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POINT DE VUE

COUP D’ETAT AU TCHAD : FOLIE PASSAGERE OU MALADIE RECIDIVE du Président Deby?


Alwihda Info | Par Madjiodjim Yannick - 14 Mai 2013 modifié le 30 Mai 2013 - 16:21

EDMUND Burke (1729- 1797) disait à son époque: « La seule chose qui permet au mal de triompher est l’inaction des hommes de bien ». Nous espérons que le Président tchadien ne triomphera pas cette fois-ci !


FOLIE PASSAGERE OU MALADIE RECIDIVE du Président Deby?

Les faits en bref :
Tenez, le 1er mai dernier, le Porte –parole du Gouvernement tchadien Hassan Sylla Bacary annonçait en direct à la télévision nationale que les autorités ont déjoué un coup d’Etat venant d’ « un groupuscule d'individus mal intentionnés » ! Cette bande d’individus «  a cherché à mener une action de déstabilisation contre les institutions de la République » renchérit-il. Surpris par les forces loyalistes qui les suivaient depuis quatre mois, les affrontements entre les deux groupes ont fait trois morts et huit blessés. Deux jours après, le Porte-parole de l’Etat-Major vient contredire tacitement et poliment l’accusation gouvernementale en parlant des « indisciplinés » dans le rang de l’armée qui sont entrain d’être « disciplinés »…Et la suite de cette comédie continue à être amère sinon troublante pour la population tchadienne. Ainsi, l’histoire se répète ! Et le Tchad, une fois de plus défraye la chronique africaine en ce mois de mai où la chaleur règne à 50° près.
Les victimes actuelles :
Le Général-sultan-président Deby est toujours fidèle à lui-même. Après 23 ans de règne, il n’a pas changé de pratiques. A chaque occasion, ce tueur-né n’hésite pas d’assassiner tous ceux qui s’opposent à lui. Le nombre de ses opposants cruellement abattus ne se compte pas. Et aujourd’hui, il reprend encore avec ses manœuvres criminelles. Et les victimes se ressemblent toujours. Des opposants traditionnels traqués : Saleh Kebzabo, Saleh Makki, Gali Gatta N'Gothé, Ngarléjy Yorongar, Mahamat Mallou Kadre … Des généraux accusés: Routouang Yoma Golom, Ngaro Ahidjo, David Beadmadji Gomine... Des journalistes, activistes et intellectuels viennent en troisième rang : Moussa Avenir de la Tchiré, Khalil Alio, Mingar Monodji, Eric Topona, Jean-Baptiste Laokolé… la liste n’est pas exhaustive, tant chaque jour des nouveaux clients sont découverts dans cette chasse à l’homme.
Les victimes à venir :
Si certains individus et personnalités sont aujourd’hui la cible des services de torture du général Deby, personne ne sait l’aboutissement de cette campagne de répression organisée et lancée par le régime. On a vu que dans un passé récent (2008), le Tchad était plongé dans une abime : des centaines de morts et disparus. Des biens publics détruits. En un mot, le Tchad avait cruellement échoué. Demain, le Tchad qui sera encore perdant dans cette merde.
Quel est le message que Deby veut lancer au peuple tchadien?
Mais quel message le général Deby veut nous faire comprendre à travers, ce que Monsieur Jean Claude Kongo de l’Observateur Paalga a si bien su le nommé : « Tchad : vrai coup d’Etat ou canular de Déby ? » Dans son analyse, l’auteur a trouvé la juste réponse en avançant que :«Ces derniers temps, on a fait le panégyrique de Deby ; le sens de l’altruisme et du dévouement dont il fit preuve en envoyant ses soldats se sacrifier au Mali en fait en ce moment un héros certain ; reste à savoir si pareil sacrifice est suffisant pour qu’il se paie le luxe d’user d’artifices pour éliminer des «ennemis» politiques gênants ; à pareille interrogation la réponse est négative, surtout que, dans la demeure tchadienne, tout n’est pas rose… » Ah oui ! Depuis son Burkina natal, Jean Claude Kongo a dit en quelques mots ce qui trame dans la tête de ce despote.
Le général a-t-il reçu la carte blanche de la France ? Rien n’est évident, mais il existe une flagrance que cette campagne de rafle des opposants a commencée juste le lendemain de la visite du Ministre Français Jean-Yves Le Drian, le 27 avril dernier à N’Djamena. Deby aurait alors reçu la carte blanche des socialistes, car le Gouvernement français a fait montre d’une réserve suspecte dans un communiqué laconique où il se dit « préoccuper » et appelle les deux parties à des négociations. Comment peut-on négocier ou discuter dans cette condition de déséquilibre absolu ?
L’autre message à tirer de cette folie non passagère, est que le régime de Deby s’en prend à la jeune génération des leaders. On remarque que des jeunes qui ont conquis leur Liberté de paroles et qui ont su audacieusement affirmé leur personnalité sont aussi victimes parce qu’ils seraient ne menace future pour le règne dynastique du régime Itno qui se projette.
Ainsi, à en croire l’évidence, le Président Deby est atteint d’une maladie récidive ! Car il n’est pas, malheureusement, à son premier essai.

Mais devant cette dérive autoritaire, que doit faire le peuple tchadien au nom de la Loi ?

Le Préambule de notre Constitution de 1996  est on ne peut plus clair : « Affirmons notre opposition totale à tout régime dont la politique se fonderait sur l'arbitraire, la dictature, l'injustice, la corruption, la concussion, le népotisme, le clanisme, le tribalisme, le confessionnalisme et la confiscation du pouvoir ... » La population tchadienne hésite encore et le Président tchadien en profite. Nous ne dirions pas plus, mais que le Général-sultan-président Deby médite cette sagesse africaine : « La grandeur d’une pirogue ne l’empêche pas de chavirer ». A bon entendeur… !



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