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REPORTAGE

Tchad : sous les viaducs de N'Djamena, l'incivisme et l'insécurité


Alwihda Info | Par Malick Mahamat Tidjani - 31 Août 2019 modifié le 31 Août 2019 - 14:25


Tchad : sous les viaducs de N'Djamena, l'incivisme et l'insécurité. © Alwihda Info
Tchad : sous les viaducs de N'Djamena, l'incivisme et l'insécurité. © Alwihda Info
A N'Djamena, ces dernières années, des viaducs ont été construits sur certains axes principaux de la ville, là où l'afflux de circulation est très important et provoque des embouteillages. Ces échangeurs ont été bâtis pour faciliter la fluidité de la circulation des engins à quatre roues. Pourtant, un tour dans les différents viaducs permet de se rendre à l’évidence qu'ils ne servent pas seulement à limiter l'encombrement de la circulation mais abritent également des activités de toutes sortes.

Sous le viaduc du carrefour appelé communément "Tacha Moussoro", au quartier Diguel, les lieux sont transformés en dépôt sauvage d'ordures. Malgré l'interdiction formelle des autorités communales, cette décision peine à être appliquée dans la pratique. Le constat est amer, dû à l’attitude peu orthodoxe de certains concitoyens qui ne prennent pas soin de certaines infrastructures d’utilité publique.

Le viaduc de Diguel est transformé en dépotoir. Certains citoyens défèquent ou urinent à l'air libre, tandis que des marchands ont pris d’assaut l'endroit pour écouler leurs marchandises.

À quelques mètres du "campement" de marchands ambulants, quelques mendiants et des individus s'abritent sous un hangar qui sert de lieu de causerie et de repos.

Au viaduc de Diguel Riad, situé à quelques encablures du marché, des petites activités commerciales menées par quelques femmes et hommes prennent place. Ce viaduc s'est carrément transformé en un petit marché, allant jusqu’à obstruer la circulation au vu et au su des agents communaux.

Un vendeur ambulant nous confie qu’il doit payer 200 Francs CFA chaque matin aux agents municipaux en guise de pot-de-vin, afin de pouvoir s'installer sous le hangar du viaduc et écouler ses produits tranquillement.

Le viaduc sert de carrefour de stationnement pour les moto-taxis, ou de repère pour le petit banditisme. Pas très loin, des policiers veillent à la circulation routière.

À proximité du Palais du 15 janvier, le viaduc est devenu une zone qui sert d'urinoir pour certains citoyens, et un lieu de repos ou de distraction pour d’autres. Il sert aussi de camp de retranchement au petit banditisme. C'est également le même constat sous le viaduc du marché de Dembé.

Le viaduc du marché de Dembé, seul endroit qui se distingue des autres, fait l'objet d'une sécurité renforcée avec des policiers en faction qui surveillent étroitement tout mouvement inhabituel. Toutefois, cela n’empêche pas d'observer de temps en temps certains individus au comportement incivique qui urinent en plein air.

A la mairie de N'Djamena, la question de la salubrité de la capitale est prise très au sérieux et préoccupe. Le maire de N'Djamena, Saleh Abdelaziz Damane ne manque pas de le rappeler à chaque descente. "On se pose la question, est-ce que la population aime ce pays ? Je me pose la question", a-t-il déclaré, il y a quelques jours, lors d'un déplacement à N'Djamena.

Les autorités communales ont un défi de taille, celui de faire appliquer à la lettre la question de la salubrité, notamment sous ces viaducs, mais aussi de remettre de l'ordre face à la prolifération de certaines activités qui ne contribuent qu'à obstruer la fluidité de la circulation.

Une campagne contre la défécation à l'air libre

En janvier dernier, une campagne de vulgarisation de l'opération de lutte contre la défécation en plein air d'ici 2030 a été lancée.

Selon un rapport du programme conjoint de suivi de l'Unicef et de l'OMS publié en 2017, environ 9 millions de personnes au Tchad, soit 68% de la population, défèquent à l'air libre. Ces agissements prennent une proportion préoccupante.

Pour enrayer le phénomène, le gouvernement et ses partenaires ont officiellement lancé dans la province du Chari-Baguirmi une campagne de vulgarisation de la feuille de route de l'opération "Tchad sans défécation à l'air libre".

Tchad : sous les viaducs de N'Djamena, l'incivisme et l'insécurité. © Alwihda Info
Tchad : sous les viaducs de N'Djamena, l'incivisme et l'insécurité. © Alwihda Info

Tchad : sous les viaducs de N'Djamena, l'incivisme et l'insécurité. © Alwihda Info
Tchad : sous les viaducs de N'Djamena, l'incivisme et l'insécurité. © Alwihda Info

Tchad : sous les viaducs de N'Djamena, l'incivisme et l'insécurité. © Alwihda Info
Tchad : sous les viaducs de N'Djamena, l'incivisme et l'insécurité. © Alwihda Info