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RCA : Quand l'armée tchadienne prédisait une offensive imminente d'Anti-Balaka sur Bangui


Alwihda Info | Par FPPA - 4 Décembre 2014


Tôt le matin du 5 décembre, entre 7000 à 12000 anti-balaka composés en majorité des éléments des FACA (Forces Armées Centrafricaine) ont lancés des attaques coordonnées ciblant trois lieux stratégiques à Bangui:
• Le camp militaire Kassaï,
• L’Assemblée nationale,
• Et le quartier de Boy-Rabe ou stationnent 800 combattants Séléka.

Au fait, plusieurs jours auparavant la Séléka a été informé par les forces Armées Tchadiennes de la MISCA, affirmant avoir détecté des « infiltrations » des anciens FACA au quartier Boy-Rabe. Pour des raisons inconnues, l’information n’a pas été prise au sérieux par la hiérarchie de la Séléka très occupé par l’éventualité d’une intervention militaire Française. Par anticipation, plusieurs meilleures unités de la Séléka et presque tous les mercenaires (combattants Tchadiens et Soudanais de la Séléka) ont quittées Bangui en direction du Nord pour se mettre à l’ abri afin d’éviter une confrontation avec les troupes internationales selon les instructions du Président de la Transition Son excellence M. Djotodjia.

• Bangui, le 03 Décembre 2013

Réunion de crise : A l’initiative du Président Michel Djotodjia, tous les dirigeants de la Séléka excepté le General M. Dafhanne (en prison) ont été convié à une réunion d’urgence afin de décider de l’attitude à tenir face à l’imminence d’une intervention étrangère dans la crise. Prenant la parole, Djotodjia a immédiatement déclaré vouloir démissionner de son poste et remettre le pouvoir à un officier des ex FACA afin de continuer la transition; les noms du général Ferdinand Bombayéké, Le Colonel Christian Guy José Bibanga Galoty ou Le Colonel Thomas Théophile Timangoa ont été cités. Poursuivant son discours très remonter et en colère, M. Djotodjia à accuser les généraux de la Séléka d’entretenir l’anarchie et la violence. Il a été interrompu par un brouhaha indescriptible, tout le monde parle en même temps, des altercations entre généraux par-ci, des insultes par la, bref un désordre total s’est installé dans la salle. La réunion s'achève en queue de poisson sans que rien n’ait été décidé.

• Bangui, Jeudi le 05 Décembre 2014
4h 30 min
Soudainement, des tirs d’armes automatiques et des détonations d’armes lourdes ont éclaté jeudi avant l’aube dans les environs du Camp Kassaï, c’est le début de l’offensive des anti-balaka à quelques heures du feu vert attendu de l’ONU à une intervention militaire française en Centrafrique. Entre 600 à 1500 anti-Balaka et des FACA venus de la République Démocratique Du Congo (RDC) ont attaqués le Camp militaire du Kassaï dans l’intention de récupérer des armes et des munitions afin de lancer l’assaut final sur Bangui. Selon le plan, il faut contrôler Bangui avant l’intervention Française.

Au même moment d’autre groupes anti-Balaka, appuyés par des éléments des FACA équipés d’armements modernes et d’armements lourds lancent une seconde et troisième attaque coordonnée visant respectivement l’Assemblée Nationale et le quartier Boy-Rabe dans le 4eme arrondissement.


7h 40 min
Les assaillants du camp Kassaï sont repoussés par la Séléka, plusieurs morts des deux côtes y compris le General Yaya. Pendant ce temps, au quartier Boy-Rabe, la population civile musulmane est prise pour cible par la population chrétienne plus de 60 tués et leurs commerces pillés.

9h 00 min
L’offensive de l’Assemblée Nationale et du quartier est à son tour repoussée par la Séléka, les assaillants ont pris la fuite et passent immédiatement à l’étape suivante de l’opération ; attaquer les civils musulmans. Gbaya Doumbia, Fatima, KM5, Kina etc…

9h 30 min
Des membres de la Séléka entrent dans l'hôpital de l'Amitié, à Bangui. Probablement pour venger la mort du General Yaya tué lors des combats ayant débuté le matin même, ils abattent huit personnes, dont des fonctionnaires de l'hôpital,

10h 15 min
Des combattants de la Séléka ouvrent le feu sur les positions françaises et un de leur pick-up tente de pénétrer dans le périmètre de l'aéroport international de Bangui. Les Français ripostent, détruisent le véhicule, tuent quatre hommes armés et en blessent six autres.

11h 00 min
Les tirs ont nettement diminué d’intensité, plus d’anti-Balaka en vue. La Séléka contrôle la situation même si quelques détonations épisodiques d’armes lourdes étaient encore audibles.

12h 40 min
M. Tiangaye a fui sa résidence de Bangui qui été automatiquement pillée par les Séléka.
Réinstauration du couvre-feu à Bangui.

14h 00 min
Calme total et regroupement de toutes les unités de la Séléka pour les représailles avec le 4eme et le 8eme arrondissement dans la ligne de mire.

16h 30 min
Début des représailles qui ont lieu toute la soirée et ont continuées jusqu'au 6 décembre.

Le 6 Décembre dans la soirée, des membres de la Séléka investissent une nouvelle fois l'hôpital de l'Amitié, et exécutent une dizaine de blessés. Des attaques ont encore lieu durant la journée du 7 décembre, selon la Croix-Rouge. Des affrontements sporadiques et des lynchages ont encore lieu ponctuellement le 9, malgré la présence de l'armée française. Cette dernière essuie à deux reprises des tirs de miliciens de la Séléka, refusant de désarmer.

Selon les bilans, les combats des 5-7 décembre 2013 à Bangui ont fait entre 500 (chiffres Nations unies, OCHA) et 1 200 morts (Amnesty International) plus de 750 morts selon l’ONU, environ 500 000 déplacés dans la ville, la destruction de certains quartiers et marchés et la paralysie quasi totale des services de l’Etat

LE FRONT PATRIOTIQUES POUR L’AUTODETERMINATION – FPPA – ADDRESSE UNE PENSEE PROFONDE A LA MEMOIRE DE TOUTES LES VICTIMES MUSULMANES ET CHRETIENNES DE CE SANGLANT JOUR DU 5 DECEMBRE 2014. NEVER FORGET, AND NEVER AGAIN…