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AFRIQUE

Cameroun/Yaoundé : Un policier au tribunal pour trafic d’espèces sauvages


Alwihda Info | Par - 20 Août 2019 modifié le 20 Août 2019 - 06:12

Arrêté en mai dernier pour trafic de produits dérivés d'espèces sauvages, un agent de police doit comparaître devant le Tribunal de Première Instance de Yaoundé-Ekounou le 27 août 2019 pour répondre des accusations portées contre lui.


Produits de la faune saisis entre les mains du policier.
Produits de la faune saisis entre les mains du policier.
. Le policier basé à Garoua a été arrêté à Yaoundé pour abattage et trafic de produits de la faune dans le parc national de Bouba Ndjida. Il a été retrouvé dans sa chambre d'hôtel à Odza, un quartier de Yaoundé, en possession d’une défense d’ivoire, d’une peau de léopard et de cinq crânes de lion. Il s'agit de la quatrième audience de l'affaire qui n'a pas pu se poursuivre le 23 juillet 2019, date à laquelle le procès a eu lieu pour la dernière fois. Ceci en raison de la mutinerie qui s'est produite à la prison de Kondengui à Yaoundé et qui a empêché les gardiens de prison de le faire comparaître devant le tribunal. Le suspect est accusé de possession illégale de produits de la faune, en violation de la loi de 1994 sur la faune qui régit ce secteur.
Des enquêtes antérieures indiquent qu'il est soupçonné de trafic de faune sauvage à son poste au parc national Bouda Ndjida. Il était responsable de la sécurité et de la protection de la faune dans la zone de chasse 12 entourant le parc. Lors de son arrestation, il s'est violemment opposé et a tenté de donner des ordres aux gendarmes. L’arrestation a été effectuée par la délégation départementale du Centre de la Forêt et de la Faune, en collaboration avec la brigade de gendarmerie d’Odza. Un organisme de soutien à l'application de la loi sur les espèces sauvages connu sous le nom de LAGA a fourni un soutien technique pendant l'opération.
Le parc de Bouba Ndjida a été sur la sellette dès 2012 lorsque des braconniers soudanais l'ont rasé avec des armes 47 et des grenades propulsées par fusée, tuant des centaines d'éléphants en l'espace de deux mois afin de récupérer leurs défenses. Le monde a pris conscience de la triste réalité et le gouvernement a réagi en cantonnant l'armée dans le parc le plus diversifié du pays. Ce parc abrite plusieurs espèces d'animaux sauvages, notamment des lions, des éléphants, des girafes, des hippopotames, des élans de Lord Derby et plusieurs autres espèces d'antilopes emblématiques.
Il convient de noter que s’il est reconnu coupable, le policier risque de voir sa peine doublée car selon la loi. En effet, quiconque est trouvé en possession de parties d’une espèce protégée est passible d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 3 ans, et jusqu’à 10 millions de FCFA. Elle est doublée si l’accusé est un agent de la force publique. Cette arrestation dénote un problème de conservation difficile dans le pays et pose de nouvelles questions sur la manière de sécuriser les parcs sans la présence de l’armée et d’autres agents de la force publique qui n’ont tout simplement pas été formés à de telles fonctions.