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AFRIQUE

Cameroun/Douala : Trois trafiquants arrêtés avec des écailles de pangolin


Alwihda Info | Par - 28 Novembre 2017

Le 22 novembre dernier, des agents de la faune ont mené une opération avec la police judiciaire au camp Yabassi (Douala) qui a permis de mettre la main sur un gang de trois trafiquants qui s’apprêtaient à vendre illégalement des écailles de pangolin.


Il existe un lien étroit entre le trafic des écailles de pangolin et l’ivoire.
Il existe un lien étroit entre le trafic des écailles de pangolin et l’ivoire.
Les trois ont été arrêtés et conduits à la police judiciaire de Bonanjo, le quartier administratif de la ville de Douala. Après y avoir passé une nuit et le jour suivant, ils ont été conduits à la délégation régionale des Forêts et de la Faune du Littoral pour commencer leurs auditions aux fins des procès-verbaux. Deux jours plus tard, ils ont été déférés devant le procureur de la République qui les a placés sous mandat de détention provisoire. L'opération a été réalisée avec l’appui technique de Laga, une organisation spécialisée dans la mise application de la loi faunique. Conformément à une source proche du dossier, au cours des enquêtes qui ont mené à leurs arrestations, des détails clés du réseau de trafic ont été révélés. Ainsi, il apparait que le gang opérait dans la région de l'Est, principalement à Doumé, où deux des trois étaient basés et le dernier à Douala.
Les deux qui étaient basés à Doume ont acheté des écailles de pangolins auprès d'autres petits trafiquants, dans cette petite ville et les villages voisins, puis ont rassemblé des centaines de kilogrammes d'écailles. Il se sont alors rendus à Douala pour rejoindre le troisième trafiquant qui s’est occupé de la recherche des clients, de la négociation des prix et de la vente de ces produits. C'est au cours d’une transaction chez ce dernier que les policiers et les agents de la faune sont entrés en scène et les ont arrêtés en flagrant délit. Cinq sacs d’écailles de pangolins pesant 128 kg ont été saisis sur les lieux. L'entreprise illégale se passait dans ses locaux depuis un certain temps, pendant que l'ivoire était l'un des principaux produits trafiqués par le gang. D’autres enquêtes antérieures avaient également établi que le gang était profondément impliqué dans le trafic d'ivoire.
Des mesures à renforcer
Les experts dans la mise en application de la loi faunique soutiennent qu'il existe un lien étroit entre le trafic des écailles de pangolin et l’ivoire. Les trafiquants d'ivoire profitent de leurs expertises de longue date pour dissimuler des quantités énormes d’écailles de pangolins destinées au trafic. C’est ce qui justifie la grande quantité d’écailles en leur possession. L'expertise nécessaire pour dissimuler et transporter l'ivoire est clairement adaptée au trafic des écailles de pangolin.
La récente flambée des prix des pangolins sur les marchés asiatiques attire les trafiquants d'ivoire dans ce secteur. Beaucoup de trafiquants d'ivoire se sont mis à faire du trafic des écailles de pangolin ou ont tout simplement inclus ce trafic dans leurs affaires. C’est une très mauvaise nouvelle pour les organismes d'application de la loi faunique, car les trafiquants d'ivoire sont parmi les plus habiles du milieu et sont très difficiles à suivre et à arrêter. Quelques jours avant, à Sangmelima, des agents de la faune ont arrêté trois trafiquants en possession illégale de quatre pointes d'ivoire et des écailles de pangolins géants. Au quartier Bois des Singes à Douala, la police a également arrêté trois autres personnes qui détenaient illicitement 158 pointes d’ivoire et 1050 kg d'écailles de pangolins destinées au Nigeria. Il s’agit de deux opérations différentes dans deux villes différentes en une semaine et avec un point commun : les écailles de pangolin et les pointes d’ivoire.
Plusieurs opérations menées dans le cadre de l'initiative lancée par le ministère des Forêts et de la Faune en 2003, pour traquer et arrêter des trafiquants, ont indiqué qu'il existe un lien entre le trafic d'ivoire et de pangolin et que cette situation exige enfin que des mesures soient renforcées. D’après la loi faunique, toute personne trouvée en possession d'une partie ou de la totalité d'une espèce faunique intégralement protégée est considérée comme ayant tué ou capturé cet animal et pourrait être condamnée à une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à trois ans. En attendant leur procès, les trois suspects âgés de 42, 41 et 33 ans sont actuellement derrière les barreaux, en attendant leur procès.