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Deux policiers ont été arrêtés après la mort d'un jeune en Grèce


Alwihda Info | Par Abdel Ahmat - 7 Décembre 2008


Le premier a été placé en garde à vue pour "homicide volontaire" et le second pour "complicité". La mort d'un adolescent de 15 ans, abattu par la police, provoque une vague de violences dans le pays.


Deux policiers ont été arrêtés après la mort d'un jeune en Grèce
Le premier a été placé en garde à vue pour "homicide volontaire" et le second pour "complicité". La mort d'un adolescent de 15 ans, abattu par la police, provoque une vague de violences dans le pays.

Deux policiers, dont celui soupçonné d'avoir tué un adolescent, ont été arrêtés et placés en garde à vue dimanche 7 décembre au soir, le premier pour "homicide volontaire" et le second pour "complicité", a-t-on appris de source policière.
De nombreux commerces et banques de l'avenue Alexandras, dans le centre d'Athènes, ont été brûlés ce dimanche et quatre policiers ont été blessés par des manifestants qui protestaient contre la mort la veille d'un adolescent tué par un policier.
Epaminondas Korkonéas, 37 ans, qui a tiré samedi soir trois balles dont une a atteint Andréas Grigoropoulos, 15 ans, est en garde à vue à la Direction de la Police d'Athènes, indique la même source.
Le procureur a par ailleurs lancé des poursuites "pour complicité" contre Vassilis Saraliotis, 31 ans, qui était avec son collègue dans un véhicule de police sur le lieu d'affrontements samedi soir avec un groupe de jeunes.
Le jeune homme abattu appartenait à un groupe d'une trentaine de jeunes qui avaient lancé des pierres et divers objets contre un véhicule à bord duquel se trouvaient les deux policiers.
Sorti du véhicule, Epaminondas Korkonéas avait alors fait feu en direction de l'adolescent.
La mort du jeune garçon a provoqué de vives réactions au sein de la population grecque.

Banques incendiées

Dans le centre d'Athènes, nombre de devantures des magasins et banques de l'avenue Alexandras étaient en feu dimanche soir tandis que trois policiers étaient blessés par quelque 5.000 manifestants.
Des groupes de jeunes ont brisé à l'aide de cocktails Molotov, de pierres et d'objets, des vitrines de commerces et de banques à Athènes. La police a dispersé ces manifestants à l'aide de gaz lacrymogènes.
Trois policiers ont été hospitalisés et 14 manifestants ont reçu sur place des soins pour des problèmes respiratoires, selon la même source.
Le premier bilan officiel fait état de dégâts importants sur les façades de 17 banques à Athènes et de 5 à Salonique, ainsi que d'autres commerces.

Manifestation

A Salonique, les façades des agences de la Banque Nationale de Grèce et de la banque Emporiki ont été visées par des cocktails Molotov tandis qu'une série de magasins de vêtements et des supermarchés ont été également endommagés.
Des vitres de la façade du bâtiment de la Mairie de Salonique, deuxième ville grecque, ont volé en éclats, a-t-on appris de source policière. Un véhicule de la chaîne de télévision Alpha a été incendié.
A Salonique, environ 2.000 manifestants s'étaient rassemblés sur la grande avenue Egnatia, près de la place centrale de Kamara, et se sont dirigés vers le ministère de Macédoine-Thrace, la région du nord-est du pays, où ils ont allumé des feux dans des poubelles.
Cette manifestation était organisée à l'appel de groupes de gauche et des droits de l'Homme. Les manifestants dénonçaient l'arbitraire" des policiers, scandant des slogans contre le gouvernement de droite.

Nuit d'émeutes

Dans la nuit de samedi à dimanche, dans une rue commerçante qui descend de la place Syntagma, à Athènes, plus d'une vingtaine de magasins ont été endommagés - mais pas pillés. Leurs vitrines ont été noircies par des cocktails Molotov ou carrément détruites. Dimanche matin, des pompiers tentaient encore d'éteindre l'incendie d'un bâtiment de deux étages carbonisé. Dans la rue planait encore l'odeur âcre des gaz lacrymogènes utilisés plus tôt par la police pour disperser la foule.
Un peu plus loin, rue Akadimias, l'une des principales artères d'Athènes, les émeutiers ont saccagé des arrêts de bus et des kiosques à tickets.
Des jeunes ont allumé des feux devant des banques tandis qu'une vingtaine de voitures étaient incendiées dans le centre d'Athènes, de Salonique et de Patras.
A Héraklion, chef-lieu de l'île de Crète, trois succursales bancaires ont été endommagées et des cocktails Molotov ont été lancés sur la préfecture de la Canée.
A Patras, (sud-ouest) des manifestants ont jeté des engins incendiaires sur le bâtiment abritant la Direction de la police. Un policier a été rué de coups par de jeunes manifestants et hospitalisé. De banques et des voitures ont également été incendiées dans cette ville, selon la police.

Démission refusée

Les manifestants protestent contre le gouvernement de droite de Costas Caramanlis et du ministre de l'Intérieur déchu, Prokopis Pavlopoulos. "Comme tous les Grecs, je sens une douleur profonde. Je sais que rien ne peux soulager votre douleur. Je voudrais vous assurer qu'il n'y aura aucune indulgence" pour les responsables "et que l'Etat veillera à ce que cette tragédie ne se répète pas", a déclaré le Premier ministre grec.
"La police veille et essaie d'assurer l'ordre mais ce genre d'incident isolé qui a conduit à la mort d'un jeune n'est en aucun cas justifiable", a déclaré le ministre de l'Intérieur. Il a ordonnée une enquête dont trois procureurs sont chargés.
Il a appelé les groupes de défense des droits de l'homme et les organisations de gauche qui manifestent à ne pas se livrer "à des actes extrêmes".
Dans la nuit de ce samedi, le ministre de l'Intérieur et le secrétaire d'Etat de son ministère, Panayotis Hinofotis, avaient présenté leur démission au Premier ministre Costas Caramanlis, qui les a refusées.
Le parti socialiste (Pasok - opposition) a condamné la mort de l'adolescent, comme tous les partis de gauche, en en imputant la responsabilité "aux dirigeants politiques et à la police".
Le chef du commissariat d'Exarchia et les deux policiers impliqués dans l'incident ont été suspendus, selon l'Agence de presse d'Athènes.

"Terrorisme d'Etat"

Au petit matin, quelques-uns d'entre eux étaient encore présents, le visage masqué. A deux pâtés de maisons étaient postés des policiers anti-émeutes, armés de boucliers et de masques à gaz. La rue était coupée par une barricade en flammes.
Les émeutes qui ont commencé samedi soir à Athènes ont vite gagné Thessalonique, la deuxième ville de Grèce, puis au moins cinq autres villes de province. Les protestataires semblent avoir coordonné leurs mouvements grâce à des sites internet, où étaient mis en ligne des appels à se rassembler à des endroits précis ou encore des slogans tels que "le terrorisme d'Etat ne passera pas". Un policier a été blessé, des banques et des voitures incendiées dimanche à Patras (ouest de la Grèce) par des manifestants.

Soutien aux demandeurs d'asile

Les forces de l'ordre grecques se préparaient à de possibles nouvelles violences ce dimanche. Depuis plusieurs jours est prévue à Athènes une marche de protestation en faveur des immigrés clandestins qui doit s'achever devant le siège de la police.
Samedi après-midi, des centaines de candidats au droit d'asile, qui faisaient la queue pour déposer un dossier, ont déclenché une émeute dans le centre-ville d'Athènes. Les troubles ont débuté lorsque les autorités ont annoncé qu'il n'était plus possible de déposer de dossier, le nombre hebdomadaire de demandes étant limité. Un homme est tombé à l'eau dans un canal dans des circonstances non encore déterminées. Blessé, il a été transféré à l'hôpital.
Furieux, des aspirants à l'asile ont commencé à incendier des poubelles et à les jeter par terre. D'autres, moins nombreux, ont lancé des pierres sur les voitures qui passaient par là. Le mouvement de colère a duré environ une heure. Un camion de pompiers a ensuite éteint les feux de poubelles.

Source:
http://tempsreel.nouvelobs.com/



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