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ANALYSE

Tchad : Un probable soulèvement sur des questions foncières à Bongor


Alwihda Info | Par Livana Feu - 30 Août 2014

Au-delà des haines politiques qu’existent entre les élites de Bongor membres du MPS, une élite, ex chef de file du MPS au Mayo Kebbi/Est, plusieurs fois ministre, par ailleurs chef du village, actuellement membre de la cours des comptes serait en train d’inciter les autochtones contre les autres communautés à Bongor.


PAR  LIVANA FEU
lebondelaville@yahoo.fr
 
Chaque jour qui passe à Bongor, reste inquiétant pour un grand nombre de personne, considérées par un groupuscule comme « les venants ». Certains sociologues pensent que certaines élites autochtones de la ville, ont profité du forum sur les questions foncière initié par Laouna Gong à Bongor, pour s’en prendre aux autres communautés et auraient demandé à tous ceux qui souhaitent reprendre leurs terres, de saisir la justice. Selon certains témoignages recueillis par la rédaction d’Alwihda auprès des jeunes bongorois, Louana Gong, a intervenu par téléphone à la Radio Terre Nouvelle de Bongor, pendant une émission pour déclarer d’un ton grave : « la terre appartient à la communauté et non à l’Etat ». Il a balayé d’un revers de main, les textes du pays régissant le domaine foncier. Ce que l’un des juristes consulté par notre reporter, qualifie « d’anticonstitutionnel». Il faut relever que de tel bavardage écarte les tissus de cohésion pacifique.
 
Pour s’assurer que « les venants », comme a-t-on coutume de les qualifier, n’aient pas l’aisance de se procurer une portion de terre dans la ville, Laouna Gong aurait demandé à la communauté, en tant que « leader » (quartier Bongor Siéké) de ne pas vendre les terrains à ces derniers. Ce qui laisse libre cour à des fausses interprétations. Pendant que le chef de l’Etat donne l’impression de prôner la cohabitation pacifique et la cohésion sociale, ses fervents partisans, sur qui il compte, violent la ligne politique (article 6 du règlement du MPS) au  vu et au su des militants du parti MPS. Ne sont-ils pas en train d’attaquer personnellement le président de la république sur ce point précis des propriétés foncières? En sachant que la ville de Bongor est habitée en grande partie par d’autres communautés, la tentation de soulever les autochtones sur des questions foncières serait de mettre de poudre au feu.
 
Pendant que Laouna Gong et certains de ses partisans supportent mal l’envahissement de la ville de Bongor par les autres communautés venant d’autres contrés du pays, les jeunes de Bongor, eux, ont d’autres préoccupations. Ils exigent une nouvelle politique basée sur le transfert de responsabilités à la jeunesse dans la région de Moyo Kebbi ouest. Cette question qui est probablement pas le bienvenu des anciens leaders de la région, semble constituer le menu d’espoir de la plupart des jeunes de Bongor. « il appartient à la population en générale, et les jeunes en particulier, soucieux de leur avenir et la cohabitation harmonieuse de demain, de faire échouer les plans des politiciens dans la région, qui n’ont pas d’autres avantages que la division politique et clanique. Aujourd’hui, on nous soulève la question foncière, demain les mêmes personnes reviendront dire le contraire quand ça les arrange…. Ils allument le feu et reviennent en cas de satisfaction, jouer au pompier.» clame un cadre de MPS de la localité.
 
En voulant protéger les siens, Laouna Gong serait-il-entrain de sacrifier ceux qu’on qualifie des « venants » à Bongor? Difficile de cerner le discours de celui qui est longtemps considéré comme exemplaire et le politicien habile de la région.
En observant ce silence mortel sur un éventuel soulèvement à Bongor, les autorités politiques de la majorité au pouvoir croient pouvoir tirer profit. Mais en réalité, les questions foncières de la région comme le reste du pays de Toumaï sont récurrentes mais ne sont surtout pas au premier plan de la préoccupation et les revendications des habitants. Pour rappel, n’oublions pas de préciser que Bongor comme toutes les villes du Tchad appartient à tous ceux qui y vivent. Le Tchad est Un et indivisible comme le souligne la constitution. Les conflits des frontières ne seront maitrisables que lorsqu’à l’intérieur du pays, le gouvernement arrive à éviter de telle discrimination ethnique et géographique.