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EDITORIAL

Tchad : Les bizarreries de la lutte contre le covid-19


Alwihda Info | Par Steve Djénonkar - 27 Décembre 2020


Un citoyen se lave les mains devant une borne fontaine à N'Djamena. © Ben Kadabio/Alwihda Info
Un citoyen se lave les mains devant une borne fontaine à N'Djamena. © Ben Kadabio/Alwihda Info
L’espoir qui se substitue peu à peu à la détresse dans laquelle est plongée le monde est ébranlée avec la variante du virus récemment découverte au Royaume-Uni. En attendant de vaincre définitivement cette pandémie, votre journal relèvera régulièrement des faits amusants ou révoltants dans la longue et difficile lutte contre cette pandémie au pays.

“Pas de corona au Tchad !’’

La phrase terrorise plus d’un mais elle raffermit les “corona sceptiques’’. Elle est prononcée sans ambages par un responsable d’une autorité administrative autonome lors d’une photo de famille à un atelier de formation. “Il n’y a pas de corona au Tchad’’, a-t-il lâché lorsque les participants à la session ont exigé le port de masque. “Restez sans masque pour qu’on vous reconnaisse’’, recommande-t-il. “On nous a enfermés plus de 600 dans une salle au forum inclusif. Que s’est-il passé ? Qu’on se dise la vérité !’’, renchérit-il.

Des goyaves pour payer une amende

Un soir autour de 20 heures. Une meute de policiers est en faction au marché d’Habbena. La moisson est abondante. Des dizaines de motos raflées, des passants refusant de porter le masque sont systématiquement interpellés. Des amendes arbitraires sont alors empochées. Soudain, un quinquagénaire, plastique en main est arrêté. “Sais-tu que le port du masque est obligatoire, non ?’’, l’interroge l’un des gardiens de paix. L’homme supplie en vain qu’on le libère. “Donne quelque chose avant qu’on ne te libère’’, lui propose le policier. Marché conclu. Le gardien de paix confisque le plastique du contrevenant, lui étant parti quémander l’argent dans une boutique à quelques enjambées de là. Une dizaine de minutes passées, le policier se rend compte de sa stupidité. “Le gars est parti pour de bon, il nous a bien eus’’, soupire-t-il à ses collègues. Pour se venger de lui, ils se partagent ses goyaves abandonnées dans lesquelles ils mordent énergiquement.

Des détenus tous enivrés

En mars, à la notification du premier cas de contamination, les restrictions sont bien fermes : fermeture des espaces publics, couvre-feu débutant dès 19 heures. Les policiers sont stricts quant à l’observance des règles. Les femmes qui préparent les boissons locales sont impitoyablement arrêtées, leur alcool renversé ou emporté. Un soir, au commissariat d’ordre public n° 9, la fête est belle. Les citoyens interpellés pour avoir violé le couvre-feu sont devenus subitement tous ivres. Ils ont vidé des dizaines de litres d’argui (alcool distillé) saisis par la patrouille. “A notre retour de la patrouille, tout le monde tenait un langage confus, d’autres étaient presque dans un coma éthylique’’, témoigne un gardien de paix.








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