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‎Tchad : l'école de Vridjibao l'oubli au cœur du Mayo-Kebbi Ouest ?


Alwihda Info | Par Temandang Gontran - 4 Février 2026



À seulement entre trois et quatre kilomètres du côté nord-ouest de Pala, le temps semble s'être arrêté à l'école primaire du village de Vridjibao, pas de changement sur le plan de structure. Créée en l'an 2000, cette institution, censée former l'élite de demain, offre aujourd'hui un spectacle désolant qui souligne les fractures béantes du système éducatif tchadien. ‎ ‎

Un quart de siècle dans le dénuement
‎ ‎ Vingt-six ans. C’est le temps qu’il a fallu à l'école officielle de Vridjibao pour passer du statut d'espoir communautaire à celui de symbole de la précarité scolaire. Malgré sa proximité avec le chef-lieu de la province du Mayo-Kebbi Ouest, l'établissement ne dispose d'aucune infrastructure digne de ce nom.
‎Ici, le béton est un luxe inconnu. Les salles de classe ne sont que de frêles hangars de fortune, bricolés avec des tiges de mil et recouverts de paille avec d'épines derrière comme protection contre les animaux.

Ces abris, vulnérables aux vents et à la moindre intempérie, servent de rempart dérisoire pour des enfants dont la soif d'apprendre semble être le seul moteur. « Souvent il faut attendre la période de récolte pour profiter des tiges qui deviennent le bâtiment, cela constitue une source de retard de la rentrée scolaire », affirme Kochakbé Édouard, un habitant du village. ‎ ‎

Des briques en guise de pupitres
‎ ‎À l’intérieur de ces salles de classe, le décor est frappant : ‎pas de bancs-pupitres, la majorité des élèves s'assoient à même le sol ou sur des morceaux de briques et de bois récupérés. Des matériaux précaires, les murs en tiges de mil laissent passer la poussière et le bruit, rendant la concentration quasi impossible. ‎

En saison des pluies, les cours sont systématiquement interrompus, privant les enfants de précieuses heures d'apprentissage. ‎« C’est un crève-cœur de voir des enfants, en 2026, essayer d'écrire sur leurs genoux, assis sur de la pierre, alors que nous sommes aux portes d'une grande ville », confie un parent d'élève sous couvert d'anonymat.

« C'est une honte de voir une école dans cet état, quand le foin devient difficile les hangars deviennent des nourritures pour les animaux, vers les mois de mars, avril tout est détruit », explique Voundissou, un ancien élève. En 2012, les parents d'élèves se sont engagés pour donner une bonne image à cette école, après un bâtiment construit, mais faute de moyens pour tôler, le bâtiment fut écroulé sous l'effet de vent, cet effort s'est transformé en désespoir, explique-t-on.

‎Les chiffres de la précarité, un système éducatif en question
‎ Le cas de Vridjibao n'est malheureusement pas isolé, mais sa proximité avec Pala soulève des interrogations légitimes. Comment une école officielle, reconnue par l'État depuis plus de deux décennies, peut-elle encore fonctionner dans des conditions aussi rudimentaires ? ‎ ‎

Cette réalité sombre met en lumière le fossé entre les discours officiels sur la scolarisation universelle, et la réalité du terrain dans les provinces. Si l'éducation est la priorité nationale, le chantier de la reconstruction des infrastructures de base reste, lui, colossal.

‎ ‎En attendant une réaction des autorités éducatives, ou l'appui de partenaires au développement, les élèves de Vridjibao continuent de tracer leur avenir dans la poussière, entre des murs de paille qui menacent de s'envoler à chaque coup de vent. ‎



Pour toute information, contactez-nous au : +(235) 99267667 ; 62883277 ; 66267667 (Bureau N'Djamena)