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REPORTAGE

Tchad : les parents contrôlents-ils les cahiers de leurs enfants ?


Alwihda Info | Par Tchonchimbo Ouapi Raphaël - 28 Mars 2022

L'éducation est l'unique moyen qui, depuis la nuit des temps, rend l'homme différent des animaux. Il y a l'éducation familiale (parentale), religieuse, scolaire et celle de la rue. La formation de base à l'école nécessite un suivi de proximité incombant aux parents, à l'État et aux enseignants. Et c'est ce qui fait dire que l'éducation est l'affaire de tous.


À chaque rentrée scolaire, les parents envoient leurs progénitures à l'école ; dans différents établissements scolaires public et privée afin de recevoir une formation et s'ouvrir sur le monde en général. Les parents se donnent de la peine pour scolariser leurs enfants. Malheureusement, les parents, dans la grande majorité, multiplient eux-mêmes par zéro ces efforts consentis car ils ne suivent pas l'évolution de leurs enfants. Ils omettent de vérifier les cahiers des enfants à leur retour des classes.

Une institutrice à l'école primaire Al-AIEINI, s'exprimant sous l'anonymat, explique que "bon nombre d'élèves viennent à l'école mais n'entrent pas en salle. Ils passent leur temps à s'amuser tout autour de l'établissement. Si les parents vérifiaient les cahiers, ils constateraient les absences".

"Déjà, les leçons de chaque jour doivent être vues automatiquement. Ça explique combien les parents négligent cet aspect de vérifier l'évolution des enfants à l'école", déplore l'enseignante.

Ce qui peut paraitre hallucinant, le défunt président Idriss Deby a fait signer en son temps un décret qui n'arrange pas du tout les choses : du CP1 au CM2, l'élève ne redouble pas, même sans la moyenne pour passer en classe supérieure.

"La vérification des cahiers des enfants par les parents est très importante : ça permet de voir si l'élève va régulièrement en salle de classe. Deuxième aspect, ça permet de voir si l'enfant comprend bien les leçons", affirme Jepta Yafiya Jérémie, enseignant de mathématiques à l'École normale supérieure (ENS).

"En ce qui me concerne, en tant qu'enseignant en mathématiques, il est facile pour moi de détecter les niveaux de mes élèves car ils doivent faire le rappel chaque matin avant d'entamer la nouvelle leçon. De cette manière, ils sont obligés de se mettre au travail", explique Jepta.

Si certains parents ont négligé la vérification des cahiers des enfants, ce n'est pas le cas de tous. Une mère de famille, Linra Mahouli, enseignante dans une école privée au quartier Amtoukouin dans le 7ème arrondissement, rapporte son expérience : "C'est un problème d'organisation, il faut habituer les enfants dès les cours préparatoires, cours moyens, afin de les aider à apprendre. Il ne faut jamais laisser toutes les tâches aux enseignants ou instituteurs. Non ! Les cinq heures qu'ils passent à l'école ne suffisent pas, il faut vérifier et demander à l'élève s'il a compris ou retenu la leçon".

"Je fais ce travail deux heures après le retour de classe de mes enfants. Certains parents d'élèves ont compris. Qu'est-ce qu'ils font ? Ils trouvent un répétiteur pour leurs enfants à la maison. C'est ce qui devrait se faire mais la question financière ne permet pas à tous de faire ainsi", souligne Linra.

Inscrire son enfant à l'école est une chose mais le suivre en est une autre. Il faut un suivi en toute chose pour avoir un bon résultat. Comme l'a dit le défunt président sud-africain Nelson Mandela : "l'éducation est l'arme la plus puissante qu'on puisse utiliser pour changer le monde". Cela est bien vrai mais ne se fera jamais sans un suivi quelconque. L'effort commun du gouvernement, des parents, des enseignants et des élèves pourra changer beaucoup de choses dans le bon sens.