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ANALYSE

Djibouti : Analyse de l'Accord-cadre sur le dialogue politique entre Gouvernement opposition USN


Alwihda Info | Par Comité USN Belgique - 18 Janvier 2015

Analyse sereine de l'Accord-cadre.


Devant cet unanimisme béat d’un accord signé en grande pompe dont l’objectif premier est rien d’autre que de démobiliser des militants grandement acquis à une réelle volonté de changement, le comité de soutien s’attache à ce qui doit être la priorité du moment : l’analyse sereine de cet accord. Pointant d’abord sur la forme que cet accord n’apparait nullement sur la page officiel de l’USN à l’heure de publication de cette analyse. C’est donc sur le site officiel de la présidence que nous nous sommes fournis le contenu de ces 3 pages sensés apporter le contour d’une solution à cette grave crise politique et morale (Lien : http://www.presidence.dj/jo/2014/accordgouvusn2015.php). USN A-T-ELLE PARTICIPE A LA RÉDACTION DE L’ACCORD ? Le doute est permis. Dès le préambule qui fixe les grands principes de convergence telle que l’unité, l’intégrité nationale ou encore le respect de la Constitution, nous pouvons en effet lire la reconnaissance par les deux parties des « progrès accomplis ces dernières années sur le plan du développement des infrastructures économiques et sociales de notre pays ». Comment une opposition qui ne cesse de pointer la déliquescence et à juste titre du pays peut-elle reconnaitre d’emblée les progrès significatif accomplis ces dernières années ? Des interrogations surgissent au niveau même du préambule. DES QUESTIONS PAS SI IMMÉDIATE QUE CA ! Si certains points comme le paiement rétroactif des indemnités des députés USN semblent être bien négocié, d’autres comme le « Rétablissement dans leurs droits des personnes suspendues ou licenciées » semble abandonné au bon vouloir du régime. Point d'accord : 1. Amnistie en faveur des trois religieux qui recouvrent leurs droits civiques et des membres de l'USN condamnés à compter du 23 février 2013 en vertu de cet accord cadre ; 5. Intégration des huit (8) députés de l'opposition à l'assemblée nationale avec le paiement de leurs indemnités à compter du 23 février 2013 ; 7. Réformes Démocratiques et institutionnelles immédiates. Points de désaccord : 2. Rétablissement dans leurs droits et fonctions des élus locaux s'il s'avère qu'ils aient perdus ces droits de manière illégale ; 4. Rétablissement dans leurs droits des personnes suspendues, licenciées et celles ayant subi des préjudices si ces faits sont établis ; 3. Arrêt de tout acte pouvant conduire à des situations de tensions entre les pouvoirs publics et les militants de l'opposition ; 6. Engagement des deux parties à veiller sur l'exercice de l'ordre constitutionnel, des lois, des libertés fondamentales en vue de garantir et renforcer ensemble la démocratie en République de Djibouti. "Si vous voulez enterrer un problème, nommez une commission", cette citation de Clemenceau prend malheureusement tout son sens dans le sujet qui nous occupe. Le second point déplace la négociation boiteuse entre l’USN et le président de la république de la présidence vers une commission parlementaire paritaire chargée de concevoir et d’élaborée le contenu de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) chère à l’opposition, d’un statut de l’opposition et de tracer un code de conduite de parties politiques dans un délai de 30 jours à compter de la signature de l’accord. Difficile de croire en effet au respect de ce délai de 30 jours. A moins d’un miracle, les intentions de Guelleh et particulièrement dans son dernier interview nous laisse penser que l’issu de ces points est bel et bien remis aux calendes grecque. Il est stipulé « Dès la signature de l'accord cadre, les projets de lois relatifs à la commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), au statut de l'opposition, au code de conduite des partis politiques seront conjointement discutés, conçus et élaborés par ladite commission paritaire qui transmettra dans les 30 jours ses propositions consensuelles de l'accord cadre, au Président de la République pour approbation en Conseil de Ministres et pour transmission à l'Assemblée Nationale, en vue de son adoption. » Et comme si une commission ne suffisait pas il a été décidé entre les signataires de créer d’autres commission « a court et moyen terme » pour les questions relatifs aux « reformes institutionnelles » dont notre pays a cruellement besoin et là… pas de date butoir. RECOMMANDER AUX INSTITUTIONS COMPÉTENTES Concernant la légalisation des partis politiques, une phrase « règle » le problème en suggérant je cite « Les parties à l'accord cadre conviennent de recommander aux institutions compétentes de statuer sur les requêtes de légalisation des partis politiques qui en font la demande. » Il n’est pas permis de rire ! Qui sont en effet les institutions compétentes si ce n’est le fameux ministère de l’intérieur et cette justice aux ordres ? Faut-il réexpliquer la notion d’accord qui implique un compromis acceptable pour chaque partie et la notion de rappel à l’ordre constitutionnel ? Certains ont parlé de reddition d’autres de capitulation pour ma part je fais le constat d’un statut quo celui qui prévalait avant le 22 février 2013. Les Yous Yous peuvent être bien perçants il n’en demeure pas moins que cette signature produit déjà des effets attendus par le pouvoir : une démobilisation massives des militants abasourdis et un inutile désordre mental. Dépassé, les leaders de l’USN ont fait de l’adage Jean Cocteau "Puisque ces événements nous échappent, feignons d'en être les organisateurs » une directive ! Méthode Coué oblige. Il appartient désormais à chacun de prendre connaissance de cet accord mais plus encore de se déterminer car les jours qui viennent auront besoin d’une lanterne !