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ANALYSE

Congo/Politique : l'opposant Mathias Dzon fait du nihilisme une option politique


Alwihda Info | Par Arcy Akambo - 11 Septembre 2014

Devenu porte-voix des opposants au pouvoir de Brazzaville, le magazine Afrique Education, a accordé la parole à Mathias Dzon. Dans une interview publiée dans sa livraison n° numéro 398, du 1er au 15 septembre 2014, le président de l’Union patriotique pour le renouveau national (UPRN), a plutôt brillé par une sorte de mauvaise foi, basée sur une démarche nihiliste sur l’action du gouvernement.


Congo/Politique : l'opposant Mathias Dzon fait du nihilisme une option politique
Le magazine Afrique Education s’est choisi un rôle : canal par excellence où passent toutes les attaques contre le pouvoir de Brazzaville. Pendant plus d’un mois, ce magazine a servi de tribune, à l’ancien ministre congolais de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, André Okombi Salissa. Il s’en est saisi pour traiter de tous les noms le pouvoir en place, qui l’a pourtant façonné, en faisant d’un diplômé sans emploi qu’il était, ministre pendant quinze ans.

Maintenant, Afrique Education a ouvert ses colonnes à un autre ancien ministre de Sassou, lui aussi, devenu opposant pour la circonstance. Il y règle les comptes à Denis Sassou N’Guesso qui l’a viré de son gouvernement : Mathias Dzon, ministre de l’économie, des finances et du budget de 1997 à 2002 et ancien directeur national de la BEAC pour le Congo, de 2003 à fin 2008.

Au-delà, des problèmes particuliers qui pourraient exister entre les deux hommes politiques, certains observateurs de la vie politique nationale demeurent tout de même sidérés de la démarche politique de Mathias Dzon.

En effet, pour lui, l’opposition doit nier toutes les actions du pouvoir, à défaut de les peindre toutes, en noir. C’est une démarche totalement différente et contraire de celle des autres leaders de l’opposition, dont certains appartiennent à des formations politiques ayant des représentants à l’hémicycle. Ceux-là mettent un bémol dans leurs critiques, en reconnaissant que quelque chose se fait dans le pays. Mais sans doute pas de la façon la plus appréciée par tous les Congolais, estiment-ils. Voilà l’opposition constructive qui peut permettre à un pouvoir quel qu’il soit de rectifier le tir, pour le bien collectif.

Or, la démarche de Mathias Dzon est de tout nier sur son passage, simplement, parce qu’il n’est pas au gouvernement. C’est à croire qu’il devient volontairement aveugle : il ne voit pas ce que tous les autres Congolais voient et admirent. Alors que son journal-relai l’interroge sur les chantiers en cours au Congo, il répond, sans gêne : « les congolais ne connaissent pas ces chantiers-là ».

Originaire du département des Plateaux, Mathias Dzon qui par gêne n’est pas allé à la fête de l’indépendance à Djambala en 2013, n’a jamais vu comment ce département s’est transformé. C’est l’occasion de l’informer qu’il lui suffit de faire un bref voyage dans son département pour constater qu’en matière d’infrastructures de base, l’aéroport de Djambala est une réalité palpable, la route Djambala-Lekana figure bien parmi les 7500 kilomètres de route aménagées et en cours d’aménagement sur l’ensemble des 18.000 kilomètres de réseau routier ; que l’eau potable et le courant sont une réalité vécue à Djambala aujourd’hui et qu’en matière d’éducation, le lycée de Djambala figure parmi les nouveaux lycées d’enseignement général construits au Congo. Et, en deux ans (2012-2013), 315 nouvelles salles de classes construites et 162 réhabilitées sur l’ensemble du territoire national.

Alors que dans son message sur l’état de la Nation 2014, le président de la République cite trois (03) amphithéâtres d’une capacité totale d’accueil de plus de 4000 places construits ces deux dernières années, à Brazzaville, faisant preuve de cécité politique, Mathias Dzon affirme comme un étranger qu’en «en 45 ans, il ne s’est ajouté qu’un seul amphithéâtre de 600 places… ».

Il est vrai que beaucoup de choses restent encore à faire, dans le domaine de l’éducation mais, on ne devient pas partisan du pouvoir en reconnaissant que quelque chose se fait.

En fait, il est normal que le président de l’Uprn ne voit rien, même dans son département. Il n’attend que les élections pour aller semer le trouble chez lui, comme en 2012. Parce que Mathias Dzon est connu pour lancer des appels au boycott du recensement administratif de la population et des élections, même quand il y est candidat. Le problème c’est que quand il échoue, il crie au voleur, pour nier, comme à son habitude, les appels qu’il a précédemment lancés.

De même qu’en 2009, alors candidat à l’élection présidentielle, il bat campagne contre la constitution actuelle : elle ne promouvait pas la démocratie et ne protégeait pas les droit de l’homme…, selon lui. D’où dès son accession au pouvoir, il devait la changer.

Mais, aujourd’hui, il devient, comme par accident, le défenseur de la même constitution. Il peut choisir le nihilisme comme option politique pour donner à Afrique Education les raisons de se satisfaire de son rôle. Mais, il est certain qu’il n’a jamais séduit les Congolais qui le connaissent bien, comme leur poche. C’est pour cela qu’ils ne lui ont jamais accordé leur confiance chaque fois qu’il la leur demande.

Mathias Dzon ne s’est pas empêché de dire que «Tout ce qui touche la vie des Congolais, au quotidien, ne va pas du tout ». Faisant mal sa comptabilité en tant qu’économiste, il y a lieu de lui rafraichir la mémoire. En 2013, l’emploi hors secteur informel a progressé de 6,4 % dont 10% pour les emplois permanents.

On peut, alors, aisément constaté que Mathias Dzon fait désormais la politique de science-fiction, en maniant un discours trop déconnecté de la réalité d’un pays qu’il aspire diriger, laissant croire aux esprits faibles qu’au Congo, il n y a jamais eu une vraie politique l’éducation nationale et de construction des hôpitaux dans chaque département. Pour l’information, de président de l’Uprn et de son magazine univoque, le CHU de Brazzaville dispose d’une unité neurovasculaire et d’un centre d’IRM nouvellement acquis. Contrairement aux affirmations gratuites de Mathias Dzon qui croit savoir qu’il «manque, de tout, dans cet hôpital… ».

De tout de même, la cécité politique de Mathias Dzon n’empêche pas aux autres de voir ce qu’il fait et de ce qu’il a déjà fait. En effet, Mathias Dzon qui s’érige en donneur de leçons de démocratie est pourtant président avis de l’Uprn, avec une dictature imposée sous son règne au front des partis de l’opposition qui a fini par tirer sa révérence.

Il est nommément cité dans l’affaire de grande escroquerie jamais connue au Congo dite affaire « Salut Humberto Brada ». L’environnement bancaire qu’il laissé sous perfusion est rayonnante aujourd’hui. Moralité : Mathias Dzon veut briller. Mais, «tout ce qui brille n’est pas de l’or» !