Dans le cadre de la reconfiguration brutale de l’ordre énergétique mondial, illustrée par la crise vénézuélienne, le continent africain se trouve dans une étrange posture de silence. Un mutisme qui pourrait coûter cher à des États pourtant regorgeant de ressources. Lorsque le pétrole entre en scène, la morale et le droit international se dissipent souvent derrière la loi du plus fort.
Le pétrole n'est pas qu'une simple ressource économique ; il devient un outil de domination, un levier diplomatique et parfois une justification à l’usage de la force. Le Venezuela, avec ses vastes réserves, en fait l'amère expérience. Ce qui se déroule à Caracas n'est rien d'autre qu'un épisode supplémentaire dans une longue série où les États riches en ressources deviennent des terrains de confrontation entre grandes puissances.
L'Absence de Réaction Africaine
Face à cette guerre du pétrole, l'Afrique devrait se sentir directement concernée. Le continent, regorgeant de pétrole, de gaz et de minerais stratégiques, demeure pourtant à l'écart des grandes décisions. Ses réactions restent timides, dispersées, souvent inexistantes. Il n’y a pas de front diplomatique commun, de déclarations fortes de l’Union africaine, ni d’initiatives majeures pour promouvoir une vision africaine de la souveraineté énergétique.
Les Risques du Silence
Ce silence n'est pas neutre ; il constitue une faiblesse stratégique. Accepter que la force prime ailleurs aujourd'hui, c'est accepter qu'elle puisse s'imposer demain sur le sol africain. L'histoire récente du continent démontre que les ressources naturelles attirent convoitises, pressions et déstabilisations.
Le Potentiel Ignoré
L'Afrique n'est pas sans moyens. Elle est productrice, exportatrice et incontournable sur le marché mondial de l'énergie. Des pays comme le Nigeria, l'Angola, la Libye ou le Gabon pèsent dans l'équation pétrolière internationale. Malheureusement, faute de coordination et de vision commune, ce poids reste sous-exploité. De plus, le continent continue souvent de négocier en ordre dispersé, laissant les grandes puissances fixer seules les règles du jeu.
Appel à l'Action
La guerre du pétrole actuelle devrait servir d’électrochoc. Les chefs d'État africains ne peuvent plus se permettre de discours généralistes sur la souveraineté et le panafricanisme. L'heure est à l'action concrète :
- Construire une diplomatie énergétique africaine forte et coordonnée.
- Défendre systématiquement le principe de souveraineté des États producteurs.
- Diversifier les partenariats pour éviter toute dépendance stratégique.
- Parler d’une seule voix dans les instances internationales sur les questions énergétiques.
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Géopolitique de l'énergie : L'Afrique, géant endormi ou proie stratégique ?








