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MUSIQUE

Tchad : « C’est possible d’être une femme et faire du rap » (Crazy Missy)


Alwihda Info | Par Guillaume Djerane - 5 Avril 2022

Depuis une dizaine d’années, avec un peu de charme et de féminité dans le rap-game tchadien, elle a brisé le mythe de la scène hip-hop.


C'est une princesse qui est montée au trône depuis son tout premier album, « Femme battante ». En nouveauté 2022, Crazy Missy offre le titre "Tomber", en collaboration avec l'artiste chanteur lyguy. Cette chanson qui est sortie il y a trois semaines, fera partie de son projet qui sortira en fin d’année 2022.

Le projet en question est composé de quatre titres dans lesquels on ne trouvera que des artistes tchadiens, fait savoir Crazy Missy. « J’ai encore beaucoup à prouver dans le Game tchadien. Je n’ai pas quand même élevé le niveau, mais j’ai imposé le respect en même temps ». Importunée visiblement par certains points sur lesquels elle souhaite se prononcer, elle se penche sur les difficultés des artistes.

« Le débit de l’internet au Tchad, les coupures intempestives de la SNE, les Tchadiens qui ne soutiennent pas la musique mais aussi la question de sécurité, sont entre autres, les plus grands soucis qui empêchent l'avancée des arts au Tchad », déclare l’artiste. Elle regrette l’éventualité d’un délestage en plein concert, sans oublier les problèmes de sécurité. Comme solutions, la rappeuse souhaite déjà que l’ Etat améliore la fourniture en électricité, les réseaux téléphoniques et l’internet.

Ainsi, un peu d’efforts du public tchadien pourrait rehausser les performances des artistes. « Dans mes prochains titres, je vais parler de mes doutes, mes craintes, de l’amour, de l’argent et du pays aussi », annonce Crazy Missy. Elle est une adepte du « gangsta rap » et informe que beaucoup d’artistes féminins l’ont inspiré telle que Diam’s, Keny Arkana, Olivia … En souriant, Crazy Missy confie en secret qu'un concert inoubliable se prépare « dans l’histoire du rap tchadien ».

La reine du Game compte bien laisser un héritage à une prochaine génération de rappeuses : « c’est possible d’être une femme et faire du rap. Il faut donc oser. C’est possible de réussir, même si on vient d’un milieu compliqué et dur comme le Tchad », estime la reine. Elle brandit alors la citation de Simone de Beauvoir qui dit : « j’accepte la grande aventure d’être moi ». Une citation qui la définit mieux aujourd’hui, selon elle.
« M’imposer dans le milieu en tant que femme pour montrer à mes petites sœurs qui veulent emprunter mon chemin de ne plus avoir peur. Le rap ce n’est pas seulement un truc des hommes », a conseillé la reine du Game.








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