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Tchad : les chefs traditionnels et coutumiers dans le viseur du Gouvernement


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 20 Juin 2019 modifié le 20 Juin 2019 - 20:09



Des chefs traditionnels réunis lors d'une conférence à N'Djamena. © DR
Des chefs traditionnels réunis lors d'une conférence à N'Djamena. © DR
Le Gouvernement veut redéfinir le rôle et la mission des autorités traditionnelles et coutumières. Un projet de loi organique a été adopté jeudi en conseil des ministres.

Le texte soumis par le ministère de l'Administration du territoire, de la Sécurité publique et de la Gouvernance locale, porte statut et attributions des autorités traditionnelles et coutumières.

Il redéfinit les droits et devoirs des autorités traditionnelles et coutumières, prévoit les sanctions ainsi que les entités administratives de base et leur fonctionnement.

Des "laxismes dans la gestion des affaires"

Début juin, le ministre Mahamat Abali Salah a démis de leurs fonctions le chef de canton de Goï Godoum, Tomba Dadina Zoutené et le sous-préfet de Torrock, Badaoussa Kiori, suite aux violences  qui ont opposé les communautés Moundang et Mousseye, le 24 mai dernier dans la sous-préfecture de Torok, chef-lieu du département du Mayo-Dallah, province du Mayo-Kebbi ouest.

Le 29 mai dernier, le ministre de l'Administration du territoire, de la Sécurité publique et de la Gouvernance locale, a suspendu par arrêté, sept chefs coutumiers et traditionnels dont le Sultan du Dar Ouaddaï, Mahamat Ourada, à la suite des conflits communautaires meurtriers dans les provinces du Ouaddaï et du Sila.

Il leur a été reproché un "laxisme avéré et complaisance à outrance dans la gestion des affaires, laissant ainsi s'instaurer un désordre total engendrant une confrontation meurtrière entre communautés". 

Le 1er mars 2019, le chef de canton Kabalaye dans le département de la Tandjilé Est, Barka Pina, a été révoqué par décret de ses fonctions pour manquements graves.

Les chefferies traditionnelles "dévient de leur mission"

En décembre 2018, le ministre de la Sécurité publique a dénoncé, lors d'un conseil des ministres, la "situation peu commode des chefferies traditionnelles qui semblent dévier de leur mission première de gestion et d’encadrement des concitoyens." 

"Dépositaire et garante de nos us et coutumes, la chefferie traditionnelle au Tchad est l’objet d’otage des personnes qui sont parvenues à la tête de celle-ci, non pas pour servir la population mais pour assouvir leurs propres désirs égoïstes", estimait le ministre.

En réponse, le président Idriss Déby lui avait demander de prendre des mesures pour "éviter ainsi au Tchad des situations aux conséquences désastreuses".