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Tchad : à N’Djamena, mystère autour d'un déficit de près de 5 millions dans une cave ‎ ‎


Alwihda Info | Par Temandang Gontran - 19 Février 2026



Le Tribunal de Grande Instance (TGI) de N’Djamena a examiné, ce 18 février 2026, une affaire d’abus de confiance présumé opposant une propriétaire de cave située à Chagoua dans le 7e arrondissement à son gérant. Au cœur du litige, un déficit financier de 4 991 700 francs CFA et la disparition mystérieuse de pièces comptables cruciales. ‎ ‎

Un inventaire contradictoire ? ‎ ‎
Selon la partie civile (la plaignante), ce manquant a été constaté après trois jours de vérifications. Elle affirme avoir remis son registre de comptes au prévenu pour une vérification à tête reposée.

Cependant, elle soutient que l'employé aurait ensuite pris la fuite, restant injoignable et emportant avec lui les documents comptables, ce qui s'apparente à un abandon de poste. Elle a également révélé que le gérant aurait indûment délivré des bons de marchandises d'une valeur de plus de 400 000 FCFA à une tierce personne. ‎ ‎

À la barre, le prévenu a rejeté ces accusations. Il soutient que le calcul a été effectué de manière contradictoire avec son employeur et qu'il s'était engagé à rembourser tout éventuel reliquat. Selon sa version, il se serait présenté au domicile de la plaignante pour clarifier la situation, mais celle-ci l'aurait éconduit pour indisponibilité. Il prétend avoir laissé les registres sur place. ‎ ‎

Le dilemme de la preuve
‎ L'audience a tourné au bras de fer autour de la charge de la preuve. Les fameux cahiers de comptabilité, éléments matériels essentiels pour établir la vérité, sont portés disparus. Chaque partie rejette la responsabilité de cette perte sur l'autre. Devant la cohérence et le calme des deux versions opposées, le tribunal a fait face à une véritable impasse factuelle. ‎ ‎

Réquisitions et plaidoiries
‎ ‎ Dans ses réquisitions, le ministère public, estimant les faits suffisamment caractérisés, a requis la culpabilité du prévenu. Le procureur a demandé une peine d'un an d'emprisonnement ferme assortie d'une amende de 100 000 francs CFA. ‎ En réplique, l'avocat de la défense a plaidé la relaxe, invoquant le principe du bénéfice du doute.

« En matière correctionnelle, la preuve est de droit », a-t-il rappelé, soulignant qu'en l'absence des registres comptables (l'élément matériel), le tribunal ne peut entrer en voie de condamnation contre son client. ‎ ‎

Décision en attente
‎ ‎Face à la complexité des débats et à l'absence de preuves tangibles, le tribunal a ordonné le renvoi de l'affaire au 25 février 2026 pour délibéré ou complément d'information. En attendant le verdict, le prévenu a été reconduit en détention provisoire à la maison d’arrêt de Klessoum. ‎ ‎



Pour toute information, contactez-nous au : +(235) 99267667 ; 62883277 ; 66267667 (Bureau N'Djamena)