La Commission nationale des droits de l'Homme (CNDH) et l'Agence nationale des titres sécurisés (ANATS) ont officiellement scellé un partenariat ambitieux visant à garantir le droit fondamental à l'identité pour tous les Tchadiens. « En signant ce protocole aujourd'hui, nous affirmons ensemble notre volonté : aucun enfant, aucune femme, aucun homme au Tchad ne doit rester sans reconnaissance juridique », a déclaré avec solennité le président de la CNDH, Belngar Larmé Laguerre, lors de la cérémonie de signature. Pour M. Laguerre, ce protocole va bien au-delà d'une simple formalité administrative. Il symbolise un engagement profond pour la reconnaissance effective de ce qu'il considère comme le fondement même de l'existence. « L'identité n'est pas un simple document administratif, elle est le fondement même de l'existence juridique de chaque personne », a-t-il insisté, rappelant que sans cet acte fondateur, un individu reste invisible aux yeux de l'État et de la société. La force de cette alliance repose sur une répartition claire et complémentaire des rôles. L'ANATS, fort de son expertise technique, aura la responsabilité stratégique de moderniser, sécuriser et gérer les documents d'état civil. De son côté, la CNDH exercera sa mission indépendante de veille, de promotion et de protection des droits humains. « Il ne s'agit pas de se substituer l'un à l'autre, ni de chevaucher les compétences, il s'agit de travailler ensemble, chacun dans son rôle, pour servir un objectif commun », a précisé le président de la CNDH. Ce partenariat, a-t-il ajouté, sera guidé par des principes essentiels : complémentarité, transparence, redevabilité, respect des droits de l'enfant et mise en œuvre progressive, adaptée aux moyens disponibles. Abondant dans le même sens, le directeur général de l'ANATS, Youssouf Gourou Tchaby, a qualifié le droit à l'identité de « premier des droits humains ». Selon lui, il est « la clé qui ouvre la porte à tous les autres droits. Sans identité légale, un individu n'existe pas aux yeux de l'État, voire du monde. Il ne peut pas voter, aller à l'école, se faire soigner, ou plus tard ouvrir un compte bancaire. L'exclusion administrative est souvent le prélude à l'exclusion sociale. » Les deux parties sont conscientes de l'ampleur de la tâche. Le défi de l'enregistrement des naissances reste majeur, particulièrement dans les zones rurales et nomades, ainsi que dans les contextes de crises. Mais, comme l'a souligné M. Laguerre, « ce défi n'est pas une fatalité. Il est une responsabilité collective. » En renforçant l'accès à l'identité juridique, ce sont des pans entiers du développement national qui sont consolidés : l'inclusion sociale, la bonne gouvernance, la planification des politiques publiques et, surtout, la protection des enfants. Ce protocole d'accord, conçu comme un cadre évolutif, devra se traduire par des feuilles de route précises et des mécanismes de concertation technique. Il porte en lui un espoir immense pour des milliers de Tchadiens. « Derrière chaque titre sécurisé, il y a un potentiel apatride sauvé », a conclu Youssouf Gourou Tchaby, ramenant l'ambition technique à sa dimension la plus humaine. « Derrière chaque acte d'état civil, il y a un homme, une femme ou un enfant qui sera reconnu, protégé et respecté. » Un message fort qui place désormais l'humain au cœur de la modernisation administrative du Tchad.
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Tchad : droit à l’identité au Tchad, la CNDH et l’ANATS s’allient








