Accueil
Envoyer à un ami
Imprimer
Grand
Petit
Partager
ANALYSE

Tchad : un bilan de plus en plus controversé


Alwihda Info | Par - 1 Décembre 2017

La Place de la Nation a abritée une cérémonie de prise d'armes sous l’auspice du président Idriss Deby Itno en présence de son homologue soudanais Oumar Hassan El-Béchir.


Le Tchad commémore ce vendredi 1er décembre 2017, le 27ème anniversaire de la journée de la Liberté et de la Démocratie au Tchad qui marque l'accession du président Deby au pouvoir après avoir renversé le régime du président Hissein Habre par la force des armes. 

La Place de la Nation a abritée une cérémonie de prise d'armes sous l’auspice du président Idriss Deby Itno en présence de son homologue soudanais Oumar Hassan El-Béchir, des membres du gouvernement et de plusieurs représentants de chancelleries occidentales. 

Différents détachements de l'État major général des armées, de la gendarmerie nationale, de l'armée de l'air, de la garde nationale et nomade du Tchad, de la police nationale, des éléments des Eaux et Forêts, de la police municipale et des anciens combattants ont respectivement défilé les uns après les autres, ponctué d'un survol du ciel par quelques avions de chasse et d'hélicoptères de combat de l'armée tchadienne, sous l'acclamation d'un public sorti peu nombreux. 

Avant le déroulement de ce défilé militaire, le président Idriss Deby est venu serrer la main de son homologue soudanais, suivi de quelques accolades, d'échange de mots et de rires, traduisant l'excellence des relations qu'entretiennent ces deux pays voisins liés par l'histoire et la géographie. 

Le bilan de 27 ans de règne du président Idriss Deby semble être controversé. Le dirigeant tchadien est de plus en plus accablé ces derniers temps par le soupçon qui pèse sur lui, révélé par la justice américaine, après avoir reçu un pot-de-vin lié à l'octroi d'un permis d'exploitation du pétrole tchadien. Pourtant, le Président clame son innocence dans cette affaire. 

A cela s'ajoute aussi l'affaire de l'immatriculation d'un avion et la révélation d'un rapport pointu accusant les autorités de pratiquer des violations massives des droits de l'homme, et de restreindre les libertés fondamentales par l'intensification des arrestations arbitraires des activistes et des leaders de la société civile tchadienne. 

Pire encore, l'assassinat de 10 prisonniers en transfèrement à la prison de Koro Toro cette année, dont les commanditaires seraient trois généraux haut gradés nullement inquiétés par la justice, malgré la gravité du crime commis. 

Le Tchad traverse une conjoncture économique et financière très difficile depuis 2015 dû officiellement à la chute drastique du prix de pétrole sur le marché international, mais aussi à l'absence de diversification des ressources générées par le pétrole. La facture d'une mauvaise gouvernance entretenue par le régime du président Déby est également pointée du doigt.

L'intervention du Tchad à l'extérieur de ses frontières pour combattre le terrorisme a permis de redorer l'image du président Idriss Deby Itno et du pays, considéré comme un rempart contre le terrorisme au Sahel. 

Sous le règne du président Idriss Deby, plusieurs cadres compétents ont été promus à des postes de responsabilités sur la scène sous-régionale, continentale et internationale. 

Cet officier sorti d'une prestigieuse école de formation militaire en France, a réussi à instaurer une stabilité relative au pays après avoir fait face à plusieurs mouvements hostiles d'opposition armée qui l’ont sérieusement menacé en 2006 et en 2008. C'est l'un des seuls présidents tchadien qui a injecté des milliards de francs dans des infrastructures hospitalières, routières et surtout universitaires dans plusieurs régions du Tchad, pour permettre à ses compatriotes d'en bénéficier.

Cet allié inconditionnel de la France devra faire face aux conséquences de la chute du prix de pétrole pendant quelques années, ce qui fragilise son régime et a pour conséquences immédiates la montée de la grogne sociale, les menaces que font peser plusieurs mouvements rebelles tchadiens en recomposition en Libye et au Darfour. En effet, ces groupes rebelles, bien que ne présentant pas une menace dans l'immédiat de nature à inquiéter le Palais rose, cherchent à le renverser.

La rupture des relations diplomatiques avec le Qatar et les relations tendues avec les États-Unis n'augurent pas un avenir radieux.

Tchad : un bilan de plus en plus controversé

Djimet Wiche Wahili
Journaliste, directeur de publication. Tél : +(235) 66304389 E-mail : djimetwiche@gmail.com En savoir plus sur cet auteur