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CULTURE

Cameroun : Nyem–Nyem, un festival à promouvoir


Alwihda Info | Par - 11 Mars 2016 modifié le 11 Mars 2016 - 14:47

La 30ème édition de cette manifestation culturelle Nyem-Nyem s’est tenue du 20 au 21 février 2016 à Galim-Tignere.


Le Lamido Hayatou et ses convives.
Le Lamido Hayatou et ses convives.
Si depuis le 19ème siècle, Edward Burnett Tylor, anthropologue anglais reconnaissant déjà que la culture occupe une place de choix dans l’évolution d’une société, le festival Nyem-Nyem n’a pas dérogé à cette assertion cette année.
En effet, cette manifestation a encore reflété les valeurs, les croyances et les aspirations d’un peuple. Selon Fleurette Nadège Brigitte Nga Ondigui, historienne de l’art et enseignante à l’université de Yaoundé I, « ce festival qui entre en droite ligne du calendrier culturel camerounais, est pourtant méconnu du grand public. Alors qu’il nécessite une mise en valeur perpétuelle, permettant à la localité de Galim-Tignère de se développer ». Cela étant, située à environ 230 kilomètres de Ngaoundéré, chef-lieu de la région de l’Adamaoua, cette localité a son côté touristique qui n’est pas à banaliser, dans la mesure où le tourisme est porteur d’avantages pour les communautés d’accueil.
Fête de l’invincibilité et de la bravoure
Avec les mouvements migratoires qu’ont connus les diverses populations africaines, le peuple Nyem-Nyem serait parti de la localité de Bih-Beemi (devenue de nos jours Bibemi), en quête de nouveaux territoires et de nourriture. Le mot Nyam était courant dans leur langage, il renvoie à nourriture, à manger et dérivant du verbe nyami. Aujourd’hui, le festival culturel Nyem-Nyem est une fête de commémoration de l’invincibilité, de la bravoure de ceux qui habitaient la montagne. Ces derniers ayant résisté pendant sept ans aux assauts allemands qui voulaient les déloger de leur montagne. Après le départ des Allemands, le Lamido de Tibati a également engagé une guerre contre les Nyem- Nyem, qui sous le commandement du Lamido Ndjomna (grand-père de Sa majesté Mohamadou Hayatou Hamadina, l’actuel Lamido), en sont sortis vainqueurs.
Ce festival annuel fait revivre la culture des aïeux, en ce sens que c’est l’occasion idoine pour le Lamido, son Touraki, ses sarkis… de présenter aux festivaliers cosmopolites, l’immense richesse dont regorge son peuple. L’on associe à ce festival d’autres peuples voisins ou éloignés. « Car fédérer des populations, des peuples et la nation, par le biais de leur savoir-faire, savoir-vivre et savoir-être pour un Cameroun uni, tel est l’objectif miré », soutient le Dr Ngah Ondigui. Et dans une perspective historique, les ressemblances l’emportent souvent sur les différences.
Pour l’édition 2016, le Lamido de Maroua, le Lamido de Mbé, le préfet de Tignère et d’autres invités de marque y ont pris part. Comme à son habitude, le festival a connu plusieurs embranchements : le pèlerinage au mont Djim (1600 à 1700 km d’altitude) ; les fantastiques danses (initiatiques, guerrières et ludiques) ; la fabuleuse fantasia qui marque l’apothéose du festival. Il s’agit d’un moment de communion parfaite entre le cavalier et son cheval, moment de célébration de la beauté de leurs flamboyants costumes.
Tous ces divers embranchements sont l’identité patrimoniale, le symbole de la sagesse, de la consécration du passé, du présent et de l’avenir d’un peuple de conquérants et de farouches résistants. Mélange de sagesse ancestrale et de modernisme, le Festival Nyem -Nyem est une identité patrimoniale dont une minorité de Camerounais est conscient de l’existence.