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AFRIQUE

Cameroun : six trafiquants d’écailles de pangolins arrêtés à Douala


Alwihda Info | Par - 24 Août 2018 modifié le 24 Août 2018 - 18:09

Ils appartiennent à un réseau établi dans des pays d’Afrique centrale, dont le Cameroun, la République démocratique du Congo, la République centrafricaine et le Nigeria et ayant des liens avec le Vietnam.


Les 700kg d’écailles de pangolins à la délégation régionale du ministère des Forêts et de la Faune à Douala.
Les 700kg d’écailles de pangolins à la délégation régionale du ministère des Forêts et de la Faune à Douala.
Un réseau international de trafiquants d’écailles de pangolins a été démantelé le 18 août 2018 à Douala, avec l'arrestation de six présumés trafiquants en possession plus de 700 kg d'écailles de pangolins. L'arrestation a été menée par la délégation départementale des Forêts et de la Faune du département du Wouri, en collaboration avec la police judiciaire et les autorités judiciaires. L'opération a été effectuée pendant que les trafiquants tentaient de vendre les écailles de pangolin saisies. L’organisation non gouvernementale (Ong) dénommée LAGA a apporté une assistance technique au cours de cette opération. La première audience de l'affaire a eu lieu le 24 août dernier. Trois des trafiquants arrêtés qui avaient été précédemment libérés sous caution ne se sont pas présentés au tribunal. Étant donné que, deux d’entre eux sont de nationalité centrafricaine, il est fort probable qu’ils se soient déjà échappés.
Quelques jours avant l'opération, l'un des trafiquants a envoyé un camion contenant des écailles depuis Bangui. Ce camion est arrivé à Douala peu de temps après l’entrée de ce dernier dans la ville portuaire. Ces écailles de pangolin ont ensuite été conduites dans un quartier de la ville, où une transaction illégale était sur le point d’être réalisée. Heureusement que la police est arrivée sur les lieux de la transaction à temps et les six trafiquants ont été arrêtés. L'un d'entre eux a voulu s'échapper mais il s'est rapidement ravisé. Le réseau qui est réparti dans trois pays d’Afrique centrale, dont le Cameroun, la République démocratique du Congo, la République centrafricaine et le Nigéria, a des liens avec le Vietnam. L'un des six détenus est originaire de la République centrafricaine, tandis que les autres sont camerounais.
Exportation illégale
Le modus operandi du réseau consistait à acheter des écailles aux petits trafiquants au Cameroun, en République centrafricaine et en République démocratique du Congo (RDC) afin de les exporter au Nigeria via le Cameroun. La plupart des 700 kg d'écailles de pangolins géants proviennent de la RDC où le réseau bénéficie de la couverture de l’élite dirigeante. Lorsque les écailles arrivent au Nigeria, elles sont amassées pour l'exportation illégale. L'opération qui a abouti à la saisie de 718 kg d'écailles de pangolin a été menée avec l’assistance technique de LAGA qui aide le gouvernement dans la lutte contre la criminalité faunique et la mise en application effective des lois sur les animaux sauvages dans le pays.
Ces suspects sont également impliqués dans le trafic des cornes de rhinocéros et des trophées de lion. Membre du réseau l’EAGLE, l’Ong LAGA poursuit ses enquêtes à ce sujet. Le Cameroun a disposé au même niveau les trois espèces de pangolins dans la classe des espèces sauvages intégralement protégées à la suite de la COP CITES 2016 classifiant toutes les espèces de pangolins dans son annexe I. La sous-région Afrique centrale est considérée comme un centre d'approvisionnement en écailles de pangolins qui sont exportées principalement vers les pays asiatiques. Au fil des ans, plusieurs tonnes d'écailles de pangolin ont été saisies dans des villes asiatiques en provenant d’Afrique centrale.
Il convient de noter qu'en janvier 2017, deux ressortissants chinois ont été arrêtés avec plus de 5 tonnes d'écailles de pangolin qui étaient sur le point d’être exportées illégalement. Le gouvernement intensifie ses efforts pour faire appliquer la loi faunique adopté en 1994. Et l’an dernier, il a brûlé près de 3 tonnes d’écailles de pangolin saisies lors des opérations coup de poing. Il y a un nouvel élan au ministère de la Forêts et de la Faune dans la lutte contre les crimes sur les espèces sauvages depuis la nomination d'un nouveau ministre à la tête de ce département.