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AFRIQUE

Centrafrique : un rapport s'inquiète des discours de haine et d’incitation à la violence


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 11 Décembre 2020

En RCA, divers acteurs ont recours aux discours de haine et d’incitation à la violence, selon un rapport conjoint de la MINUSCA et du HCDH.


Le rapport conjoint sur l’incitation à la haine et à la violence en République centrafricaine pour la période 2017 à 2020 lancé ce 11 décembre 2020 par la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’homme (HCDH) relève le recours aux discours de haine et d’incitation à la violence et autres situations assimilées par divers acteurs.

La MINUSCA et le HCDH estiment que ces discours et autres situations assimilées sont des facteurs de menace pour la paix et pour la protection des populations civiles. Le rapport met en évidence quelques cas emblématiques extraits de données collectées par la Division des Droits de l’Homme (DDH) de la MINUSCA, par un suivi régulier des médias papiers et digitaux ainsi que les réseaux sociaux.

Le rapport observe que divers acteurs ont recours aux discours de haine, notamment les médias, les acteurs politiques, les groupes armés, les leaders religieux et les organisations ou individus de la société civile. Dans la plupart des cas, ces messages ciblent des communautés et/ou confessions, contribuant à alimenter ou à raviver les tensions intercommunautaires et provoquant des violences, y compris des meurtres. Le rapport a également documenté des cas de stigmatisation à l’égard du personnel international, notamment de la MINUSCA. Le rapport vise aussi à sensibiliser sur l’impact négatif de la diffusion de discours de haine sur la protection des droits de l’homme, la cohésion sociale et la paix.

Il résulte des résolutions 2399 (2018), 2454 (2019) et 2552 (2020) du Conseil de sécurité des Nations Unies que les individus ou entités qui commettent des actes d'incitation à la violence, ou se livrent ou soutiennent de quelque manière que ce soit de tels actes s’exposent à des sanctions. En outre, ces résolutions requièrent de la MINUSCA une assistance au groupe d'experts du comité des sanctions du Conseil de Sécurité sur la République centrafricaine, dans la collecte d’informations concernant de tels actes.

Les discours de haine et d’incitation à la violence ont contribué à exacerber les crises violentes successives ayant affecté le pays depuis 2013. La MINUSCA et le HCDH observent que la persistance de cette tendance pourrait alimenter les tensions et les violences dans ce contexte électoral.

La MINUSCA et le HCDH exhortent tous les acteurs concernés - gouvernement et autres acteurs politiques, leaders religieux, société civile et médias - à prévenir davantage et combattre l’incitation à la haine et à la violence, notamment en cette période sensible.

La MINUSCA et le HCDH sont déterminés à appuyer les initiatives de l’État et des acteurs nationaux dans la prévention et la lutte contre les discours de haine et d’incitation à la violence.

La MINUSCA tient à rappeler qu’elle ne ménagera aucun effort en appui aux autorités centrafricaines afin que les auteurs, instigateurs et complices de messages de haine et d’incitation à la violence soient poursuivis et traduits devant les juridictions compétentes.