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REPORTAGE

Tchad : conditions difficiles de production du pain à Ndjamena


Alwihda Info | Par Mbainaissem Gédéon - 2 Juin 2021

La mairie, les associations des droits des consommateurs et les autorités en charge du contrôle d’hygiène, doivent inspecter régulièrement l’ensemble des boulangeries, pour s’assurer des saines conditions de travail.


La ville de N’Djamena connait une prolifération des boulangeries qui mettent à la disposition de la population, des pains dont personne ne connaît toujours pas la provenance, encore moins la composition. Dans les boulangeries de la place, à savoir du rond-point Hamama, la Boulangerie Hanana, à la rue de 40 m, la boulangerie Rotative au quartier Moursal, en face du siège de Sotel, où nous avons eu à sillonner, les tentatives d’entrer en contact avec les responsables, depuis une semaine, sont restées vaines. Sauf la boulangerie Hyba, sise au quartier Absatna, nous a accordé ce privilège.

À la boulangerie Hyba, au quartier Absatna, le responsable commercial, Mahamat Ahmat, a fait savoir que la boulangerie a quatre usines de production dans la ville de N’Djamena. A l’entrée de cette boulangerie, se trouve des machines, des chariots, des caisses, des sacs de farine de blé et des cartons de levures. À l’intérieur, les employés sont habillés en tenue de travail simple et ample. Certains ont des masques de protection et d’autres non. Les tâches sont différentes : alors que certains arrangent les sacs de farine en tas, d’autres préparent les pâtes ou surveillent les différentes étapes de production.

Ingrédients de fabrication
D’après les explications du directeur commercial, Mahamat Ahmat, devant les machines, les ingrédients nécessaires pour la fabrication sont très simples : l’eau, le sel, la farine de blé et l’agent de fermentation. Le tout est lié dans une machine à pétrissage. Après le temps de pétrissage, l’on en vient à l’étape de pesage pour déterminer la quantité de farine pétrie, avant le repos. Une fois le pain reposé, s’en suit l’étape de façonnage ; les pains sont façonnés et arrangés dans les plaques de cuissons.
Une fois cette étape, ils sont mis dans les chariots pour aller à la chambre de fermentation (un chariot prend 384 pains). De la chambre de fermentation, c’est aussitôt la cuisson au four électrique. « La cuisson en saison des pluies prend du temps, mais en cette période de chaleur, ça ne prend pas de temps », explique-t-il.
De la cuisson, les pains sont automatiquement distribués aux grossistes et à la cabane pour la vente. Le prix unitaire de l’usine aux grossistes est de 85 FCFA et 100FCFA à la cabane. Le poids d’un pain Hyba est de 150 grammes, par contre, dans d’autres boulangeries, le poids varie entre 75 et 100 grammes.

Conditions de production
Hassan Abdallah est livreur de pains dans les quartiers périphériques de N’Djamena. Il a plus de cinq ans d’expérience. « Je sors à 4h 30 pour me rendre dans les boulangeries où j’ai l’habitude de prendre les pains. Je commande alors la quantité que je veux dans ces différentes boulangeries et je commence la distribution dans les quartiers où je livre. Mes clients, les boutiquiers, n’ont pas besoin de se déplacer. Je leur livre les pains sur place, et chacun, par rapport aux besoins de son quartier, paye la quantité souhaitée », précise-t-il. « Je prends l’unité dans les boulangeries en dessous de 100 FCFA et je livre au prix de 100 FCFA. Le déplacement, le carburant, tout le reste est à ma charge. C’est mon travail depuis des années, c’est avec ça que je nourris ma famille, je paye la location et j’épaule mes parents au village. Je ne connais pas un autre travail », explique Hassan Abdallah.

De nombreuses boulangeries dans la ville de N’Djamena produisent quotidiennement du pain pour les consommateurs. Les clients sont partagés en fonction de leur choix et leurs besoins de consommation. Chaque client a son choix de pain. De nombreuses boulangeries ont refusé l’accès aux journalistes. La mairie, les associations des droits des consommateurs et les autorités en charge du contrôle d’hygiène doivent inspecter l’ensemble des boulangeries régulièrement, pour s’assurer des bonnes conditions de production. La santé n’a pas de prix, chaque client doit faire le choix de sa nourriture, et surtout, dans les conditions nécessaires et saines pour éviter d’attraper des maladies.

Tchad : conditions difficiles de production du pain à Ndjamena