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Soudan: la non-application du CPA conduira au chaos régional


Alwihda Info | Par Djamil @ - 10 Novembre 2008 modifié le 10 Novembre 2008 - 21:16

JUBA (Soudan) - Le sud-Soudan a averti lundi le président égyptien, Hosni Moubarak, sur le risque de déstabilisation régionale si l'application du plan de paix inter soudanais de 2005 n'avançait pas, appelant Le Caire à faire pression sur Khartoum pour accélérer le processus.


Soudan: la non-application du CPA conduira au chaos régional
JUBA (Soudan) - Le sud-Soudan a averti lundi le président égyptien, Hosni Moubarak, sur le risque de déstabilisation régionale si l'application du plan de paix inter soudanais de 2005 n'avançait pas, appelant Le Caire à faire pression sur Khartoum pour accélérer le processus.

"L'Egypte doit continuer à travailler en vue d'une paix dans la région", a déclaré le chef du gouvernement semi-autonome du sud-Soudan, Salva Kiir, cité par son porte-parole, lors de discussions à Juba avec M. Moubarak, rentré au Caire au terme d'une visite d'une journée au Soudan.

"L'Egypte peut aussi être déstabilisée par cette instabilité régionale. Les gens tentent d'aider à ce que la situation ne devienne pas incontrôlable", a ajouté M. Kiir.

Le chef du sud-Soudan faisait allusion au chaos ayant suivi l'élection présidentielle au Kenya en décembre 2007, la rébellion en Ethiopie, le conflit en Somalie et les actions du groupe rebelle ougandais de l'Armée de résistance du seigneur (LRA) au Soudan, en République centrafricaine et en République démocratique du Congo.

L'application de l'accord de paix global (CPA), signé en 2005 pour mettre fin à une rébellion sudiste de plus de 20 ans, connaît de nombreux retards alors que le sud-Soudan doit voter par référendum en 2011 sur son indépendance.

Selon le gouvernement semi-autonome, l'Egypte, l'un des pays garants du CPA, doit faire pression sur Khartoum pour que l'accord de paix connaisse des avancées.

M. Moubarak s'était auparavant entretenu à Khartoum avec son homologue soudanais Omar el-Béchir sur la crise au Darfour où le président soudanais est accusé de génocide par le procureur de la Cour pénale internationale (CPI).

"Le meilleur moyen de trouver une solution à ce problème (le conflit au Darfour) est (d'appliquer) l'initiative arabe et africaine", a déclaré à la presse M. Moubarak sans donner plus de détails.

L'Union africaine (UA) et la Ligue arabe ont demandé au Conseil de sécurité de l'ONU de différer toute décision de la CPI. L'UA souhaite accorder du temps à M. Béchir pour qu'il mette en place un cessez-le-feu au Darfour, province de l'ouest du Soudan en guerre civile depuis 2003.

Les juges de la CPI examinent actuellement les preuves présentées en juillet par le procureur, Luis Moreno-Ocampo, pour décider s'ils vont émettre un mandat d'arrêt international contre le président soudanais.

Le Soudan fait campagne pour geler d'éventuelles procédures de la CPI et convaincre l'Occident qu'il s'efforce sérieusement de trouver une solution au conflit au Darfour qui a fait jusqu'à 300.000 morts depuis 2003, selon l'ONU, quelque 10.000 selon Khartoum.

Selon un responsable égyptien ayant requis l'anonymat, les entretiens ont porté sur les dix chefs d'accusation de génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité, lancés contre M. Béchir par M. Moreno-Ocampo.

La communauté internationale craint qu'une inculpation de M. Béchir par la CPI n'ait de graves répercussions sur l'application du CPA qui a mis fin à la guerre civile la plus longue d'Afrique.

Au plan de la sécurité, un soldat nigérian a été blessé dimanche lors d'une attaque contre une patrouille de la force mixte ONU-UA au Darfour (Minuad) près d'El-Geneina, capitale du Darfour-ouest dimanche, a annoncé lundi la Minuad, dénonçant "une attaque délibérée et infâme".

Lors d'une attaque dans le nord du Darfour le 30 octobre, un soldat sud-africain de la Minuad a été tué et une grièvement blessée, portant à 11 le nombre de soldats de la force tués depuis le début de ses opérations le 31 décembre 2007.

©AFP