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INTERNATIONAL

Derrière la communauté internationale


Alwihda Info | Par Rodrigue Joseph Prudence MAYTE - 24 Juillet 2013


                                         Incroyable mais vrai…Il est facile de donner une approche définitionnelle exacte de la communauté internationale mais difficile d’illustrer son côté pragmatique qui rime en réalité avec  le concept. Quel contraste saisissant ! On se croirait dans une fange ou la théorie et la pratique s’entrechoquent avec à la clé un distinguo palpable. Ce n’est pas du tout la faute des grands décideurs contemporains, si la communauté internationale est partie du mauvais pied…Elle est née d’ailleurs avec une cuillère d’argent dans la bouche mais on s’en étouffe parfois. Il n’est de secret pour personne que la Société des Nations (SDN) a vu le jour au lendemain de la guerre mondiale dans l’unique but de promouvoir la paix. L’historicité de la brume mondaine démontre que l’Organisation des Nations Unis (ONU) est l’émanation de cette Société des Nations. Loin d’être une simple histoire, de plus en plus des polémistes s’interrogent sur l’efficacité de cette structure qui semble entretenir des foyers de tensions plutôt que de les éradiquer.
 
                                       En plus de cette structure faîtière de la mondanité, on est en phase régulièrement avec des concepts savamment distillés dans la nature par les esprits brillants du système onusien tels que : globalisation, mondialisation, bonne gouvernance, résolution des conflits, maintien de la paix etc…Sans oublier bien sûr le concept qui fait l’objet de notre analyse à savoir la communauté internationale. Certes ! Ce terme est en réalité trop simple à définir mais il donne quand même le tournis dans son applicabilité. A priori, il apparaît aux nombreux insatisfaits des crises à répétition comme un pacificateur raisonnable. Cependant, il suffit un peu de « googliser » afin de scruter dans les moindres détails, les méandres désopilantes de la communauté internationale. Doit-on rappeler que la communauté internationale a non seulement effectué plusieurs missions de maintien de paix en Bosnie, à Kossovo, en Irak, en Afghanistan, en Somalie, au Rwanda, en République Démocratique du Congo, au Soudan, au Tchad, au Mali, en Centrafrique mais continue également de stationner plusieurs forces multinationales pour la résolution des conflits  dans certains pays.
 
                                Là ou le bât blesse, ces différentes missions semblent plutôt empoisonner la situation que de la solutionner. De nos jours, de plus en plus des voix s’élèvent pour fustiger la méthode et l’inertie de la communauté internationale. Certains analystes demeurent réfractaires à l’engagement pour le maintien de la paix ou la résolution de conflit de la communauté internationale dans certains pays en crise. D’autres restent purement et simplement dubitatifs sur cette communauté internationale qu’ils qualifient de tous les mots d’oiseaux. Ils estiment que derrière la communauté internationale se cache la stratégie de la mise sous tutelle de plusieurs pays en conflit et le business de plusieurs  lobbyings pour la vente des armes et autres. D’autres encore pensent que la communauté internationale gagnerait plus en conflit qu’en paix…Elle attise le feu et joue in fine au pompier. C’est dans cette optique que les conflits pullulent sur le terrain comme les sauterelles déambulent dans l’air. Quasiment tous les analystes reconnaissent que seul le président Kagamé du Rwanda a compris les faiblesses de cette communauté internationale. C’est pourquoi il décida de mettre à la porte toutes les forces multinationales de son pays et il faut admettre que très peu de temps plus tard le Rwanda est devenu un pays très convoité.
 
                                     Bien évidemment, le Tchad a adopté la même attitude en mettant fin à la fameuse mission onusienne du MINURCA et il semblerait que les choses se passent à merveille pour ce pays. De prime abord, on sait que la communauté internationale a fait un flop dans plusieurs pays. Il est d’une évidence absolue que depuis 1996, la Centrafrique est sous tutelle de la communauté internationale jusqu’à nos jours. De la mission interafricaine de surveillance des accords de Bangui (MISAB), le pays se retrouve avec la même force multinationale sous une autre dénomination en occurrence la FOMAC sans qu’il y’ait une paix certaine et durable. A fortiori, depuis la présence de ces forces multinationales en 1996, il en ressort plusieurs soubresauts,  coups d’états, des rébellions à répétition…Curieusement, le Bonuca se pérennise et devient Binuca confirmant l’expression que le malheur des uns fait le bonheur des autres. Diantre ! Depuis l’éviction de l’ancien président BOZIZE le 24 Mars 2013, le peuple centrafricain vit un moment le plus atroce de son histoire et la communauté internationale semble aux abonnés absents.
 
                                        Ce qui est écœurant, les ex rebelles tuent la gente masculine et féminine à tout va sans qu’il y’ait une réaction musclée de la part de la communauté internationale alors que le Chapitre 7 de la Chartre des Nations Unis lui donne toutes les prérogatives nécessaires. Même lorsque les journaux internationaux tels que la Croix et Ouest France décrient les clameurs du peuple centrafricain complètement exténué, on s’indigne toutefois du silence assourdissant de la communauté internationale. Patatras ! On est en face d’une communauté internationale couarde, qui ne bouge qu’en fonction des intérêts du pouvoir en place. Ce qui est sûr, lorsque la Centrafrique ne traitait par le passé qu’avec la France, son partenaire historique, on n’a jamais frôlé une telle fébrilité déclamatoire. Par ailleurs, si la France ne s’était pas levée, le Mali ne connaîtra jamais la paix. Seulement, on espère que les forces multinationales ne vont pas gâcher le travail de prince que les forces françaises ont effectué dans ce pays. Il est temps que la communauté internationale redouble de finesse car sa pratique dégoutte et désaffectionne de plus en plus les esprits brillants.

Chronique de Rodrigue Joseph Prudence MAYTE