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AFRIQUE

Cameroun/Marchés : Mme Barbara Elemva : « Les approvisionnements continuent »


Alwihda Info | Par - 23 Mars 2020

Face aux velléités spéculatives constatées sur les espaces commerciaux, en raison de la psychose née de la présence du coronavirus au Cameroun, le chef de la brigade nationale de contrôle et de répression des fraudes au ministère du Commerce rassure les consommateurs. Mme Barbara Elemva rappelle également les dispositions prises dans son secteur de compétence, en rapport avec les mesures gouvernementales de riposte contre la pandémie.


Cameroun/Marchés : Mme Barbara Elemva : « Les approvisionnements continuent »
Depuis l’annonce des mesures gouvernementales pour lutter le coronavirus, les consommateurs ont pris d’assaut les espaces commerciaux. Est-ce que c’est une attitude qui vous surprend ?
Oui et non. Non dans la mesure où une stratégie gouvernementale de riposte contre cette pandémie a été mise en place et a été communiquée au grand public, ça peut créer un électrochoc au niveau des populations. C’est compréhensible. Mais non par la même occasion parce qu’avant ces mesures, au ministère du Commerce, en date du 13 mars notamment, le ministre du Commerce a convié les opérateurs de la filière distribution et d’approvisionnement du marché pour avoir des garanties en ce qui concerne les stocks des produits de grande consommation. Et de façon générale, au sortir de cette concertation, nous sommes convenus de ce que nous avons actuellement un minimum de trois mois de consommation en stocks de produits agro-alimentaires. À mon avis, cette effervescence ne se justifie qu’à moitié.

Actuellement, la grosse crainte, c’est que l’on ne meurt de faim. Est-ce que l’on a des assurances que pendant les trois mois à venir, nos marchés seront régulièrement ravitaillés ?
Et pas que les trois mois ! Parce que ça c’est un stock à une date bien ponctuelle ou à une date fixe. Il faut dire que les approvisionnements continuent. Dans nos industries locales, la production continue, les chaines d’approvisionnement à l’importation, des approvisionnements continuent à se faire. Il n’y a aucune raison de prendre peur. Telle que la pandémie est en train d’évoluer, cela peut susciter quelques craintes, mais il faut dire aussi qu’il y a de l’espoir. En Chine par exemple, l’un de nos principaux pourvoyeurs du marché, la pandémie est plus ou moins en train d’être maîtrisée. Donc il y a de l’espoir et que l’avenir n’est pas si sombre que ça. Nos opérateurs économiques, très citoyens en la matière, sont mobilisés et ont conscience de ce que leur devoir est aussi de ravitailler le marché.

S’agissant de la spéculation, qu’est-ce que vous avez constaté sur les marchés la semaine dernière ?
Malheureusement comme toujours au Cameroun, chaque fois qu’il y a une situation de crise, il y en a qui veulent tirer avantage, tirer des profits indus de la situation. Ainsi pour les opérateurs véreux, les instructions sont fermes. Le ministre du Commerce a signé le 20 mars 2020 un communiqué de presse à leur intention. Il rappelait leur sens de la responsabilité, alors que les unités de contrôle ont été instruites d’appliquer les dispositions législatives et réglementaires en vigueur de la façon la plus sévère, pour dissuader et contenir toutes ces velléités de spéculation.

Il y a des mesures qui ont été annoncées sur le fonctionnement des espaces commerciaux et des horaires d’ouverture et de fermeture sont définis. Quelles en sont les objectifs visés ?
Il s’agit de réguler le flux des consommateurs dans les espaces commerciaux, en les contenant dans une fourchette horaire précise. On va rapidement faire les achats que nous avons à faire et puis nous sortons tout de suite. Il n’y a plus question de prendre son temps, actuellement tout le monde est conscient de ce que se promener sans un but véritable est un peu dangereux. Donc, il s’agit de nous assurer que les consommateurs vont dans les espaces commerciaux uniquement pour des choses essentielles.

Qui est concerné par ces mesures, tous les marchés ou tous les supermarchés ?
C’est les marchés et il faut peut-être rappeler les heures d’ouverture et de fermeture. Et il faut dire que cette mesure a été prise de concert avec les maires qui ont en charge l’organisation et la gestion des marchés, donc c’est une proposition concertée. Ainsi, de 5 heures à 7heures, les marchés sont ouverts pour les nettoyages, de 7 heures à 16 heures, c’est l’ouverture au grand public pour faire des achats. Et de 16 heures à 18 heures, les nettoyages du soir. A partir de 18 heures les espaces sont fermés. Au niveau des supermarchés, la régulation et les mesures de distanciation sociales prescrites par le gouvernement et par le ministère de la Santé publique sont plus faciles à gérer. Nous nous assurons dans les supermarchés qu’il n’y ait pas affluence et le nombre de personnes à l’intérieur est plus facile à contenir. Donc cette gestion de flux des consommateurs est plus évidente.

Beaucoup de consommateurs se tournent maintenant vers la consommation locale. Est-ce qu’on aura plus de régulation sur la vente de nos vivres par exemple ?
Pas seulement la vente de nos vivres. Nos productions même, tout ce qui est fabriqué localement constitue une aubaine, une occasion à saisir pour nos différents opérateurs pour inonder les espaces commerciaux, si tant est qu’il y aurait des difficultés même à s’approvisionner sur le plan international. C’est bénéfique pour nos opérateurs locaux, pour notre industrie et même pour notre pays. C’est donc le moment certainement pour les uns et les autres de s’habituer et d’apprendre à consommer camerounais.

Comment les consommateurs font-ils pour vous saisir, en cas d’éventuelles plaintes ?
Le numéro 1502 est mis à leur disposition. Il est accessible gratuitement chez tous les opérateurs de téléphonie mobile et même fixe. C’est un numéro accessible 24h/24heures et 7 jours sur 7. (Source : Crtv radio)