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REPORTAGE

Tchad: médecine traditionnelle, mythe ou réalité ?


Alwihda Info | Par Mbaïnaissem Gédéon - 14 Juillet 2021

La médecine traditionnelle est la mère de la médecine moderne. Mais celle-ci peu valorisée par certains hommes et femmes, devient aujourd’hui un ennemi commun à combattre sur la scène nationale et internationale.


Tchad: médecine traditionnelle, mythe ou réalité ?
En Afrique de l’ouest, tout comme en Afrique centrale, la médecine traditionnelle est pratiquée par tous, en raison de son efficacité face à d’énormes maladies mystiques. Cette médecine traditionnelle fait un travail en amont, pour aider les gouvernants dans leurs politiques sanitaires, en guérissant des maladies que la médecine moderne n’a pu traiter. Ces tradipraticiens travaillent en synergie avec la médecine moderne.
 
Selon le président de la Fédération nationale des associations des praticiens de la médecine traditionnelle au Tchad (Fenapmt), Abderamane Modou, la médecine traditionnelle a fait un travail remarquable et demeure dans la continuité pour le bien-être de la population. Pour lui, cette médecine traite plusieurs maladies, telles que la gonococcie, l’épilepsie, la fièvre jaune, l’hépatite B, C et D, les pertes blanches, le fibrome, le kyste, les trompes bouchées, l’infertilité, l’hémorroïde interne et externe, la goutte, le rhumatisme, etc.
 
Ces maladies sont traitées à base de produits provenant des racines, des guis, des tiges et des fleurs 100% naturelles. Les patients expriment de la satisfaction après traitement. D’autres viennent dire merci, parfois avec des cadeaux, a-t-il souligné. Abderamane Modou a signifié que la Fenapmt travaille en étroite collaboration, avec le ministère de la Santé et les praticiens, sur toute l’étendue du territoire national et de l’Afrique.
 

Tchad: médecine traditionnelle, mythe ou réalité ?
Le président national de la Confédération nationale des tradipraticiens du Tchad (Cntt), Mbaïtessem Khamis, a pour sa part déclaré que la médecine traditionnelle est une médecine incontournable. Elle travaille d’arrache-pied, pour répondre aux attentes des populations. Mbaïtessem Khamis de souligner qu’aujourd’hui au Tchad, la médecine traditionnelle est une référence. Car beaucoup de maladies ont été soignées par le biais de cette médecine.
 
Aujourd’hui, la Fenapmt et la Cntt sont à même de fournir des rapports sur les différents cas de maladies traités, avec les références. Les cas les plus récurrents sont ceux liées à l’infertilité, la faiblesse sexuelle, les hépatites, la fièvre typhoïde, etc.
 
Les deux responsables de ces organisations ont aussi affirmé que leur travail se focalise sur des consultations physiques. S’il s’avère par la suite que le cas nécessite des examens et donc du ressort de la médecine moderne, alors ils conseillent au malade de se rendre à l’hôpital et revenir avec les résultats d’examens, pour le soumettre à un traitement appropriés.
 
« Les produits sont prescrits sur une ordonnance, avec une dose bien indiquée. Ils sont de plusieurs ordres (tisanes, liquide, oignons sauvages, etc). Ils n’ont aucun effet secondaire. Ils sont bien protégés dans des bouteilles et sachets bien embellis, avec les notices », ont-ils relevé.
 
Avant d’ajouter : « D’ailleurs, nous sommes une médecine traditionnelle et non de charlatan ou de marabout. Nous procédons à des consultations, puis nous travaillons sur les résultats des examens médicaux issus des hôpitaux modernes. Que la population sache qu’il y a une différence entre nous les praticiens et les magiciens ou encore les charlatans », ont-ils conclus.
 

Tchad: médecine traditionnelle, mythe ou réalité ?
Abderamane Modou a lui expliqué que plusieurs difficultés d’ordre financier, technique et matériel rendent lourdes le travail. « Bien sûr, nous sommes une médecine traditionnelle. Mais nous travaillons dans l’informel », a-t-il indiqué. Et de poursuivirent : « Nous avons écris et crié sur tous les toits, pour qu’il y ait un texte qui nous régit, en vue d’avoir un Conseil national de tradipraticien (Cntt). Mais en vain. Des documents que nous avons rédigés…..Mais hélas les dossiers aspirent les poussières dans les armoires quelque part au bureau. Nous sommes membres des Tradipraticiens d’Afrique. Mais jusqu’aujourd’hui, nous n’avons pas un siège national. Parfois nous sommes combattus, par nos confrères de la médecine moderne ».
 
Abderamane Modou a également déclaré : « Nous avons voulu mettre sur pieds une école de la médecine traditionnelle, afin de former les jeunes désireux de se lancer dans ce domaine. Nous sommes appelés à mourir un jour. Mais si nous ne laissons pas d’héritage, c'est qu’un jour, le monde sera difficile ».
 
Il a conclu : « Notre difficulté au Tchad, est le manque de volonté politique à nous accompagner. Chaque ministre vient avec son programme. Ainsi, nos dossiers traînent au ministère, depuis des années. À chaque fois, on nous demande de renouveler. A maintes reprises et toujours sans suite. C'est vraiment lamentable. Or nous faisons un travail remarquable, pour aider le gouvernement dans sa politique de santé et du bien être familial ».