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REPORTAGE

Tchad : "il ne faut plus que l'État parle de vitrine de l'Afrique"


Alwihda Info | Par Mariam Tchou Allatchi - 27 Octobre 2019


La capitale N'Djamena est de plus en plus envahie par la boue, bloquant les axes routiers empruntés quotidiennement par les usagers. Comme chaque année, l'eau de pluie se mélange à la terre et aux détritus, formant des dépôts boueux communément appelés "boutas".

Dans certains endroits, il est difficile de respirer correctement à cause des dépôts d'ordures qui jonchent le sol. Les citoyens savent que le changement n'est pas pour demain, et se disent mal à l'aise.

"Il ne faut pas que l'Etat parle de vitrine de l'Afrique", s'insurge Mahamoud, piéton à N'Djamena.

D'après lui, "c'est la honte pour nous si les étrangers arrivent et voient la réalité de notre capitale. Nous sommes dans la merde. On ne dort pas tranquille. Il y a énormément de moustiques dans les quartiers. On n'arrive même pas à rester en dehors de la maison à partir de 18 heures. En plus, le matin, dès le lever du soleil, il y a une odeur insupportable parce que les ordures sont déposées à côté de la boue."

Face à la crise économique, la mairie de N'Djamena est de moins en moins présente. "N'en parlons plus d'elle. On ne la vois même pas faire des gestes comme auparavant. Ils ont été remplacées par de rares actions citoyennes", indique un usager.

Dans les endroits périphériques de la ville de N'Djamena, à l'exemple de Gassi et Goudji, certains axes sont complètement bloqués par les "boutas".

D'autres citoyens s'interrogent sur le rôle des députés. "Depuis fort longtemps, moi je n'ai jamais senti leur présence au sein de la société. Ou bien ils gèrent seulement la population depuis leurs bureaux ? Nous sommes fatigués d'eux. Il faut qu'ils arrêtent avec leur façon de faire et qu'ils foncent pour contribuer à l'hygiène de la ville de N'Djamena", estime Franck, un habitant de la zone de Gassi.

"Lorsque des chefs d'Etat étrangers sont en visite au Tchad ou lorsqu'il y a des sommets, les visiteurs voient tout ce qui est dans notre pays. Ils savent bien que nous vivons avec des maladies épidémiques liées à l'insalubrité et le manque d'hygiène", déplore-t-il.

La salubrité est également une question de mentalité, ce que défend le maire de la ville de N'Djamena, Saleh Abdelaziz Damane qui se demande si les tchadiens aiment leur pays. Récemment dans un quartier de N'Djamena, un voisin a déblayé et arrangé toute la rue pour faciliter le passage et améliorer l'hygiène. Dès le lendemain, les voisins sont revenus déposer des ordures en plein milieu de la rue.






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