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AFRIQUE

Frontières : décision salutaire du Cameroun pour ne pas asphyxier le Tchad


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 18 Mars 2020


Idriss Déby accueilli par son homologue Paul Biya à l'aéroport du Cameroun le 22 mai 2014. © Présidence Cameroun.
Idriss Déby accueilli par son homologue Paul Biya à l'aéroport du Cameroun le 22 mai 2014. © Présidence Cameroun.
Le Cameroun autorise l'entrée des marchandises en direction du Tchad, malgré la fermeture de sa frontière pour faire face à la pandémie de coronavirus.

Ce mercredi, le chef de l'Etat Idriss Déby s'est entretenu au téléphone avec son homologue camerounais Paul Biya pour discuter d'un allègement des restrictions frontalières.

La traversée des frontières entre les deux pays par les personnes est toutefois interdite jusqu'à nouvel ordre.

Le ministre d'Etat, ministre secrétaire général de la Présidence de la République, Kalzeubé Payimi Deubet a salué la décision du Cameroun. "C'est une préoccupation légitime pour le Tchad, pour sa population et pour les hautes autorités de la République. La décision a été prise. Nous saluons cette décision puisqu'il s'agit du problème de santé de nos populations. La santé tient l'économie en l'état", a-t-il dit.

Mercredi, les autorités camerounaises ont annoncé la fermeture des frontières terrestres, aériennes et maritimes à compter du 18 mars 2020 à partir de minuit, pour une durée indéterminée. Cette mesure vise à faire face à la propagation de la pandémie de coronavirus.

A ce jour, le Cameroun a enregistré 13 cas, a annoncé aujourd'hui le ministre de la Santé publique Manaouda Malachie.

Des impacts économiques

"L’économie mondiale en ce moment est sérieusement menacée également par la pandémie du COVID 19", a reconnu mardi la Présidence du Tchad.

Si les recettes réalisées par le trésor public en janvier, février et mi-mars 2020 tiennent le cap des prévisions, cette nouvelle donne avec le coronavirus met à mal l'économie mondiale et par ricochet celle des pays du tiers-monde, selon le secrétaire d'Etat aux Finances et au Budget, Ahmed Alkoudar Ali Fadel.

En prévision d'éventuelles baisse des recettes, le ministre d’Etat, ministre secrétaire général de la Présidence de la Présidence, Kalzeubé Payimi Deubet a instruit hier les différents ministres et leurs staffs respectifs à la mobilisation et au maintien du cap afin que les recettes dues à l’Etat soient recouvertes.

Le Tchad, un pays dépendant de ses voisins

Etant enclavé sans débouché sur la mer et avec un transport aérien quasi-inexistant, le pays dépend à 90% des ports maritimes des pays voisins comme le Nigeria, le Cameroun et le Soudan pour l’exportation de ses matières premières et l’importation des produits manufacturés. Cette situation n’est pas sans conséquence sur son économie, déjà trop dépendante des matières premières. 

D’après une récente étude de la Banque Africaine de Développement, publié en avril 2019, quelques 4.995 camions qui transitent chaque mois sur ce corridor Douala-Ndjamena versent chacun entre 3.500 et 5.500 FCFA à chaque poste et à chaque transit, soit entre 17,4 millions et 27,4 millions francs CFA par mois.

La frontière terrestre entre le Cameroun et le Tchad est une frontière continue longue de 1094 kilomètres. Les deux pays disposent de plusieurs points de passage.

Port de Kribi : le Tchad en tête des importations

Fin janvier, des chiffres publiés par le port autonome de Kribi ont révélé que le Tchad est en tête du nombre d'importations en transit au port de Kribi avec 68% des marchandises en transit.

Le Tchad importe principalement des denrées alimentaires, selon le port autonome de Kribi, mais aussi des produits industriels et sidérurgiques ainsi que des voitures. 

D'après Trade for Development News, cette dépendance signifie que le pays est vulnérable aux fluctuations des prix, ce qui peut avoir un impact démesuré sur sa population appauvrie. 

Une "façon volontariste d'agir du président Paul Biya"

Le 27 février dernier, lors de l'inauguration du Pont Bongor-Yagoua, le chef de l'Etat Idriss Déby a salué la façon volontariste d'agir du président Paul Biya lorsqu'il s'agit du Tchad, "connaissant très bien l'enclavement du pays." 

"Nous avons des relations fraternelles très, très fortes. (...) C'est grâce à lui que vous avez votre pétrole sur le marché international. Aujourd'hui, il nous offre la possibilité d'importer et d'exporter à partir de la ville de Yagoua. C'est un outil de développement. Il faut se féliciter de l'intégration qui se fait au niveau de la sous-région, l'exemple du Tchad et du Cameroun est très fort", a souligné le chef de l'Etat tchadien.