l’Union africaine autour de cette même “confluence” sécurité–économie.

Terrorisme : une menace jugée “en croissance” sur plusieurs fronts

Le commandant d’AFRICOM a insisté sur l’extension des risques liés aux groupes affiliés à ISIS et Al-Qaida, en particulier au Sahel et en Afrique de l’Est. Concernant l’Afrique de l’Est, les échanges ont porté sur la pression à exercer contre Al-Shabaab et sur des préoccupations liées à l’évolution des menaces et des soutiens régionaux.

Sur l’Afrique de l’Ouest, AFRICOM dit observer une intensification de la pression des groupes armés, citant notamment JNIM, et des risques de débordement vers les pays côtiers du golfe de Guinée. Le général Anderson a aussi mentionné la coopération renforcée avec Nigeria, présentée comme un exemple de partenariat “capable et volontaire”, notamment autour du renseignement, de la fusion d’informations et de capacités spécifiques.

Des exercices 2026 “multinationaux” pour renforcer l’interopérabilité

Interrogé sur les exercices prévus en 2026, le général Anderson a décrit un calendrier axé sur le multilatéral et l’interopérabilité :

African Lion, principal exercice, piloté depuis Maroc, avec des “spokes” en Tunisie, Ghana et Sénégal.

Cutlass Express, orienté maritime, mené sur la façade est, mentionnant Mozambique et des centres d’opérations maritimes.

Justified Accord, organisé depuis Kenya avec des activités en Tanzanie et Djibouti.

Flintlock, volet forces spéciales, annoncé avec un hub en Côte d’Ivoire et un volet en Libye, destiné à entraîner la coopération et la coordination tactique.

Selon le sergent-major Banfield, ces exercices sont essentiels car les opérations multinationales sont complexes : elles exigent un entraînement régulier pour bâtir une capacité réelle d’action commune.

Somalie : justification des frappes et priorité à l’appui “ciblé”

Sur la question des frappes américaines en Somalie, le général Anderson a défendu une logique d’appui critique aux partenaires locaux, citant des opérations menées au Puntland dans les Golis Mountains contre des éléments liés à Daesh/ISIS. Il a présenté ces actions comme des soutiens permettant aux forces partenaires de maintenir la pression, de réduire l’espace d’action des groupes armés et de neutraliser leur capacité d’organisation.

Technologie et surveillance maritime : autre axe majeur

Au-delà du contreterrorisme “terrestre”, AFRICOM a mis en avant la surveillance du domaine maritime, jugée cruciale pour lutter contre les trafics, la piraterie et la pêche illégale, et pour sécuriser les côtes et frontières maritimes. Le sergent-major Banfield a également insisté sur une dynamique d’innovation à double sens : apporter certaines technologies aux partenaires, mais aussi apprendre des solutions et adaptations développées sur le terrain par les acteurs africains.

Une approche plus “intégrée” : sécurité, information, économie

Enfin, le général Anderson a expliqué vouloir approfondir une méthode de travail combinant davantage les leviers : coopération militaire, partage d’informations, mais aussi articulation avec les dimensions économiques et commerciales. Il a décrit AFRICOM comme un “convener” capable de rapprocher partenaires, priorités et investissements, avec une logique : sécurité → stabilité → investissement → prospérité.



Pour toute information, contactez-nous au : +(235) 99267667 ; 62883277 ; 66267667 (Bureau N'Djamena)