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LA SAGA DU PANIER DE CRABES 13 : LE CONGO DE TOUS LES DANGERS


Alwihda Info | Par - 24 Septembre 2012 modifié le 24 Septembre 2012 - 22:07

"On tremble à l’idée de ce qu’il serait advenu si l’Apave, au lieu d’échouer lamentablement, avait réussi dans sa folle entreprise", insiste Maître LALANNE.


LA SAGA DU PANIER DE CRABES 13 : LE CONGO DE TOUS LES DANGERS
30 ans de Travaux forcés contre un Entrepreneur
Suite au témoignage exclusif de monsieur Eric HATON sur ses déboires au sein d’Apave Congo (http://www.mampouya.com/article-apave-congo-temoignage-exclusif-d-un-expatrier-108052208.html
) et qui nous avait permis de levé un coin du voile dans les intrigues rocambolesques au sein du groupe Apave, nous avons pu continuer notre enquête et remonter le fil de quelques évènements marquant de la filiale de ce grand mastodonte qu’est le Groupe Apave. Au fil de cette enquête nous avons plongé dans le monde des intrigues du grand business au Congo Brazzaville.
Réaction de Jacques MARLIER au Témoignage de Eric HATON

Je suis en accord avec ses affirmations. Si j’ai reçu plusieurs fois ce document, c'est pour la simple raison qu'en 1995, avec un collègue, nous avons relancé cette société mise en sommeil par M. Jean BERSEILLE.
Je connais le Congo Brazzaville depuis 1985. La société où travaillait mon collègue quittait le Congo. Nous avions des amis congolais communs. Pour lui, il n'était pas question de les abandonner sans travail. Moi, j'avais une petite société en France dans le domaine du contrôle non destructif. Ensemble, nous pouvions relancer Apave Congo et maintenir l'emploi de ces techniciens efficaces et compétents.

Apave Bordeaux n'était pas prêt à prendre beaucoup de risques financiers, j'ai donc aidé par la prise en charge des expatriés et l'envoi de matériel. Avec les différents évènements politiques, début 1998, je dus transformer les factures de ma petite société en prêt long terme afin d'assurer l'avenir d'Apave Congo.
En 2003, avec le regroupement d'Apave Lyon, Marseille, Bordeaux, Gérard LOUBET voulu placer la filiale d'Apave Marseille. Elle s'appelle Prorad et Gérard LOUBET en était le gérant. Celui ci fit tout son possible pour m'empêcher de travailler au Congo. Heureusement, le personnel que nous avions embauché m'a soutenu et beaucoup aidés pour démonter la manipulation de Gérard LOUBET. Celui-ci était soutenu par sa direction française.
Le 10 décembre, je fus définitivement acquitté par la cour de cassation de Brazzaville. Je pus ensuite déposer une plainte en France. Ce sont ces magouilles faites en cette période qui empêchent et qui contraignent la direction de Apave Congo à mettre comme responsable des personnes qu'ils manipulent depuis la France.
A un moment donné, on parle d'un Monsieur Régis RICHARD, c'est parce qu'il a refusé l'excès de manipulation du gérant Gérard LOUBET (demande de fausses déclarations) qu'il avait été licencié. Comme moi, en France, il est en procès avec les dirigeants d'Apave Congo.

Ce sont des procès très difficiles. Apave est un grand groupe qui utilise au maximum son argent et ses réseaux. En France, je perds régulièrement les procès pour diffamation. Les preuves sont pourtant irréfutables, mais je perds parce que je le dis avec soi-disant "animosité".
Au Congo Brazzaville, le procès s'était déroulé avec un sérieux qui peut servir d'exemple. La plainte que j'ai déposée au Pénal en France se déroulera de la même manière, j'en suis certain.
Apave Congo me doit de l'argent prêté en 1998 et des factures de 2003 et 2004 et je serai indemnisé un jour ou l'autre. C’est une question de patience. Les remarques faites par Monsieur Eric HATON sont donc vraies, mais ce problème est provoqué par la direction Apave Congo de France.


Condamné à 30 ans de travaux forcés au Congo Brazzaville avant d’être acquitté, un chef d’entreprise auvergnat porte plainte à Bordeaux pour dénonciation calomnieuse.
Le 27 janvier 2004, le chef d’entreprise auvergnat Jacques MARLIER franchissait pour la dernière fois la porte des locaux d’Apave Sudeurope à Artigues, dans la banlieue de Bordeaux. En colère. Entre ce professionnel autodidacte et les responsables de la filiale du groupe spécialisé dans la maîtrise des risques industriels, la hache de guerre était déterrée.

Après huit ans de collaboration au Congo Brazzaville, l’Apave venait de rompre le contrat de sous-traitance qui le liait à Jacques MARLIER SA. Présente aujourd’hui dans plusieurs pays d’Afrique, cette PME détient un savoir-faire dans les contrôles non destructifs relatifs à la recherche de défauts dans les matériaux.
Prison Porcherie

Au mois de décembre dernier, après sept ans de procédure, Jacques MARLIER a été définitivement lavé de tout soupçon par la justice congolaise. Les accusations de fausses factures et d’escroquerie portées contre lui par le gérant d’Apave Congo, l’entité coiffée par Apave Sudeurope, ont été jugées sans fondement.
Elles lui avaient valu en 2008 d’être condamné en première instance à trente ans de travaux forcés par la cour criminelle de Pointe-Noire. A l’époque, l’industriel avait même passé quelques jours en prison. Un souvenir douloureux pour ce quinquagénaire plutôt réservé. "C’était une ancienne porcherie où l’on mettait trois détenus dans chaque réduit à cochons".

Longtemps sur le défensive, Jacques MARLIER vient de se rebiffer. Au mois d’avril, son avocat Maître Daniel LALANNE a porté plainte auprès du procureur de Bordeaux pour dénonciation calomnieuse contre l’Apave Congo et l’Apave Sudeurope et leurs dirigeants respectifs. "Par leur faute, j’ai été mis à l’index. J’ai déposé le bilan ? plus de subventions, plus d’aides, plus de prêts bancaire. J’ai failli disparaître tout simplement parce que je leur faisais de l’ombre au Congo Brazzaville", s’indigne Jacques MARLIER.
Audit et Révocation

Créée il y a 150 ans par des industriels français soucieux de sécuriser leurs équipements, l’Apave salarie aujourd’hui près de 7000 ingénieurs et techniciens chargés d’évaluer la conformité des installations et des bâtiments de quelques 200 000 adhérents. Le groupe accentue depuis peu son développement à l’étranger. Son implantation au Congo Brazzaville s’était faite dans le sillage de la multinationale pétrolière Elf Aquitaine.
Dans les années 90, l’Apave avait confié une partie de ses activités à DTS, la société fondée par Jacques MARLIER et à son associé Paul GAVAERTS. Les deux hommes détenaient 20% d’Apave Congo, dont Paul GOVAERTS était le gérant.

"El leur laissant les clés de la maison, nous avons été naïfs, avoue Jean Claude HERAUD, le directeur d’Apave International. Ce n’est qu’en 2003 qu’on s’est aperçu qu’il se passait des choses bizarres. Apave Congo avait mauvaise réputation, les résultats n’étaient pas satisfaisants.
Après une première inspection interne, nous avons lancé un audit. Il a été mené par un expert-comptable agrée, installé dans un autre pays d’Afrique. Tout cela dans un souci de neutralité. Comme il mettait en évidence des malversations, nous avons aussitôt saisi la justice congolaise".

Une Nouvelle Péripétie
Avant même les résultats de l’audit, Paul GOVAERTS avait été révoqué et l’Apave avait repris la main sur sa filiale. L’examen de la comptabilité s’est déroulé hors présence de Jacques MARLIER.
Il n’a jamais pu s’expliquer sur les prétendues fausses factures qu’on lui reprochait. L’audit avait été décidé lors d’une réunion tenue le 27 janvier à Artigues, sous l’autorité de Jean BERSEILLE, l’actuel président d’Apave Sudeurope, alors actionnaire à 80% d’Apave Congo.
"Lors de cette assemblée générale extra-ordinaire, nous avons aussi révoqué Paul GOVAERTS", précise le PDG. Présent ce jour-là, Jean MARLIER soutient qu’il s’agissait d’une simple réunion de travail.
"On en a fait une fausse assemblée générale, insiste son avocat, Maître LALANNE. Tout cela est parfaitement illustratif d’une certaine Françafrique aux mœurs postcoloniales, de la politique de filialisation des grands groupes économiques offshore et de l’oppression qu’ils font peser sur leurs sous-traitants, toutes choses analysées par le rapport Sartorius remis récemment au ministre de l’industrie".
Autant de propos qui font sourire les responsables de l’Apave. "C’est une nouvelle péripétie dans un contentieux qui n’en finit pas", soupire Maître Mathieu BAFERT, l’avocat du groupe.

Jacques MARLIER a dit beaucoup de choses sur nous. A chaque fois, nous l’avons fait condamner pour diffamation. Jean BERSEILLE et les dirigeants de l’Apave ont régit comme il se devait lorsque les irrégularités ont été dévoilées. S’ils ne l’avaient pas fait, on le leur aurait reproché".
L’état-major de l’Apave se défend vigoureusement d’avoir voulu expédier son ancien sous-traitant croupir derrière les barreaux. Mais les faux en écriture privés étant toujours passibles au Congo Brazzaville des cours d’assises, les trente années de travaux forcés prononcées en première instance font malgré tout un peu froid dans le dos.
"On tremble à l’idée de ce qu’il serait advenu si l’Apave, au lieu d’échouer lamentablement, avait réussi dans sa folle entreprise", insiste Maître LALANNE.



30 ans de Travaux forcés C'est la Peine Prononcée Contre Jacques MARLIER le 24 juin 2008 par la Cour Criminelle de Pointe-Noire Pour Faux et Escroquerie
 

Jacques MARLIER, petit entrepreneur auvergnat (France) a une société de contrôles non destructifs basée à Pérignat-sur-Allier (Puy-de-Dôme) et emploie 38 personnes. Depuis 1995, il dirige une entreprise similaire au Congo Brazzaville à Pointe-Noire.
Jacques MARLIER
était lié par un contrat de prestations de services à Apave Sudeurope, un colosse de la maîtrise des risques qui l’accuse d’avoir conduit une "opération de déstabilisation" contre lui.
Du récit de Jacques MARLIER transpire les rapports rudes entre les géants de l’économie et leurs sous-traitants. Et aussi ces pratiques douteuses dont l’Afrique n’arrive pas à se défaire.

Pour un peu, il se retrouvait à casser des cailloux. L’ironie aurait été cruelle car, en bon spécialiste des contrôles non destructifs, Jacques MARLIER est habitué à rechercher des défauts dans les matériaux de construction.
Cet homme de 56 ans a monté sa société en 1990 dans un bâtiment prêté par un paysan de Pérignat-sur-Allier. "J’étais tout à fait autodidacte. Il faut voir les jonglages que j’ai faits pour en arriver là", s’amuse-t-il.
Il se Retranche Derrière le Contrat
La SA MARLIER est en effet passée tout près du gouffre. Il y a eu les 35 heures "qui ont fait beaucoup de dégâts dans les PME" et surtout l’aventure africaine qui a failli tourner au drame.
Le petit patron auvergnat a lancé en 1995 une filiale au Congo Brazzaville, où l’industrie pétrolière offre de beaux débouchés. Il se met en affaire avec la filiale locale de l’Apave.

Le grand groupe français (9650 collaborateurs à travers le monde, 672millions d’euros de chiffre d’affaire en 2009) signe un contrat de prestations de service avec DTS, la création de Jacques MARLIER et de son associé sur place Paul GAUVAERTS. Le business est florissant.
En 2000, DTS représente un sixième des bénéfices de MARLIER. Mais, à la suite d’un changement à la tête de l’Apave, les choses vont se gâter. En 2003, Jacques MARLIER est convoqué au siège bordelais de l’Apave Sudeurope, dont dépend l’Apave Congo.
Le Pérignatois raconte que les nouveaux dirigeants lui annoncent qu’ils ne veulent plus travailler avec lui. La (première) crise ivoirienne est passée par là, ils cherchent un nouveau terrain d’expansion au Congo, analyse l’Auvergnat.
Il se retranche derrière le contrat et réclame des indemnités. "Ils ont répondu, en substance que je n’avais pas les moyens financiers de lutter contre eux". Toutefois, le combat ne va pas se dérouler sur le terrain économique... Car c’est une plainte au pénal qui est déposé.

Ce n’est pas du Madoff !
"Ils demandaient un million d’euros de préjudice pour fausses factures. J’ai été entendu par un juge d’instruction. Tout s’est bien passé. Mais ce qui a été transmis au tribunal ne correspondait en rien à mon audition".
Jacques MARLIER
s’étonne du déroulement de la procédure. Il rapporte que l’ordonnance de prise de corps (qui permet l’arrestation du mis en examen) passe devant la cour un jour où il n’y a pas d’audience !
L’accusation porte sur un détournement de 36 millions de francs CFA, soit 50 000 euros. Ce n’est pas du Madoff et pourtant il est condamné à 30 ans de travaux forcés. "Comme par hasard, je faisais le tour du mont Blanc. J’étais injoignable cette semaine-là".

A son retour de congés, il fonce à Pointe-Noire, malgré la perspective du bagne. Il est placé en détention. Il obtient un procès en appel, qu’il gagne. Innocenté, Jacques MARLIER entend retourner en justice, française cette fois-ci contre l’Apave qu’il accuse de dénonciation calomnieuse. "Une authentique forgerie réalisée de longue main", lit-on dans la plainte.
"Quand je pense aux sommes qu’ils ont dépensées là-dedans alors que, s’ils avaient payé ce qu’ils me devaient, je serais parti"
, médite l’entrepreneur.
Enfermé Dans Une Porcherie Coloniale
"On peut dire : ‘il n’a fait que six jours de prison’. Mais chaque millième de seconde, dans son cas, c’est déjà trop ! ". Maître Daniel LALANNE estime que son client, Jacques MARLIER, a subi un lourd préjudice et que la détention constitue le moment le plus douloureux de ces "six ans et dix mois" d’une situation "totalement absurde" et "lourdement menaçante".
L’entrepreneur pérignatois est en effet emprisonné à Pointe-Noire. "En fait, il s’agit de l’ancienne porcherie coloniale", décrit-il.
"Là où on mettait un cochon, ils mettent trois prisonniers"
. Lui est placé à l’infirmerie. "Le directeur m’a reçu à mon arrivée. Il m’a dit que normalement, pour des affaires comme la mienne, il recevait des courriers et les journaux en parlaient. Là, il n’a rien eu. Alors il a trouvé ça louche".

Le Juge a Refait Toute l’Enquête à la Barre
Autre (bonne) surprise pour l’Auvergnat : le déroulement de son procès en appel. "Il y a eu une vraie instruction. Les témoins ont été entendus. Le juge a refait toute l’enquête à la barre. On a même pris des taxis pour aller dans les locaux de DTS et récupérer des pièces. Ça a duré de 8h30 à 18 heures".
Nous Avons Toujours Gagné Nos Procès Contre Lui
Entre l’Apave Sudeurope et Jacques MARLIER, la plainte pour dénonciation calomnieuse ne constitue pas le premier round d’une bataille judiciaire. Loin de là.
Maître Mathieu BAFFERT, du barreau de Marseille, fait valoir que le groupe qu’il représente a déjà obtenu quatre condamnations. "Il (Jacques MARLIER) a commencé à nous diffamer par lettre, puis par e-mail", relate l’avocat. "Nous avons toujours gagné nos procès contre lui".
Il ajoute que des contentieux sont encore pendants au Congo Brazzaville. "Nous ne savons plus comment faire face à ce monsieur. C’est profondément irritant. On gère son cas depuis cinq ou six ans. Ça commence maintenant à bien faire".

Deux Rapports Pour Invalider la Calomnie
Dans l’autre camp, Maître Daniel LALANNE, du barreau de Bordeaux, a produit vingt-deux pièces justificatives à l’appui des accusations portées par Jacques MARLIER : "Il faut le rétablir, il le mérite. Il a été victime de quelque chose d’absolument scandaleux et monté de toutes pièces".
Maître Mathieu BAFFERT rétorque qu’il détient aussi des pièces : "Un audit a permis de démontrer que l’Apave Congo allait très mal. On s’est mis a creuser. Un expert externe à l’entreprise nous a dit qu’il y avait des malversations graves".
Des malversations attribuées à Jacques MARLIER qui produirait des fausses factures à son profit. L’avocat de l’Apave justifie ainsi la révocation des accords passés avec DTS et la mise en action de la justice congolaise.
"Un second rapport commandé par un juge d’instruction a dit la même chose que le premier expert", précise-t-il. "Pour qu’il y ait dénonciation calomnieuse, il faut qu’il y ait certitude de la fausseté des faits. Or, j’ai deux rapports qui disent le contraire, je suis d’une tranquillité... Aucun souci !".

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