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INTERNATIONAL

Chine : le procès d'un défenseur des droits sous haute surveillance


Alwihda Info | Par AFP - 26 Décembre 2018 modifié le 26 Décembre 2018 - 14:25


Le militant Yang Chunlin (c) crie son soutien à Me Wang Quanzhang devant le tribunal de Tianjin où se déroule le procès de l'avocat, le 26 décembre 2018 en Chine / © AFP / Nicolas ASFOURI
Le militant Yang Chunlin (c) crie son soutien à Me Wang Quanzhang devant le tribunal de Tianjin où se déroule le procès de l'avocat, le 26 décembre 2018 en Chine / © AFP / Nicolas ASFOURI
Des dizaines de policiers, deux interpellations et des proches interdits d'accès: le procès d'un avocat chinois spécialisé dans la défense des droits de l'homme s'est ouvert mercredi sous haute surveillance.

Au moins une cinquantaine de policiers bloquaient l'accès au tribunal de Tianjin (nord), où avait lieu le procès pour "subversion" de Wang Quanzhang, a constaté une journaliste de l'AFP. Certains ont expliqué que le procès n'était pas ouvert au public.

La tenue même du procès de l'avocat, dont le cas a ému plusieurs capitales occidentales, n'avait pas été confirmée officiellement.

Me Wang est le dernier d'un groupe d'environ 200 défenseurs des droits de l'homme arrêtés en juillet 2015 qui n'avait encore été ni jugé ni libéré. La date de son procès a été annoncée par son épouse la veille de Noël.

Me Wang, 42 ans, a défendu des militants politiques, des membres de la secte interdite Falungong et des paysans dépossédés de leurs terres.

Il a été formellement inculpé de subversion en janvier 2016 - passible d'une peine de prison à vie, a souligné l'organisation Amnesty International qui dénonce une "mascarade cruelle" et un "faux procès". 

"Wang Quanzhang est persécuté pour avoir pacifiquement défendu les droits de l'homme", a déclaré Doriane Lau, d'Amnesty International dans un communiqué, en rappelant qu'il a déjà été "détenu plus de trois ans sans que sa famille sache jusqu'à récemment s'il était vivant".

Des sept personnes condamnées après le coup de filet de juillet 2015, le plus lourdement sanctionné a écopé de huit ans de prison il y a tout juste un an, le 26 décembre 2017.

A Tianjin, devant les journalistes tenus à l'écart du palais de justice, un homme a dénoncé d'une voix forte les poursuites contre Me Wang, avant d'être poussé dans une voiture par des policiers en civil.

"Vous avez arrêté un érudit que les gens n'ont même pas le droit de voir. C'est du fascisme", a lancé l'homme, qui a dit s'appeler Yang Chunlin, avant son interpellation. "Les Chinois ne doivent plus vivre dans la peur, nous devons lutter contre l'oppression et faire preuve de courage", a-t-il crié.

Yang Chunlin est un contestataire qui avait été condamné à de la prison en 2008 pour avoir fait circuler une pétition contre l'organisation des jeux Olympiques de Pékin la même année.

Plus tôt, un manifestant porteur d'une pancarte "Libérez l'innocent Wang Quanzhang" avait également été interpellé, a déclaré un témoin à l'AFP.