Accueil
Envoyer à un ami
Imprimer
Grand
Petit
Partager
ANALYSE

Présidentielle du 20 mars au Congo: Une réelection de Denis Sassou N'Guesso à portée de main


Alwihda Info | Par Claude Dinard Vimont, Analyste politique - 19 Mars 2016

Neuf (09) candidats briguent la magistrature suprême le 20 mars prochain. Parmi eux, Denis Sassou N’Guesso, président sortant qui reste le favori, en dépit de la cabale médiatique et de l’agitation des opposants dont la grandes partie est constituée de ses anciens collaborateurs.


Présidentielle du 20 mars au Congo: Une réelection de Denis Sassou N'Guesso à portée de main
Présidentielle du 20 mars au Congo: Une réelection de Denis Sassou N'Guesso à portée de main
Sept hommes et une femme sont face à Denis Sassou N’Guesso, président sortant dans la course à la présidence du Congo. Il s’agit de Guy Brice Parfait Kolelas, André Okombi Salissa et Claudine Munari qui ont été ministres du président candidat, il y a moins de six mois. Jean Marie Michel Mokoko est un autre ancien collaborateur qui s’oppose au président Sassou N’Guesso dans cette élection. La liste des candidats se poursuit avec Pascal Tsaty-Mabiala, de l’Upads, Joseph Kignoumbi-Kia-Mboungou, Michel Mboussi NGouari et Anguios Nganguia Engambé que l’on peut considérer comme indépendants.

Cette multitude de candidats n’efface en rien le caractère favori du candidat Denis Sassou N’Guesso. D’ailleurs, en multipliant les candidatures, ses opposants misent, ont-ils dit, sur le deuxième tour et non sur l’échec du candidat de la majorité présidentielle.

L’un des éléments qui militent en faveur de la victoire incontestable de Denis Sassou N’Guesso est la peur de l’inconnu ou du nouveau qui renvoie chez les Congolais à la confiance dans le connu. En clair, le président sortant est bien connu des Congolais, par les œuvres de développement qu’il a accomplies à travers le pays. Face aux nouveaux venus, les Congolais auront bien envie de choisir celui qu’ils connaissent mieux. Car, le patriarche Charles David Ganao nous enseignait : quand on veut faire un long voyage, il vaut mieux porter sa veille paire chaussure habituée à ses pieds que de prendre la nouvelle qui risque de vous causer des ennuis le long du parcours.

L’attachement de la popularité à Denis Sassou N’Guesso est comparable à la présence de son parti, le Parti Congolais du Travail (Pct) sur toute l’étendue territoire national. Plus vieux parti du Congo, le Pct dispose en effet, d’au moins un militant dans chaque village du pays. Le président sortant doit par ailleurs compter sur les partis alliés du Pct qui mobilisent, eux aussi, notamment pendant cette campagne électorale dans tout le pays, en faveur de leur candidat.

Un bilan élogieux

Il est un autre fait majeur de la présidence Sassou qui lui donne un avantage certain sur ses concurrents pendant cette campagne. Il s’agit indéniablement de la nouvelle configuration que Denis Sassou N’Guesso a apportée au pays, dans sa globalité. Même les adversaires ne peuvent pas nier cette évidence, en termes d’infrastructures routières, par exemples.

Les paysans de Sembé dans la Sagha, du village Assigui sur l’axe Okoyo-frontière du Gabon (Cuvette-Ouest), tout comme ceux qui sont sur l’axe Makoua-Etoumbi ou Makoua-Ouesso ou ceux qui vivent le long de la route Brazzaville - Pointe-Noire, qui ont vu le goudron traverser leur village, synonyme de leur désenclavement, sauront exprimer leur gratitude à Denis Sassou N’Guesso lors de ce scrutin. Il en est de même pour les habitants de Djambala, de Sibiti ou de Madingou qui ont vu et voient leur localité se métamorphoser comme dans un rêve.

La desserte en eau potable dans les campagnes congolaises est depuis 2014, une véritable réalité grâce au projet « Eau pour tous », qui constitue la réponse idoine à ce problème. Les populations des campagnes, bénéficiaires de cette offre méritée ne sauront pas se détourner leur soutien de celui qui leur a offert ce « bonheur ».

En dépit de son bilan éloquent, Denis Sassou N’Guesso, sans avoir la prétention d’avoir tout, a suggéré à ses compatriotes qu’il a fait quelque chose pour le pays et veut aller plus loin, dans la même direction, celle du développement du pays, avec eux, parce qu’il reste encore beaucoup à faire.

En face de lui

Le candidat de la majorité présidentielle est aussi avantagé par ses adversaires d'aujourd’hui – cela peut paraître bien curieux. Et pourtant !

En effet, ceux qui s’érigent en donneur de leçons aujourd’hui ont travaillé avec Denis Sassou N’Guesso jusqu’au mois d’Août 2015. La population assez mûre comprend qu’ils ne peuvent pas être si sincères, parce que les critiques qu’ils formulent à l’encontre de leur ancien chef sont le fruit d’une aigreur justifiée par leur limogeage. Ils sont donc, de loin ou de près, comptables du bilan qu’ils critiquent. Et, le peuple sait que ce genre d’adversaires qui postulent à l’élection la plus majeure du pays, pour exprimer une espèce de vengeance, ne peut pas encore mériter de sa confiance.

Quand il se présente au scrutin présidentiel sous la bannière de l’UPADS, Pascal Tsaty-Mabiala qui fut ministre de la défense de Lissouba pendant la guerre de 1997, se veut le digne continuateur son ancien mentor et a battu campagne sur la base du projet de société de l’ancien président du Congo de 1992 à 1997. Or, les Congolais ont retenu de ce mandat, son chapelet de promesses non tenues, comme par exemple, la transformation du Congo en une petite Suisse, la fabrication du parfum à l'aide du jus des fruits sauvages ou la fabrication du goudron à l’aide des excréments des cabris.

Surtout, ils n’ont pas encore oublié qu’il fut – ce mandat –, la porte béante qui précipita le Congo dans l’abîme. Au lieu de le transformer en petite Suisse, Lissouba a plutôt fait du Congo, « un vaste champ de ruines », alors que Denis Sassou N’Guesso s’est employé à réparer ces ruines physiques et morales avant d’engager la mise en place des bases d’un développement certain, à travers des infrastructures de base dans tout le pays.

Il est évident que les Congolais se souviennent bien de cette « parenthèse de sang » et de terreur que leur pays a connue entre 1993 et 1997, voir au-delà et n’aimeraient plus la revivre après tant de calme et de tranquillité vécue.

Ce bilan aussi comptable pour Claudine Munari qui était directrice du cabinet du président Pascal Lissouba jusqu’en juin 1997 quand se sont déclenchées les hostilités à l’issue desquelles elle s’est retrouvée en exil, avant d’être récupérée par Denis Sassou N’Guesso. Ministre du Commerce pendant plus de cinq ans, elle n’a rien fait pour baisser le coût de la vie. Ses critiques, comme celles de tous ceux qui, comme elle, ont « travaillé à deux cœurs » avec Denis Sassou N’Guesso n’ont vraiment pas de place dans la compréhension collective des Congolais.

C’est le cas de Jean Marie Moukoko qui est devenu opposant par opportunisme, apparaissant dans cette élection comme un cheveu dans la soupe, même s’il veut se présenter comme une alternative devant Denis Sassou N’Guesso. Il n’ignore pas, cependant, qu’il est mal connu au Congo, même s’il ne l’admettra pas. Ceux qui ont travaillé avec lui, lui reconnaîtront peut-être les qualités d’un administratif rigoureux. Mais, cela ne suffit pas pour s’improviser Président de la République.

Pour certains observateurs, il aurait fallu que le général fut ses premiers pas en politique, en se positionnant, au moins, comme député, parce qu’il ne s’est vraiment pas préparé pour cette élection présidentielle. La preuve est qu’il est le seul candidat a avoir lancé des « SOS » pendant la campagne pour chercher l’aide financière des partisans.

Pour avoir dirigé le Comité d’actions pour la défense de la démocratie, André Okombi Salissa n’a pas voulu rester au sein du parti Congolais du travail et se voit remplacer par Denis Sassou N’Guesso à la tête du Congo. Ses militants sont les plus virulents en termes d’insultes contre le président candidat, son ancien mentor. Mais, il n’a pas encore fait le bilan de ses 15 ans aux côtés de Sassou, où il a dirigé entre autres les ministères du travail et l’emploi, de la jeunesse et de l’enseignement technique et professionnel. Il n’a jamais rien proposé en faveur de la jeunesse qui semble devenir son credo, à l’occasion de la campagne électorale. Nombre d’observateurs pensent plutôt qu’il ne s’est pas encore assagi pour diriger le Congo.

Au contact du peuple

Par ailleurs, en dépit du fait que Denis Sassou N’Guesso soit bien connu et qu’il connaisse bien son peuple, le président sortant ne s’est pas contenté de cette assurance pour espérer gagner. Loin s’en faut ! Il est le seul, parmi les neuf candidats, qui a pu faire le tour des douze départements du Congo, en visitant au moins 38 localités du Congo, pour convaincre ses compatriotes de la pertinence de son projet de société. Sur ce point, aucun des ses adversaires n’a pu l’égaler. Partout où il est passé, y compris à Mouyonzi et dans le Pool, que Guy Brice Parfait Kolelas et Claudine Munari considèrent comme des citadelles imprenables, le candidat Denis Sassou N’Guesso a drainé des foules immenses.

Et, personne ne peut dire que ces milliers de Congolais qui ont rempli ses meetings, ne seraient que des curieux venus l’écouter sans conviction. Bien au contraire, selon certains observateurs, le président sortant a pu rallier à son projet, certains indécis qui s’appuyant sur l’existant, ne doutent plus que ses engagements seront tenus. Du reste, il est souvent observé que les populations de l’intérieur du pays sont plus sincères que celles des grandes villes qui sont exposées à la manipulation des politiciens.

La paix et le social

Il est un autre fait qui attache Denis Sassou N’Guesso aux Congolais : il s’agit de la paix. Et, quand il en parle, comme quand il parle de la stabilité des institutions – ses opposants peuvent par calculs politiciens, trouver à en redire – le peuple profond, y compris dans les grandes villes du pays, sait que le Congo l’avait réellement perdue et qu’il a souffert pour la ramener.

Ceux qui disent que la paix, ce n’est pas seulement l’absence de guerre veulent la réduire à leur strict intérêt, parce que le social n’a jamais été absent des actions de Denis Sassou N’Guesso.

En effet, à cause de la pression des bailleurs de fonds internationaux (la Banque mondiale et le fonds monétaire international), le Congo avait gelé les recrutements à la fonction publique. Et comme si cela ne suffisait pas, le président Lissouba avait réduit les salaires des fonctionnaires, en licenciant même abusivement certains d’entre eux (les Codes 104).

A son retour aux affaires, Denis Sassou N’Guesso a réussit a réhabiliter les fonctionnaires que Pascal Lissouba avait renvoyé dit-on par erreur et rouvert les portes de la Fonction publique pour un recrutement annuel dans tous les domaines.

Les partenaires assurés

La consigne du « Vieux » est valable aussi bien pour les Congolais qui ont besoin de raffermir davantage la paix dans leur pays que pour les partenaires du Congo qui, eux, sont rassurés par la tranquillité et l’apaisement.

C’est le président du groupe parlementaire du Pct à l’Assemblée nationale Alain Moka qui a trouvé les mots justes à ce sujet, le 25 janvier dernier, quand le parti congolais du travail avait jeté son dévolu sur Denis Sassou N’Guesso comme son candidat pour la présidentielle du 20 mars 2016. Vous le savez, disait-il, «la conjoncture internationale est très délicate. Il y a du vent, il y a de la tempête. Il faut quelqu’un d’avéré pour pouvoir tenir le bateau et l’amener à bon port, et c’est Denis Sassou-N'Guesso ».

A la même occasion, Pierre Ngollo, le secrétaire général du parti disait : « Nous avons fait le bon choix, le meilleur choix qui dans les pays à tradition boursière, ferait s’envoler les bourses, parce que les citoyens sont conscients, les investisseurs rassurés et l’économie sûre d’être dynamisée ».

Il va de soi que face à ce bilan, le peuple congolais ne commettra pas l’erreur de choisir un va-t-en guerre dépourvu de charisme dans la gestion des affaires publiques ou à un opportuniste. C’est dire que le candidat de la majorité présidentielle va forcement bénéficier des suffrages en termes de reconnaissance grâce à ses actions qui, ont, à travers la municipalisation, créé les conditions de développement dans les villes congolaises.