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Des colons expulsés manu militari à Hébron


Alwihda Info | Par Abdel Ahmat - 4 Décembre 2008 modifié le 4 Décembre 2008 - 22:25

L'armée israélienne a évacué quelque 250 ultranationalistes de la «maison de la discorde», devenue un symbole des tensions entre les colons et les Palestiniens. La violence s'est rapidement propagée dans d'autres villes de Cisjordanie.


Des colons expulsés manu militari à Hébron
L'armée israélienne a évacué quelque 250 ultranationalistes de la «maison de la discorde», devenue un symbole des tensions entre les colons et les Palestiniens. La violence s'est rapidement propagée dans d'autres villes de Cisjordanie.

C'est la plus grande évacuation de colons depuis le démantèlement de l'implantation sauvage d'Amona, en février 2006. Jeudi, pas moins de 600 policiers et soldats israéliens armés de matraques et de gaz lacrymogènes ont évacué 250 colons juifs qui occupaient un bâtiment contesté à Hébron, une querelle qui était devenue l'un des principaux points chauds de Cisjordanie.

Selon les services de secours israéliens, au moins 25 personnes ont été blessées dans les deux camps au cours de cette évacuation musclée.

Selon la porte-parole de l'armée Avital Leibovitz, l'opération a pris fin en 20 minutes environ. Mais les forces anti-émeute ont ensuite dû empêcher les colons de réinvestir le bâtiment.

L'armée a ensuite déclaré toute la région de Hébron «zone militaire fermée». La violence s'est rapidement propagée à d'autres zones de Cisjordanie, où les colons ont jeté des pierres, détruit des oliveraies, brûlé des pneus et bloqué les routes : la campagne de riposte sur tout le territoire avait été organisée et devait être déclenchée dans la foulée de l'éviction de Hébron.

Des colons ont également incendié deux maisons palestiniennes, et un Palestinien a été blessé par des tirs attribués aux colons. La route principale menant à Jérusalem a également été bloquée par des militants de droite, et 11 émeutiers ont été interpellés.

Une ville toujours sous tension

Le bâtiment de quatre étages, baptisé «maison de la paix» par les colons et «maison de la discorde» par la presse israélienne, constituait une petite enclave dans cette ville toujours sous haute tension, où 500 juifs parmi les plus extrémistes vivent sous haute protection au milieu de 170.000 Palestiniens.

La ville, qui abrite le Tombeau des Patriarches, est considérée comme le lieu où repose la dépouille d'Abraham, révéré tant par les juifs que par les musulmans.

Les colons se sont installés dans cette maison de quatre étages sans autorisation en mars 2007. Le 16 novembre dernier, la Cour suprême israélienne a jugé que les colons devaient être expulsés dans les trois jours.

Le ministre israélien de la Défense, Ehoud Barak, a donné l'ordre d'intervenir après avoir tenté, au cours d'une rencontre plus tôt dans la matinée avec les dirigeants des colons, de les faire partir pacifiquement. Et Mark Regev, porte-parole du premier ministre Ehoud Olmert d'ajouter dans un communiqué : «ce qui est en jeu, c'est si Israël est un Etat de droit ou un Etat où des milices privées font la loi».

Source:
http://www.lefigaro.fr/