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INTERNATIONAL

La 5G fait craindre pour la propriété intellectuelle mondiale


Alwihda Info | Par Leigh Hartman - S.A. - 11 Septembre 2019 modifié le 11 Septembre 2019 - 09:31


La 5G permet au monde d’être de plus en plus interconnecté, mais elle pose aussi un risque pour la propriété intellectuelle (© Solarseven/Shutterstock)
La 5G permet au monde d’être de plus en plus interconnecté, mais elle pose aussi un risque pour la propriété intellectuelle (© Solarseven/Shutterstock)
Les nouvelles technologies de télécommunications de 5e génération (5G) soulèvent des préoccupations croissantes en matière de protection des secrets commerciaux.

De plus en plus de gens et d’appareils sont connectés aux réseaux 5G, ce qui pourrait offrir aux fournisseurs d’équipements chinois comme Huawei et, par leur intermédiaire, au gouvernement chinois, un accès sans précédent aux données échangées à travers le monde.

« Les pays ne doivent pas laisser la 5G devenir un vecteur permettant à la Chine d’obtenir de la propriété intellectuelle de notre part », a déclaré Robert Strayer, le diplomate du département d’État des États-Unis chargé de la cybersécurité, en mai*.

Les droits de propriété intellectuelle en Chine et aux États-Unis

Les États-Unis ont mis en place l’un des systèmes de protection de la propriété intellectuelle les plus robustes du monde, ce qui a contribué à consolider l’avance du pays sur le plan de l’innovation. La propriété intellectuelle doit être protégée. Si elle ne l’est pas, les millions de dollars dépensés pour la recherche et le développement partent en fumée dès que les idées sont volées et que les concurrents commercialisent des produits ou services identiques.

Par contre, l’économie dirigiste de la Chine brouille la délimitation entre le secteur public et le secteur privé. Par exemple, pendant plus de cinq ans, le gouvernement chinois a piraté, par le biais du ministère chinois de la sécurité de l’État, les ordinateurs d’une société aéronautique française afin d’obtenir le procédé de fabrication d’un turboréacteur double flux, peut-on lire dans des actes d’accusation américains.

À l’époque, une entreprise publique chinoise spécialisée dans l’aéronautique s’efforçait de mettre au point un moteur comparable destiné aux avions commerciaux fabriqués en Chine et ailleurs.
 
Qu’est-ce que la propriété intellectuelle ?

Selon le Forum mondial de la propriété intellectuelle, la propriété intellectuelle désigne « les œuvres de l’esprit : inventions ; œuvres littéraires et artistiques ; dessins et modèles ; et emblèmes, noms et images utilisés dans le commerce. »
Ces œuvres sont protégées par la loi. Cela permet aux créateurs de tirer un avantage de leur travail et d’exploiter leurs idées uniques au bénéfice des entreprises, de l’art et du design.

 

Combien coûte le vol de propriété intellectuelle ?

Le vol de secrets commerciaux, le soudoiement d’employés et le piratage d’ordinateurs étrangers ne sont que quelques-uns des moyens mis en œuvre par les entreprises chinoises pour dérober les inventions et la propriété intellectuelle étrangères, dans l’espoir de devenir des superstars mondiales de la technologie.

« La Chine perpètre le vol de propriété intellectuelle depuis très longtemps au profit de ses intérêt commerciaux là où elle parvient à s’introduire », a expliqué M. Strayer.

Le Bureau du représentant au Commerce extérieur a estimé en 2017 que le vol de propriété intellectuelle américaine par la Chine coûtait aux États-Unis entre 225 et 600 milliards de dollars par an.

Une affaire très médiatisée s’est déroulée en 2018 : un fabriquant d’éoliennes de Beijing a été reconnu coupable aux États-Unis d’avoir volé la propriété intellectuelle d’une société américaine, ce qui a provoqué une chute de plus d’un milliard de dollars de la valeur de l’entreprise basée au Massachusetts, et la perte de presque 700 emplois, selon les preuves présentées au procès.

Le vol de propriété intellectuelle par la Chine ne s’arrête malheureusement pas aux entreprises américaines. Le géant oriental a commis « des vols de propriété intellectuelle à hauteur de milliers de milliards de dollars » à travers le monde, souvent par le biais du piratage d’ordinateurs d’entreprises, indique la Stratégie nationale pour la cybersécurité, présentée par les États-Unis en 2018. Ces attaques sophistiquées comprennent le vol de brevets, de procédés technologiques, de logos et de droits d’auteurs.

Par exemple, Huawei, le deuxième fabricant mondial de smartphones, a volé le bras d’un robot inventé par la filiale allemande T-Mobile pour tester ce type de téléphones, a dénoncé la justice américaine dans un acte d’accusation de 2018. Huawei prévoyait de faire une copie du bras.

Dans la même veine, deux hackers employés par le gouvernement chinois ont été accusés en 2018 d’avoir usurpé des secrets commerciaux de toute une gamme d’entreprises issues de divers secteurs, comme l’aéronautique, l’énergie, les télécommunications et la santé, en Allemagne, au Canada, aux États-Unis, en France, au Japon, au Royaume-Uni, en Suède et en Suisse.

Malheureusement, la résolution des affaires de vol de propriété intellectuelle peut prendre des années. Il a fallu, par exemple, pas moins de 30 mois de procès avant que la société chinoise XTAL ne soit reconnue coupable en 2019 d’avoir volé à une entreprise hollandaise plus de 100 000 fichiers contenant des codes source, des stratégies de tarification, des logiciels, des algorithmes secrets et des manuels d’utilisateur.