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ANALYSE

Intégration à la fonction publique par voie de concours : une source d’inquiétude pour les populations tchadiennes. Au Tchad, la décision d’intégrer les agents de l’État et les nouveaux recrues à la fonction publique principalement par voie de conco


Alwihda Info | Par Khadidja Oumar Abdoulaye - 17 Janvier 2026


Au Tchad, la décision d'intégrer les agents de l'État et les nouvelles recrues à la fonction publique principalement par voie de concours suscite des inquiétudes croissantes au sein de la population. Bien que les autorités présentent ce mode de sélection comme un gage de transparence, d’équité et de mérite, beaucoup estiment que sa mise en œuvre ne garantit pas l'égalité des chances, notamment pour les agents contractuels et volontaires qui servent parfois depuis plusieurs années sans statut définitif.


Intégration à la fonction publique par voie de concours : une source d’inquiétude pour les populations tchadiennes.  Au Tchad, la décision d’intégrer les agents de l’État et les nouveaux recrues à la fonction publique principalement par voie de conco



  Amina, une enseignante contractuelle, déclare : « Je travaille depuis huit ans comme enseignante. Aujourd’hui, on me demande de passer un concours sans tenir compte de mon expérience. C’est décourageant. » Ce sentiment est largement partagé et va au-delà des difficultés matérielles, touchant également la question de la transparence des concours.
 
Un jeune diplômé s'exprime : « Le concours en lui-même n’est pas mauvais, mais il faut corriger correctement et donner les postes à ceux qui le méritent vraiment. Souvent, on a l’impression que les résultats sont déjà connus à l’avance. »

 

Les critiques sont exacerbées concernant certains concours, notamment celui de l’École Nationale d’Administration (ENA). Un candidat recalé a révélé : « Lors du concours de l’ENA, nous avons eu le sentiment que la liste des admis favorisait les enfants de familles aisées. Nous, issus de milieux pauvres, avons l’impression de ne pas être retenus. »
 
Ce sentiment d'injustice sociale renforce la méfiance envers le système de sélection. Les parents ressentent également l'angoisse du résultat des concours. Une mère explique : « Nous faisons de grands sacrifices pour les études de nos enfants. Quand ils échouent sans comprendre pourquoi, c’est toute la famille qui perd espoir. »

 

Une mère se pose des questions sur la nécessité des concours : « Les jeunes ont déjà fait des écoles, obtenu des diplômes. Pourquoi leur faire encore passer un concours ? » Elle déplore que le système ne récompense pas toujours le mérite, soulignant que certains candidats ne savent même pas sur quelles matières ils doivent composer.
 
Elle critique également le coût financier de l’organisation des concours, suggérant que cet argent pourrait être utilisé pour intégrer directement les jeunes diplômés dans leurs domaines de compétence et créer des opportunités d’emploi.

 

Face à ces préoccupations, des organisations de la société civile et des observateurs indépendants exigent des réformes inclusives. Ces réformes devraient inclure :
  • Amélioration de la transparence dans la correction et la publication des résultats.
  • Prise en compte de l’ancienneté des agents contractuels.
  • Quotas régionaux.
  • Mise en place de formations gratuites de préparation aux concours.

 

Dans un contexte où la fonction publique représente l’un des rares débouchés stables pour les jeunes diplômés, l’intégration par voie de concours doit être perçue comme juste et crédible. Sans cela, elle risque d'accentuer la frustration sociale. Pour de nombreux Tchadiens, restaurer la confiance autour des concours apparaît aujourd’hui comme un impératif national, essentiel pour l’avenir et la stabilité du pays.



Pour toute information, contactez-nous au : +(235) 99267667 ; 62883277 ; 66267667 (Bureau N'Djamena)