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ANALYSE

Afrique : Une démocratie à l'occidentale qui a déjà prouvé ses limites


Alwihda Info | Par Arcy Ouenabio, Observateur politique - 27 Mars 2015

l y a plus d’une décennie, l’Afrique centrale se présentait comme un vrai foyer de tension où tous les pays ou presque étaient en crise : crise sociale, crise armée, bref, la paix était un vrai luxe. Après un moment d’accalmie, les tensions sont remontées d’un cran et la sous région est de nouveau en ébullition, avec la RDC, la RCA, le Cameroun, le Tchad et même le Gabon, tous en proie à des difficultés politiques ou sociales. pour de nombreux observateurs, la démocratie occidentale a déjà prouvé ses limites en Afrique


Au cœur del’Afrique centrale, se trouve un pays, la République du Congo, qui a connu, pratiquement, de 1993 à 2000, une période trouble, ayant déchiré son tissu socio économique. Depuis plus d’une décennie, la République du Congo est traversée du nord au sud et de l’est à l’ouest par un courant de paix, et marqué par une stabilité institutionnelle qui force l’admiration, notamment des investisseurs.

En revanche sa voisine la plus immédiate, la République Démocratique du Congo est dans une situation de trouble permanent depuis la chute de Mobutu en 1997.

La stabilité partiellement rétablie dans le pays ne garantit pas la paix sur l’ensemble du territoire. On y apprend tous les jours des massacres des populations civiles à l’est et au Nord. La Force onusienne basée sur place n’a toujours pas pu aider l’armée gouvernementale à venir à bout des rebelles qui naissent, chaque fois que d’autres sont anéanties.

Toute la population fonde l’espoir d’un retour définitif de la paix dans le pays sur l’offensive lancée récemment par le gouvernement contre les FDLR. Mais en attendant, le trouble est encore là, tandis queà Kinshasa, le climat est plus ou moins électrisé par les rendez-vous politiques à venir.

On n’arrête pas la guerre comme un match de football, disait un homme politique angolais. Cette affirmation est vérifiable en République centrafricaine, où les communautés naguère paisibles et en harmonie ont découvert brusquement en 2013, une vocation meurtrière, les uns contre les autres. Les morts et les déplacés se comptent par dizaine de milliers dans un pays qui a perdu les repères d’un Etat.

Il est certain que les efforts déployés par le médiateur dans cette crise avec l’appui de la communauté internationale augurent cependant d’un début de normalité dans le pays à court terme. Il est vrai que l’enracinement des rancœurs dus aux meurtres, vols, viols et autres atrocités, vécues depuis deux ans environ par les deux composantes essentielles du pays (Musulmans et Chrétiens) fait craindre le temps mettre pour le retour de la paix définitive et de la réconciliation.


Comme si cela ne suffisait pas, la secte islamique qui écume le Nigeria depuis de longues années, a attendu ses tentacules jusqu’au Cameroun, un pays qui est resté à l’abri des soubresauts politiques jusque là. Ainsi, depuis environ un an, ce pays est victime de cette secte qui semble donner à la mort, à l’horreur, les sens que les autres êtres humains, donnent à la vie. Boko Haram y qui sème, en effet, la barbarie et la désolation, perturbant de fait, la tranquillité des Camerounais.

L’autre pays de l’Afrique centrale dont les populations peuvent nourrir des inquiétudes c’est le Tchad. Son intervention légitime aux cotés du Cameroun pour estomper l’expansion de Boko Haram est en même temps, une porte ouverte aux souvent assauts meurtriers de ces fous de Dieu sur son territoire.

En outre, il pointe déjà à l’horizon, une polémique politique sur les effets et déroulement de cette intervention tchadienne contre Boko Haram et même la participation de ces forces au sein de la Minusma au Mali. Et quand les politiques se mêlent à une affaire, très souvent, en Afrique, la suite n’est pas toujours une garantie à la paix dans le pays.

Face à ce tableau qui n’est pas de nature à favoriser le développement de la sous région, Brazzaville apparait, en tout cas pour l’instant, un peu plus calme, plus serein, dont les différents partenaires devraient œuvrer pour la stabilité. A l’image de l’Ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique au Congo, Stéphanie Sullivan, qui à l’issue de l’audience, avec le secrétaire général du Parti congolais du travail (PCT), Pierre Ngolo, le 13 mars dernier, a indiqué que son pays milite pour la stabilité institutionnelle et constitutionnelle des pays africains. Ceci, pour ne pas décourager les investisseurs.
?
C’est une position réaliste qui dénote de la lecture lucide de la politique: c’est de la real politk, pourrait-on dire?!
En effet, ce dont l’occident et les africains, donc les congolais devraient se souvenir, c’est que la nécessité d’une démocratie absolument occidentale en Afrique a déjà montré ses limites ici et ailleurs. Personne ne pouvait imaginer un coup d’état militaire au mali, alors que le président en poste, Amani Toumani Touré avait déjà déclaré qu’il quitterait ses fonctions à la fin son second mandat ; la soif de la démocratie absolument occidentale a brûlé la Libye, la Tunisie, l’Egypte, la Syrie, l’Irak, etc.