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Tchad : Aïd al-Fitr, la préparation de la fête met à l’épreuve les chefs de famille


Alwihda Info | Par Hassan Abderamane - 11 Mars 2026


À l’approche de l’Aïd al-Fitr, également appelée fête du Ramadan, de nombreux chefs de famille s’inquiètent des préparatifs liés à cette célébration.


En effet, cette fête nécessite des moyens financiers importants pour l’achat des habits des enfants, des épouses, ainsi que des gâteaux communément appelés cakes ou kake.

Chaque année, à l’approche de cette fête musulmane, de nombreux parents issus de la communauté musulmane se mobilisent pour acheter de nouveaux vêtements à leurs enfants. Pour ceux qui en ont les moyens, il est également courant d’immoler un mouton afin de partager un repas festif en famille, le jour de la célébration.

Cependant, les dépenses liées à cette période peuvent s’avérer lourdes pour certains ménages. Selon plusieurs sources, un tissu de marque « Shampo » de trois mètres peut coûter entre 12 500 et 15 000 FCFA sur le marché. À cela s’ajoute le coût de la couture, qui peut atteindre 7 500 FCFA au minimum chez un tailleur.

Ainsi, pour un accoutrement simple de fête, la dépense peut s’élever en moyenne à 22 000 voire 22 500 FCFA, sans compter les chaussures et d’autres accessoires nécessaires. Dans ces conditions, pour un père de famille ayant sept ou huit enfants à habiller, le budget devient particulièrement lourd.

La situation est encore plus difficile pour certains ménages, notamment avec le cas de certains enseignants de la section provinciale de N’Djamena et d’autres provinces, qui ont vu leurs salaires du mois de février suspendus à la suite de la grève lancée par le SET de N’Djamena. « Je suis un simple débrouillard et, avec le peu que je gagne, je dois acheter des habits pour mes six enfants et leur maman pour la fête de l’Aïd al-Fitr. En plus, nous vivons en location. Ce n’est pas du tout facile », se lamente Ousmane, un père de famille rencontré dans une rue de la capitale.

Comme lui, de nombreux pères de famille qui se battent au quotidien pour joindre les deux bouts se retrouvent confrontés à des défis financiers importants à l’approche de cette fête. Cependant, certains chefs de famille préfèrent anticiper afin d’éviter les difficultés de dernière minute. « Je sais que je ne gagne pas beaucoup d’argent, mais je m’organise avec le peu de salaire que je perçois. J’essaie d’acheter les habits des enfants quelques mois avant le Ramadan pour éviter les soucis à l’approche de la fête », explique Goni, agent de sécurité privée dans une institution de la place.

Malgré ces précautions, certains parents, dépassés par les dépenses, se voient parfois contraints d’emprunter de l’argent afin de faire face aux exigences de la fête. Par ailleurs, cette situation peut parfois créer des tensions dans certains foyers, notamment entre les époux. Il arrive que des désaccords surgissent lorsque les moyens financiers ne suffisent pas à couvrir toutes les dépenses liées à la fête. Certaines femmes expriment leur mécontentement face à l’insuffisance du budget consacré aux habits des enfants ou aux autres préparatifs.

Dans certains cas, des demandes supplémentaires, comme le renouvellement des meubles du salon à l’approche de la fête, peuvent accentuer la pression financière sur les chefs de famille. Face à ces réalités, il apparaît important que les couples fassent preuve de compréhension et de solidarité. Lorsque la situation financière est difficile, chacun doit pouvoir s’adapter aux moyens disponibles afin de préserver l’harmonie familiale et permettre à la fête de se dérouler dans la sérénité au sein des foyers.



Pour toute information, contactez-nous au : +(235) 99267667 ; 62883277 ; 66267667 (Bureau N'Djamena)