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REPORTAGE

Tchad / Covid-19 : les taximan craignent le pire pour leurs affaires


Alwihda Info | Par Abakar Chérif Hamid - 6 Avril 2020


Tchad / Covid-19 : les taximan craignent le pire pour leurs affaires. © Kelvin Mendig-lembaye/Alwihda Info
Tchad / Covid-19 : les taximan craignent le pire pour leurs affaires. © Kelvin Mendig-lembaye/Alwihda Info
L'impact des restrictions sur la circulation se fait ressentir dans le domaine du transport à N'Djamena. Face à la pandémie du COVID-19 qui sévit dans le monde, les autorités n'ont pas tardé à réagir et ont interdit la circulation des bus et mini-bus tandis que les taxis et véhicules ne peuvent plus prendre plus de trois passagers.

Pour beaucoup de citoyens, les transports en commun sont les seuls moyens de déplacement. Ils doivent désormais se tourner vers d'autres alternatives.

Mahamat Ousman est le commissaire d'un parc de taxi à N'Djamena. Depuis les restrictions, il est de plus en plus inquiet. Ce père de famille de 45 ans doit nourrir ses 14 enfants, payer son loyer, l'électricité, l'eau, et le reste des frais de scolarisation de ses progénitures dès la reprise des cours.

"Les chauffeurs sont entrain de respecter les mesures prises par le Gouvernement, notamment en évitant de prendre plus de trois personnes dans leurs véhicules", assure-t-il.

Mahamat Ousman nous explique toutefois que la panoplie de mesures a des conséquences sur le plan social. Avec l'instauration du couvre-feu à N'Djamena, il rentre chez lui à 18 heures, alors qu'auparavant, il rejoignait son domicile à 22 heures. Iil perd désormais quatre heures de temps de travail.

Pour lui, les autorités doivent jeter un coup d'oeil et voir la réalité en face. "Il n'y a pas assez de clients parce que tous les marchés sont fermés. Rien ne bouge", explique Mahamat Ousman.

Tchad / Covid-19 : les taximan craignent le pire pour leurs affaires. © Kelvin Mendig-lembaye/Alwihda Info
Tchad / Covid-19 : les taximan craignent le pire pour leurs affaires. © Kelvin Mendig-lembaye/Alwihda Info
Selon lui, il est rare de trouver une course car les marchés sont fermés et les visites se font rares. C'est également le cas pour six autres chauffeurs de taxi qui attendent patiemment une course, ce lundi.

Certains chauffeurs de taxi ne sont pas propriétaires du véhicule et travaillent pour quelqu'un. Ils circulent en journée et doivent verser chaque jour une certaine somme au propriétaire du taxi.

Tout comme Mahamat Ousman, plusieurs "taximan" souhaitent que le prix du carburant soit revu à la baisse. Ils proposent également que les taxis soient autorisés à prendre six personnes afin de stabiliser leur situation, tout en prenant des dispositions hygiéniques. 

De l'avis de clients, l'Etat doit prendre des mesures pour aider les taxis, au risque que ces derniers ne puissent plus tenir assez longtemps.

"D'ici au grand marché, on paye au taxi 200 Fcfa par personne. Il ne prend que trois personnes, doit mettre le carburant, assurer l'entretien et prendre en charge son foyer. C'est compliqué de tout gérer. Je lui ai donné 500 Fcfa car je connais sa situation", explique un client.

Certains chauffeurs de taxi qui travaillent pour le compte d'une personne ont même abandonné le véhicule, compte tenu de la situation.

Fin mars, le ministre des Finances et du Budget a tenu une rencontre avec le patronat et la Chambre de commerce afin d'échanger sur des perspectives visant à éviter un effondrement économique.