L’école de la rue, une bombe à retardement sociale
Dans les rues de la capitale tchadienne, des cohortes d’enfants errent du lever au coucher du soleil. Entre football de rue et collecte de déchets, ces mineurs, livrés à eux-mêmes, échappent à toute structure éducative. Un phénomène qui inquiète les observateurs et pose la question de l’avenir sécuritaire du pays.
Le vide éducatif : quand la rue remplace l'école
À N'Djamena, le contraste est saisissant. Tandis que les cloches des écoles résonnent pour certains, d'autres investissent les espaces publics. Devant le ministère de la Femme et de l’Aménagement du territoire, le spectacle est quotidien : des dizaines d'enfants s'adonnent au football de rue, au lieu d'être assis sur les bancs d'une salle de classe.
Pour Eliazer, observateur de la vie sociale urbaine, le constat est sans appel : « Ces enfants ne peuvent pas avoir de bons comportements quand ils ne sont pas encadrés par des personnes capables de leur donner des orientations. » En l'absence de modèles et de disciplines, la rue devient leur seule éducatrice, inculquant des codes souvent en décalage avec les valeurs civiques.
Entre survie et délinquance
Pour ces enfants, la journée est une quête permanente. Si beaucoup jouent au ballon, d'autres se transforment en collecteurs d'objets dans les poubelles pour assurer leur subsistance. Cette exposition précoce à la précarité extrême les fragilise. Carine, une citoyenne préoccupée, souligne la dangerosité de cette situation à long terme : « Les enfants qui ne bénéficient pas d’encadrement deviennent un danger pour la société. Ils sont exposés à devenir des voleurs ou des braqueurs. » En effet, sans perspective d'avenir et sans métier, la limite entre la débrouille et la criminalité devient poreuse.
Comment en est-on arrivé là ?
Les causes sont multiples et touchent au cœur de la cellule familiale. Emmanuel, un habitant de la capitale, pointe du doigt la démission de certains parents : « Certains de ces enfants n’ont plus de parents, mais d’autres sont simplement laissés à la merci des quartiers. Leurs parents ne prennent pas soin d’eux. » Qu'il s'agisse d'orphelins de rue ou d'enfants victimes de négligence parentale, le résultat reste le même : une jeunesse "hors-sol", sans racines ni repères.
Un défi pour la sécurité nationale
La question qui brûle toutes les lèvres est la suivante : comment peut-on espérer éradiquer le banditisme de demain quand les enfants d'aujourd'hui sont abandonnés à la nature ? L’éducation ne se limite pas à l'instruction scolaire ; elle est le socle de la cohésion sociale. Tant que la rue restera le principal centre de formation pour une partie de la jeunesse ndjamenoise, les efforts de lutte contre l’insécurité risquent de rester de vains coups d'épée dans l'eau. L'urgence est donc à la fois sociale, éducative et sécuritaire.
Dans les rues de la capitale tchadienne, des cohortes d’enfants errent du lever au coucher du soleil. Entre football de rue et collecte de déchets, ces mineurs, livrés à eux-mêmes, échappent à toute structure éducative. Un phénomène qui inquiète les observateurs et pose la question de l’avenir sécuritaire du pays.
Le vide éducatif : quand la rue remplace l'école
À N'Djamena, le contraste est saisissant. Tandis que les cloches des écoles résonnent pour certains, d'autres investissent les espaces publics. Devant le ministère de la Femme et de l’Aménagement du territoire, le spectacle est quotidien : des dizaines d'enfants s'adonnent au football de rue, au lieu d'être assis sur les bancs d'une salle de classe.
Pour Eliazer, observateur de la vie sociale urbaine, le constat est sans appel : « Ces enfants ne peuvent pas avoir de bons comportements quand ils ne sont pas encadrés par des personnes capables de leur donner des orientations. » En l'absence de modèles et de disciplines, la rue devient leur seule éducatrice, inculquant des codes souvent en décalage avec les valeurs civiques.
Entre survie et délinquance
Pour ces enfants, la journée est une quête permanente. Si beaucoup jouent au ballon, d'autres se transforment en collecteurs d'objets dans les poubelles pour assurer leur subsistance. Cette exposition précoce à la précarité extrême les fragilise. Carine, une citoyenne préoccupée, souligne la dangerosité de cette situation à long terme : « Les enfants qui ne bénéficient pas d’encadrement deviennent un danger pour la société. Ils sont exposés à devenir des voleurs ou des braqueurs. » En effet, sans perspective d'avenir et sans métier, la limite entre la débrouille et la criminalité devient poreuse.
Comment en est-on arrivé là ?
Les causes sont multiples et touchent au cœur de la cellule familiale. Emmanuel, un habitant de la capitale, pointe du doigt la démission de certains parents : « Certains de ces enfants n’ont plus de parents, mais d’autres sont simplement laissés à la merci des quartiers. Leurs parents ne prennent pas soin d’eux. » Qu'il s'agisse d'orphelins de rue ou d'enfants victimes de négligence parentale, le résultat reste le même : une jeunesse "hors-sol", sans racines ni repères.
Un défi pour la sécurité nationale
La question qui brûle toutes les lèvres est la suivante : comment peut-on espérer éradiquer le banditisme de demain quand les enfants d'aujourd'hui sont abandonnés à la nature ? L’éducation ne se limite pas à l'instruction scolaire ; elle est le socle de la cohésion sociale. Tant que la rue restera le principal centre de formation pour une partie de la jeunesse ndjamenoise, les efforts de lutte contre l’insécurité risquent de rester de vains coups d'épée dans l'eau. L'urgence est donc à la fois sociale, éducative et sécuritaire.
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Tchad : à N'Djamena, comment éradiquer le banditisme de demain quand les enfants d'aujourd'hui sont abandonnés ?







