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Éco-Emballages : au moins 55 millions d'euros de trésorerie menacés


Alwihda Info | Par Abdel Ahmat - 10 Décembre 2008

Alors que Nicolas Sarkozy est parti en guerre contre les paradis fiscaux, la nouvelle fait mauvais effet. Éco-Emballages, qui remplit une mission "d'intérêt général" depuis 1992, y aurait placé de l'argent destiné aux collectivités locales, selon le ministère de l'Écologie et du Développement durable. "60 millions d'euros restent à ce jour placés" dans des "paradis fiscaux" dont "l'emploi est inacceptable au regard de la morale républicaine, s'agissant de fonds publics", s'indigne-t-il dans un communiqué.


Éco-Emballages : au moins 55 millions d'euros de trésorerie menacés
Alors que Nicolas Sarkozy est parti en guerre contre les paradis fiscaux, la nouvelle fait mauvais effet. Éco-Emballages, qui remplit une mission "d'intérêt général" depuis 1992, y aurait placé de l'argent destiné aux collectivités locales, selon le ministère de l'Écologie et du Développement durable. "60 millions d'euros restent à ce jour placés" dans des "paradis fiscaux" dont "l'emploi est inacceptable au regard de la morale républicaine, s'agissant de fonds publics", s'indigne-t-il dans un communiqué.

Bernard Hérodin, le directeur général d'Éco-Emballages, a été convoqué dès mercredi pour s'expliquer. Le ministre exige que l'ensemble de la trésorerie soit replacée sur des fonds sécurisés dans les meilleurs délais et que le conseil d'administration tire rapidement "en termes de gouvernance de l'entreprise toutes les conséquences pour que ce risque ne se reproduise pas". Sous peine de suspendre l'agrément accordé à la société.

Contacté par lepoint.fr, Éco-Emballages se défend d'avoir réalisé des placements dans des paradis fiscaux, comme l'en accuse le ministère de l'Écologie et du Développement durable. "80 % de notre argent est placé sur des fonds sécurisés via des banques européennes et 20 % sont investis dans des placements plus dynamiques, via un organisme financier basé à Zurich et qui a pignon sur rue", fait valoir la société. Ce dernier placement de "55 millions d'euros" [et non de 60 millions comme l'évoque le ministère, NDLR] est toujours placé dans deux fonds "aux Pays-Bas et en Irlande". "Lors de notre conseil d'administration du 21 avril dernier, nous avons demandé de faire de retirer cet argent. Mais cela n'a pas pu être fait compte tenu de la crise financière."

411 millions d'euros distribués aux collectivités locales

Depuis 1992, Éco-Emballages, une société privée à but non lucratif, gère les contributions financières obligatoires des entreprises qui commercialisent des produits emballés destinés au grand public pour les redistribuer aux collectivités locales chargées de la collecte et du recyclage. En échange de leur participation, les entreprises peuvent apposer un "point vert" sur les emballages de leurs produits. En 2007, 47.000 d'entre elles ont versé environ 411 millions d'euros à Éco-Emballages, soit en moyenne 0,6 centime d'euro par emballage. 92,3 % des recettes ont été reversées à 1.331 collectivités locales, selon les chiffres 2007 publiées sur le site de la société.

Éco-Emballages répète avoir toujours réalisé ses placements pour faire fructifier au mieux l'argent récolté auprès des entreprises. "La situation de trésorerie d'Éco-Emballages est saine et n'engendre aucune remise en cause du respect de ses engagements vis-à-vis des parties prenantes, et notamment des collectivités locales sur les court, moyen et long termes", tente d'ailleurs de rassurer un communiqué.

Les déboires de la société Éco-Emballages "témoigne de l'insuffisance du contrôle des éco-organismes", réagit France Nature Environnement, qui regroupe la plupart des associations écologistes françaises. Le Grenelle de l'environnement avait retenu l'instauration d'une instance de régulation des éco-organismes, rappelle FNE, et le projet de loi dit "Grenelle 1" mentionnait bien dans son article 41 "une instance de régulation et de médiation sur les éco-organismes". Mais cette disposition a "purement et simplement disparu du projet de loi lorsque celui-ci est passé devant les députés", s'indigne Gaël Virlouvet, responsable déchets à FNE. Afin d'étouffer toute polémique, le ministère dit vouloir mettre en place un "renforcement du contrôle par l'État du fonctionnement de l'ensemble des éco-organismes", sans attendre le nouvel agrément devant être délivré pour fin 2010 à Éco-Emballages.

Source:
http://www.lepoint.fr/