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ANALYSE

Centrafrique : Les coulisses de la Présidence Séléka


Alwihda Info | Par Berceau BANTOUS (Auteur libre) - 30 Octobre 2013


« Le sage a droit à tout ce que sa raison lui dicte. L’ignorant a droit à tout ce que ses tendances déraisonnables convoitent : le chat n’est pas tenu de vivre d’après les lois du lion ». Il en va ainsi du déchaînement effréné sans lisibilité de la rébellion séléka qui va conquérir le pouvoir politique de l’Etat pour enfin se retrouver dos au mur ne sachant plus à quel saint se vouer que d’enfoncer le pays dans un chaos sans précédent avec son cortège de tuerie en série, des viols, des déportations et tortures extra judiciaires. Cette rébellion a drainé dans son sillage, une horde de mercenaires tchado soudanais d’obédience jihadistes. Derrière cette cohorte des sanguinaires, il y’a la main tutélaire du président tchadien Idriss Deby Itno qui est devenu de facto, faiseur de loi et donneur de leçon de ce qui est de la destinée de la République Centrafricaine. Voilà la réalité. N’en déplaise aux griots et thuriféraires comme Hassane Sylla et autres qui continuent de nier l’implication éhontée de leur maître dans les affaires centrafricano-centrafricaine.

A l’heure où nous mettons sous presse cet article, Idriss Deby a envoyé de colonnes de véhicules militaires armés jusqu’aux dents et habillés en tenu FOMAC qui ont prit position dans divers endroit. Six véhicules de militaires tchadiens drapés des attributs Fomac montent en faction au niveau de Bohong pour sauver le bateau Séléka qui risque de chavirer. Cette pratique s’est incrusté dans les habitudes de Deby, Djotodjia et le commandement Fomac de l’époque qui ont habillé les séléka en tenue Fomac et de faciliter ainsi leur entrée sur Bangui.

Nous en appelons donc au nouveau Haut Commandement de la Mission de Sécurisation de Centrafrique (MISCA) de doubler de vigilance pour que de telle pratique ne puisse se perpétuer. Puisque les complices de cette mascarade sont encore là.

Nous prenons également à témoigne la communauté internationale, à savoir le conseil de sécurité des Nations Unies, la présidence de l’Union Africaine d’enjoindre au président tchadien de cesser son immixtion dans le problème centrafricain en y entretenant la flamme du désordre ;

Par cette pratique ubuesque, le président tchadien s’est mis en porte à faux avec l’esprit sacro saint de la charte régissant la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC) en se constituant juge et partie .Par conséquent, il n’est plus habileté à assurer la présidence de cet espace communautaire.

Au-delà du constat établi de l’incompétence notoire de Djotodia de présider au destiné du pays, il persiste et signe qu’il ne va abdiquer. C’est ainsi que lors d’une réunion de crise tenue en vase clos au palais présidentiel avec ses « officiers d’opérette et soldatesques» le vendredi 25 Octobre 2013,il n’y est pas aller avec le dos de la cuillère pour porter un doigt accusateur sur la France qu’il qualifie d’être à l’origine de cette fatalité qui s’abat sur son régime.

Devant l’élan insurrectionnel entretenu par les jeunes constitués en auto défenses (anti balaka) outrés et exaspérés des exactions perpétrés sur la population d’une part, ainsi que de la victoire héroïque remportée à chaque fois face au tandem de l’axe du mal Deby – séléka d’autre part, a mis ces derniers à bout de souffle dans une situation inconfortable.

Il ressort de cette réunion à huis clos, un plan de liquidation physique des leaders politiques qui hier était de mèche avec seleka, mais qui se ravisent aujourd’hui pour ramer à contre courant. Unanimement, ils ont promis qu’en cas de défaite, le pays sera mis à feu et à sang. La machine séléka a également inscrit dans son agenda funeste, un plan d’extermination de personnes supposées être proches de l’ancien régime, ainsi que de certains leaders d’opinion.

C’est dans cette optique d’installer le désordre qu’il a fait incorporer à la va vite en toute discrétion et illégalité trois mille quatre cent trente sept (3437) éléments Séléka dans les Forces Armées Centrafricaines (FACA) avec des grades qu’ils se sont arrogés. Or l’incorporation au rang des forces de défense et de sécurité implique une formation à la base et une charge budgétaire conséquente selon l’orthodoxie financière imposée par les institutions de Breeton Woods.

Berceau BANTOUS
(berceaubantous@gmail.com)