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ANALYSE

Tchad : N’Djamena, quand la fortune devient aveugle certaines personnes perdent les valeurs sociales


Alwihda Info | Par Temandang Gontran - 16 Janvier 2026



Tchad : N’Djamena, quand la fortune devient aveugle certaines personnes perdent les valeurs sociales
Dans la société tchadienne, quand certaines réussissent dans leur vie même la salutation, considération, accueil bref tout se mérite avec ces derniers même les membres de la famille.

Ce qui fragilise le tissu de la solidarité africaine. Avoir « des moyens » à N’Djamena semble, pour une certaine catégorie de citoyens, devenir un permis de mépriser les autres. ‎ ‎ Entre arrogance ostentatoire et rupture de la cohabitation, enquête sur une fracture sociale qui ne dit pas son nom.

« Je suis une mère, je fais le travail de ménage mais mon patron n'est pas d'accord du fait que je viens au travail avec mon enfant, soulignant qu'il n'aime pas que ses enfants se familiarise avec les autres enfants. Il m'a dit que je dois laisser mon enfant à la maison, or je n'ai pas une personne qui peut s'occuper de cet enfant. Alors il m'a dit de laisser le travail, c'est ainsi que j'ai été écartée », a témoigné une femme débrouillarde sous l'anonymat.

‎ ‎Il suffit de circuler dans certains quartiers résidentiels, ou de fréquenter les lieux de rassemblement pour le constater : la fortune n'est plus seulement un outil de confort personnel, elle est devenue un piédestal. Pour beaucoup de N’Djamenois, réussir signifie désormais « se placer au-dessus ». ‎ ‎Cette tendance à minimiser ceux dont la classe sociale est inférieure n’est pas qu’une impression.

C’est une réalité qui se traduit par des regards fuyants, des paroles condescendantes et une manière de traiter le personnel de maison, ou les petits commerçants comme des citoyens de seconde zone. On confond trop souvent avoir et être, oubliant que la fortune est, par essence, éphémère. « Si tu n'as pas des moyens, tout ce que tu dis n'est pas pris en compte même si tu as raison », affirme Eleazar, un observateur attentif.

‎ ‎La cohabitation difficile, le mur de l'arrogance
‎ ‎Le quartier, qui était autrefois le lieu par excellence de la solidarité et de la veille sociale, devient le théâtre de tensions silencieuses. L’idée même du « bon voisinage » s'effrite. ‎ ‎L'isolement volontaire : certains, une fois la fortune acquise, se barricadent derrière des murs toujours plus hauts, non plus seulement pour la sécurité, mais pour marquer une distance sociale. ‎

Le comportement « difficile » : des résidents refusent de participer aux activités communautaires, ignorent les salutations d'usage ou font preuve d'une morgue qui rend la vie de quartier électrique. ‎
Le mépris du voisinage : dans les cérémonies sociales telles que deuils, mariages, cette hiérarchisation se fait sentir : les places, la qualité du service et même la considération dépendent du prestige financier, créant une amertume profonde chez ceux qui ont moins. ‎

« On dirait que l'argent leur a enlevé la parole et le sourire pour les remplacer par une suffisance qui blesse », témoigne un habitant au quartier Chagoua. ‎ ‎Pourtant, la culture tchadienne repose sur des valeurs de respect mutuel et de dignité, indépendamment des biens matériels. Avoir des moyens financiers ne devrait en aucun cas signifier manquer de respect à ceux qui luttent pour leur quotidien.

Au contraire, dans une société équilibrée, la réussite devrait s'accompagner d'une plus grande humilité et d'un sens accru de la responsabilité envers la communauté. ‎ ‎La richesse qui écrase l'autre n'est pas une réussite, c'est une faillite morale. Il est temps que certaines personnes revoient leur comportement : le respect est dû à l'humain pour ce qu'il est, et non pour ce qu'il possède. Car à la fin, tout est vanité comme dit le Livre saint.



Pour toute information, contactez-nous au : +(235) 99267667 ; 62883277 ; 66267667 (Bureau N'Djamena)