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ANALYSE

L’Afrique façonne-t-elle son propre système de gouvernance ?


Alwihda Info | Par - 15 Septembre 2014 modifié le 15 Septembre 2014 - 15:30


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Plus d’un demi-siècle après les indépendances, les Etats africains ne se retrouvent pas, ou du moins, tâtonnent dans les systèmes de gouvernance, surtout taillé sur mesure occidentale. Le continent noir va mal, très mal, non seulement à cause de ces multiples problèmes politico-militaires et la pauvreté chronique mais les systèmes de gouvernance qu’il a hérités ne répondent pas vraiment aux attentes de ses élites. Comme les autres parties du monde, l’Afrique ne réussit pas toujours à se plaire dans ces robes, qu’elle s’est vue contrainte de porter. Ces robes qu’elle a héritées de ses grandes sœurs, qui, elles-mêmes, ont mis du temps à les confectionner, l’ont mis mal à l’aise. La démocratie occidentale, ce système, plus ou moins imposé de façon indirecte ne colle pas avec les réalités et l’histoire africaine. Les leaders africains ont beau essayé de l’adapter au contexte, mais l’aboutissement tourne toujours au vinaigre et on revient toujours à la case de départ. Ces multiples tentatives sans succès, amènent certains chefs d’Etat africains à mettre sur pied, ce que visiblement, on croyait être de la démocratie.
 
En Afrique centrale, les cas des pays comme le Cameroun, le Tchad, la RDC et la RCA démontrent de manière pratique, l’inefficacité de la démocratie en tant que système de gouvernance en Afrique. Tous ces pays ont essayé sans succès l’adaptation du système et l’ont par souci, légèrement modifié pour éviter, les grognes diplomatiques et politiques des amis de l’autre coté de l’océan. La modification du système ne touche pas la forme, la maquette qui est supposée taper à l’œil les observateurs. Mais elle touche directement le fond. Illimitation des mandats présidentiels, avoir le contrôle sur les institutions intervenant dans les processus électoraux et faire la main-basse sur les médias publics…constituent quelques amendements apportés par les dirigeants de cette partie d’Afrique, à ce qu’on appelle la démocratie. Ainsi, les élections, au lieu d’être crédibles et transparentes, elles sont, par défaut, acceptables et la communauté internationale n’a pas d’autre choix que de les valider. Les observateurs espèrent toujours meilleur dans l’avenir. L’avenir, qui depuis un demi-siècle, reste toujours à venir.
 
En Afrique de l’ouest, c’est diffèrent et difficile à cerner. Le Nigeria, dans son système fédéral, basé sur une démocratie alternative entre le Nord et le Sud reste extrêmement compliqué à cerner politiquement sans donner une chance de critique préalable. Ce système réfléchi et exécuté par l’élite nigériane est unique et adapté aux contextes du pays et son époque. Il est adopté à l’époque où le pays fait face à une crise dévastatrice, alimentée par la situation géographique des régions et les communautés, sur fond de la répartition des ressources minières. Depuis, le système fonctionne à merveille jusqu’à l’apparition, en ce dernier temps, de la secte Boko-Haram. La Guinée et le Sénégal, quant à eux, ont forgé leur système de gouvernance. Le premier a commencé avec une gouvernance à parti unique (l’époque de Sékou Touré) pour s’acheminer progressivement vers une démocratie basée sur le système de cota géopolitique et la répartition socioéconomique selon la valeur ajoutée des régions. Ce qui est très impressionnant. Le deuxième, compte-tenu de sa superficie et sa civilisation, arrive très rapidement à concevoir un système de Gouvernance qui repose sur la pensée d’un petit nombre d’élite. Celle-ci est même habilitée à penser la destinée du peuple. Notons que cette élite, qui est en réalité, la tête pensante de l’exécutif commence par primer sur le pouvoir législatif. Une démocratie à l’envers. Très vite, les voies se lèvent mais sans limite.
 

Mahamat Ramadane
Journaliste-reporter Alwihda Info. Tél : +(235) 63 38 40 18 En savoir plus sur cet auteur