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INTERNATIONAL

Dossier : Le Cameroun face à l'hémorragie de ses soldats vers le front ukrainien


Alwihda Info | Par - 16 Janvier 2026


Docks de Douala, casernes des FAC, universités russes... Les parcours de Wamba Elvis, Moluh Ndam Oumar et Kassi Christian illustrent une réalité brutale : le recrutement actif de mercenaires camerounais par Moscou. Entre promesses financières et désertions, Yaoundé voit son expertise militaire s'évaporer vers l'Europe de l'Est.


Dossier : Le Cameroun face à l'hémorragie de ses soldats vers le front ukrainien



 

L'annonce de la mort de Wamba Elvis, ancien docker au port de Douala, et de Moluh Ndam Oumar, sergent déserteur de l'armée camerounaise, vient alourdir un bilan déjà sombre. Selon les estimations, entre 180 et 190 Camerounais auraient déjà perdu la vie dans les tranchées ukrainiennes depuis le début du conflit il y a trois ans.






Des profils variés, une cible unique




Le recrutement ne se limite plus aux seuls marginaux. La Russie cible désormais une « main-d'œuvre qualifiée » au sein des Forces Armées Camerounaises (FAC). Pourquoi les soldats camerounais sont-ils si prisés ?

  • Expérience du combat : Formés contre Boko Haram et la piraterie maritime.

  • Connaissances techniques : Maîtrise de l'armement et de la tactique en milieu hostile.

  • Rigueur : Une discipline issue de la formation dans les écoles militaires nationales.




Le cas de Kassi Christian, étudiant en Russie, est particulièrement tragique. Sa famille, sans nouvelles, a découvert son décès au front après que ses camarades d'université ont placardé son avis de recherche sur le campus. Un responsable militaire russe a fini par confirmer qu'il avait rejoint les rangs pour combattre les forces ukrainiennes.





Le « réseau » : Entre miroirs aux alouettes et dollars



Selon l’Institut d’études de sécurité (ISS), un réseau de recruteurs locaux opère activement au Cameroun.

 

À titre de comparaison, ces montants représentent souvent plus de dix fois le solde d'un militaire de rang au pays.




Un péril pour la sécurité nationale du Cameroun


Raoul Sumo Tayo, chercheur à l'ISS, tire la sonnette d'alarme. Le départ de ces hommes crée un vide sécuritaire critique alors que le Cameroun est déjà engagé sur quatre fronts intérieurs majeurs :

  1. Nord : Menace persistante de Boko Haram.

  2. Est : Incursions de rebelles centrafricains.

  3. Côte : Piraterie maritime dans le Golfe de Guinée.

  4. Nord-Ouest et Sud-Ouest (NOSO) : La crise anglophone qui s'enlise.



« Le pays ne peut pas se permettre de perdre des soldats pour le bénéfice de la Russie », martèle le chercheur. Chaque désertion affaiblit la capacité de réaction des FAC face aux organisations extrémistes locales.


Bien qu’il n’existe pas encore de statistiques officielles sur les taux de désertion au sein des FAC, le phénomène est jugé "préoccupant". Le silence des autorités sur ces chiffres cache une réalité difficile : la tentation du front étranger pourrait devenir une menace plus insidieuse pour l'armée que les ennemis qu'elle combat sur son propre sol.


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Peter Kum
Peter Kum est un jeune journaliste doté d’une expérience d’une quinzaine d’années dans la collecte... En savoir plus sur cet auteur



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