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REPORTAGE

Tchad : retour aux sources pour certains avec l'état d'urgence


Alwihda Info | Par Abba Issa - 23 Novembre 2019 modifié le 23 Novembre 2019 - 23:42


Tchad : retour aux sources pour certains avec l'état d'urgence. © Alwihda Info
Tchad : retour aux sources pour certains avec l'état d'urgence. © Alwihda Info
L'instauration de l'état d'urgence dans trois provinces du pays -le Sila, le Tibesti et le Ouaddai- par les plus hautes autorités afin d'arrêter les conflits inter-communautaires, semble trouver un sens, notamment avec la réglementation de la circulation des motos.

Dans la province du Ouaddai, l'âne était un moyen de transport par excellence, abandonné à son triste sort par certains paysans au profit des engins à deux roues. Il retrouve sa valeur et sa lettre de noblesse de l'époque. Depuis la mesure d'interdiction de circulation des motos par le président de la République, une paysanne d'un village du département affirme que ses parents n'ont "jamais connu l'histoire des motos". Ils voyageaient avec le cheval et l'âne, tandis qu'ils faisaient leurs activités des travaux champêtres avec ces animaux.

"Avec la propagation des engins à deux roues, certains les utilisent pour commettre des actes de vendalisme. Tous nos enfants ont payé ces motos pour se déplacer avec en ville, dans les lieux de cérémonie. Maintenant que l'État a interdit les engins à deux roues, je suis très, très contente puisqu'ils ne partent pas loin de nous", explique cette dame.

"Je n'ai jamais écouté depuis lors : maman, je veux de l'argent pour dépanner ma moto", ajoute-t-elle.

Cette mesure est également soutenue par une personne âgée qui l'a qualifie de salutaire. "Sauf que nous les citadins qui avons l'amour de la terre nourricière et qui avons labouré à quelques kilomètres de la ville d'Abéché, cette interdiction a joué un peu sur nos champs. Certaines personnes ont vu leurs champs envahis par les herbes fautes des moyens de déplacement", déplore-t-il.

Cette interdiction de circulation des motos est loin de faciliter la tâche de ceux qui disposent d'un champ un peu éloigné de la ville.

"Par exemple, vous avez une famille à nourrir ; votre champ est un peu éloigné et il faut payer à chaque fois 2000 Francs CFA allez/retour à un propriétaire de Rakcha pour votre déplacement. Et si vous n'avez rien ?", s'interroge ce sage qui appelle à méditer sur la question.

Toutefois, les habitants sont convaincus d'une chose : cette mesure est pour le bien être de la population malgré qu'elle a eu un impact sur les activités agricoles de cette année dans la province du Ouaddai.