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AFRIQUE

Conflit de Boko Haram : 10 ans plus tard, la misère pour des millions de personnes


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 23 Juillet 2019 modifié le 23 Juillet 2019 - 07:18

Dix ans après le début d'une insurrection violente dans le nord-est du Nigeria, les conditions de vie des personnes déplacées continuent de se détériorer à un rythme alarmant en raison d'installations inadéquates et surpeuplées. Le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) appelle à redoubler d'efforts pour améliorer leurs conditions de vie et prévenir une épidémie imminente de choléra.


Des repentis de Boko Haram le 31 mars 2018 au Lac Tchad. © CEDPE
Des repentis de Boko Haram le 31 mars 2018 au Lac Tchad. © CEDPE
Dix ans après la première attaque lancée par le groupe armé Boko Haram, plus de deux millions de personnes sont toujours déplacées de leurs foyers dans le nord-est du Nigeria, soit le nombre le plus élevé jamais enregistré au cours de la dernière décennie.

"Chaque semaine, les gens continuent de fuir la violence et l'insécurité dans le nord-est du Nigeria. Beaucoup s'installent le long des routes ou sur des bandes de terre vides, dépourvues d'installations sanitaires et de points d'eau adéquats", explique Eric Batononon, directeur de pays au Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) au Nigeria. 

Des centaines de milliers de personnes vivent dans des sites de déplacement surpeuplés, bien en deçà des normes internationales minimales et sans accès adéquat aux latrines et à l'eau potable. Certains ont érigé des abris faits de bâtons de bois et de morceaux de tissu déchiré. Ces abris improvisés n'offrent aucune protection contre le vent ou la pluie et n'offrent pratiquement aucune intimité ou sécurité. Beaucoup n'ont même pas de porte, ce qui rend les femmes, les hommes et les enfants très vulnérables aux intrusions et aux attaques.

Plus de 180 000 personnes ont actuellement besoin d'un abri dans l'État de Borno. Beaucoup dorment à la belle étoile ou dans des maisons de fortune déplorables.

Alors que la saison des pluies commence, les craintes d'une autre épidémie mortelle de choléra se profilent à l'horizon.

L'an dernier, 10 000 cas de choléra ont été confirmés et 175 décès ont été enregistrés, bien que le chiffre réel ait probablement été beaucoup plus élevé.

"Les Nigérians ont besoin d'un chemin sûr pour rentrer chez eux et de meilleures conditions de vie dans l'intervalle. Les sites de déplacement sont dangereux, chaotiques et totalement inadaptés aux enfants. Il est essentiel de décongestionner ces sites surpeuplés, de fournir aux personnes qui ont été forcées de fuir des installations sûres et dignes et de prévenir une autre épidémie mortelle de choléra ", ajoute M. Batonon.

Le NRC demande aux pays donateurs d'accroître leur soutien financier pour venir en aide aux familles qui tentent désespérément de survivre dans l'une des régions les plus instables du monde. 

"Dix ans plus tard, il est pénible de voir des familles encore entassées dans des abris de fortune avec des systèmes de drainage inadéquats pour évacuer l'eau de pluie. La communauté humanitaire mondiale, les autorités locales et nationales doivent faire beaucoup plus et beaucoup mieux pour améliorer la vie de ces personnes ", déclare M. Batonon.

Il conclut en soulignant que "le monde doit intensifier l'aide humanitaire et envoyer un message d'espoir aux plus de sept millions de personnes qui ont besoin d'une aide humanitaire dans le nord-est du Nigeria. Après une décennie de conflit, nous devons leur montrer qu'ils n'ont pas été oubliés."