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AFRIQUE

Cameroun/Djoum : Un colonel cité au tribunal pour trafic faunique


Alwihda Info | Par - 27 Février 2018 modifié le 27 Février 2018 - 17:21

Le procureur de la République de Djoum a sollicité que le tribunal fasse citer un officier de gendarmerie lors d’une prochaine audience prévue le 6 mars 2018 dans une affaire de trafic de 216 pointes d’ivoire.


Cameroun/Djoum : Un colonel cité au tribunal pour trafic faunique
L'affaire qui reviendra pour la troisième fois à l'audience a été traduite devant le tribunal par les agents de l’administration de la faune, à la suite de l'arrestation de deux suspects dans la ville de Djoum, suivie de la saisie de 216 pointes d'ivoire et de 81 queues d'éléphant dans la voiture qu'ils conduisaient le 11 décembre 2017. Les deux hommes sont poursuivis pour détention et commercialisation illégales d'espèces fauniques intégralement protégées. Le colonel dont la voiture contenait les ivoires saisies a été conduit à Yaoundé avec tous ces produits saisis qui ont été gardés au ministère des Forêts et de la Faune.
A la suite de l'arrestation de ces derniers, le chauffeur et un trafiquant d'ivoires suspecté du transport des produits fauniques illicites, les responsables de l'administration de la faune ont immédiatement veillé à ce que des poursuites judiciaires contre ces derniers soient menées, conformément à la loi faunique, compte tenu des liens que cette affaire avait avec un officier supérieur de la gendarmerie nationale. L'organisme d'appui chargé de la mise en application de la loi faunique dénommé (Laga), a apporté aux agents de la faune une assistance technique dans le traitement de cette affaire.
Loi faunique
Certains rapports indiquent que le colonel est très impliqué dans cette affaire et les environnementalistes sont sérieusement embarrassés par la présence d'un véhicule militaire une fois de plus dans une affaire de trafic d'espèces fauniques. En 2014, dans un poste de contrôle de Nsimalen, 185 pointes d’ivoire ont été saisies dans un autre véhicule militaire. On s’interroge de plus en plus sur cet état de choses, car les militaires semblent intimider les responsables de la faune afin qu'ils aient peur d’initier des poursuites judiciaires contre ces derniers. Selon Ofir Drori, fondateur et directeur du réseau Eagle, un réseau qui regroupe des organismes chargés de l'application des lois sur la faune dans plusieurs pays, qui s’est exprimé brièvement depuis sa résidence à Nairobi au Kenya en décembre dernier après l’arrestation de ces trafiquants en ces termes : « Les agents de l’administration de la faune ont fait un travail très brave, étant donné qu’un militaire était impliqué dans cette affaire tout en insistant sur le fait que les poursuites judiciaires engagées contre toutes les personnes impliquées devraient être rigoureusement suivies ".
Dans la loi faunique de 1994,  il est mentionné que toute personne trouvée en possession de tout ou partie d'une espèce sauvage protégée est considérée comme ayant tué ou capturé ledit animal et de ce fait, est passible d'une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à 3 ans et d'une amende allant jusqu'à 10 millions de Fcfa. La loi dispose en outre que la peine est doublée lorsque l'infraction est commise par un agent de maintien de l’ordre. Cette loi avait pour but de dissuader toute tentative, mais beaucoup estiment que pour qu’elle soit efficace, il faut l'appliquer correctement.